LE ROI, MAZARIN
LE ROI, à lui-même.
Encore deux heureux ! J'en ai presque un instant oublié mon malheur.
MAZARIN, regardant autour de lui d'un air étonné.
Votre Mazesté me fait demander ?
LE ROI, avec un soupir.
Oui, monsieur, oui.
MAZARIN
Votre Mazesté a reçou le million ?-
LE ROI
Bernouin me Ta remis.
MAZARIN
C'est que, comme Votre Mazesté me priait de passer cez elle, ze craignais...^
LE ROI, avec hauteur.
Je vous ai prié de passer chez moi, monsieur, parce que j'ai à vous entretenir de plusieurs affaires importantes, relatives au gouvernement du royaume, et à notre politique intérieure et extérieure.
MAZARIN
Plaît-il, sire?
LE ROI
Oui, cela vous étonne, n'est-ce pas, monsieur de Mazarin, que je vous parle de cette façon? mais il y a des choses qui touchent de si près à mes prérogatives comme roi, ou à mes sentiments comme homme , que je m'étonne toujours que vous accomplissiez ces choses-là sans me consulter.
MAZARIN
Votre Mazesté veut parler?...
LE ROI
Je veux parler, monsieur, du refus que vous avez fait à M. de Condé de Tentrer en France, et de Tordre que vous avez donné à mon cousin Charles de quitter Yincennes.
MAZARIN
Votre Mazesté sait?...
LE ROI
Je sais que Guénaud est parti hier soir pour Bruxelles, et que le roi Charles II a été prévenu par Guitaut d'avoir à quitter Vincennes ce matin.
Oh! oh!
LE ROI
Pourquoi ne saurais-je pas cela, monsieur? .C'était