ACTE V
LE ROI
Je l'aime au point d'en faire ma femme, si vous voulez bien me l'accorder.
Sire ! sire ! c'est trop d'honnour pour le fils dou pauvre pêceur de Piscina, de devenir le beau-père de son roi ; ma, cependant, si vous l'ézizez, comme mon devoir est de vous obéir...
LE ROI
Oui, mais je vous ai dit que j'attendais de vous un conseil , ayant un choix à faire entre une femme que j'aime et une princesse que je n'ai jamais vue, et qui, par conséquent, m'est indifférente...- Dois-je épouser la femme que j'aime,' c'est-à-dire Marie de Mancini, ou la princesse qui m'est indifférente, c'est-à-dire l'infante d'Espagne?
MAZARIN, avec agitation.
Ma l'infante, sire, l'infante, vous ne pouvez l'épouser que si Sa Mazesté la reine d'Espagne accouce d'oun garçon!
LE ROI
Sa Majesté la reine d'Espagne est accouchée d'un garçon.
MAZARIN
En êtes-vous bien soûr, sire? Gomment savez-vous cela, si ze ne le sais pas, moi ?
LE ROI
Vous l'eussiez su cette nuit, si, cette nuit, M. Pimentel, l'ambassadeur d'Espagne, au lieu d'aller vous rejoindre dans l'orangerie, où vous l'attendiez, n'avait été conduit directement chez moi.
Par qui, sire ?
LE ROI
Par moi-même, monsieur.
MAZARIN
Oun garçon ! oun garçon ! terrible nouvelle !
LE ROI
Voici la lettre du roi qui nous notifie la naissance d'un infant baptisé sous le nom de Charles.
MAZARIN
Cela ne dit pas que le roi d'Espagne nous accordera l'infante.
LE ROI
Voici la lettre de Philippe IV qui me l'offre. Maintenant, monsieur, qui dois-je e'pouser ? Marie de Mancini ou l'infante?...
MAZARIN
Sire !... Ah ! Mazarin ! pauvre Mazarin! Sire !... sire! (Tombant à genoux.) La gloire de mon roi et la grandour de