‹ Le docteur ServansChapitre 188 sur 201 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

LE ROI, MARIE, introduite par Molière. MOLIÈRE.

Entrez, mademoiselle; le' roi vous attend.

MARIE

Sireî sire! que me dit mon oncle? c'est impossible, n'est-ce pas ?

- LE ROI

Que vous dit-il, Marie?

MARIE

Il me dit que je quitte la cour aujourd'hui même ; que je pars avec ma sœur Hortense ; qu'il faut que je m'ensevelisse au fond de la Saintonge !

LE ROI

Hélas! Marie!

MARIE

Oh! sire, que ra'aviez-vous donc annoncé! que m'aviez-vous donc promis? Quel était cet avenir que vous aviez ouvert à mes yeux? Qu'est devenu ce splendide chemin dans lequel vous m'avez fait faire quelques pas côte à côte avec vous, et à votre bras appuyée? Où est ce but éblouissant que vous m'avez montré? Pourquoi faire voir le ciel entr'ouvert à une pauvre mortelle? pourquoi l'appeler votre amie, votre amante, votre reine, pour la découronner ensuite de la seule couronne qu'elle ambitionnât, de celle de votre amour?

LE ROI

Hélas! oui, Marie, vous venez de faire le roman de votre vie, et c'est bien cela que, moi aussi, j'avais rêvé ! Mais, que voulez-vous! tout roman a sa fin, tout rêve a son réveil : ce que nous avions espéré hier est impossible aujourd'hui.

Impossible! Et c'est un cœur aimant, un cœur roval qui dit ce mot! mais, pour arriver à vous, sire, pour accomplir ce but que vous m'aviez proposé, à moi qui ne suis qu'une femme, qui n'ai ni pouvoir, ni richesse, ni majesté, rien ne serait impossible. Oh ! rien, je vous le jure, non, rien!... Ce qui était possible hier ne l'est plus aujourd'hui! Que s'est-il donc passé ? Entre cet orage si doux et si charmant <le la forêt, pendant lequel vous me

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