ACTE I S«J
ANNE
Vous ne m'avez pas dit tout ce que vous aviez à me dire, n'est-ce pas? .
BERINGHEN, les yeux sur l'anlichsnibrc.
Non, madame, pas tout à fait.
ANNE
Au moment du départ, le roi ne s'est-il pas plus particulièrement occupé d'une personne que d'une autre?
BERINGHEN
Si fait, madame! il a accompagné mademoiselle de Mancini, chevauchant à sa portière en costume de chasse, et, cela, jusqu'au faubourg Saint-Antoine ; là seulement il a pris congé d'elle.
ANNE
Sait-on ce qu'il lui a dit, en la quittant?
BERINGHEN
Voici ce qu'on a entendu. Comme mademoiselle de Mancini manifestait la crainte que cette séance du parlement annoncée pour aujourd'hui ne retardât la partie de chasse engagée : a Mademoiselle, a dit le roi, vous pourrez assurer à ceux qui vous interrogeront à ce sujet que ce n'est point une centaine de robins assemblés au palais de Justice qui m'empêcheront de lancer le cerf à l'heure convenue. » Et, à ces mots, il a tourné bride
avec MM. de Saint-Aignan, de Villeroi et de Guiche, et il est rentré dans Paris au grand galop de son eheval.
ANNE, pensive.
Dans Paris ( Où peut-il être allé ?