‹ Le docteur ServansChapitre 22 sur 201 · ANNE D'AUTRICHE, GUITAUT · texte numérisé non relu

ANNE D'AUTRICHE, GUITAUT

ANNE

Viens, Guitaut ! viens ! tu es mon vieil ami, toi !

Et je m'en vante !

ANNE

Tu as raison, car tu m'as donné, toi, plus d'une prouve d'amitié.

Votre Majesté veut dire de dévouemeni .

ANNE

Je n'oublierai jamais que c'est toi qui as amené le roi Louis XIII au Louvre, dans la soirée du 5 décembre 1637.

Et qui, après l'avoir amené au Louvre, l'ai poussé dans votre chambre, où il n'était pas entré depuis six ans, et d'où il n'est sorti que le lendemain, à neuf heures du matin.

ANNE, fouriant derrière sou éventail.

Tu as bonne mémoire, Guitaut.

Bon ! et, si la mémoire faiblissait, le roi Louis XIV, né le 5 septembre 1638, serait comme un souvenir vivant pour la rafraîchir.

ANNE

Mais ce n'est point là tout ce que "tu as fait pour moi, Guitaut.

Non ; en ma qualité de capitaine des gardes, j'ai eu l'avantage d'arrêter par votre ordre, d'abord M. le duc de Beaufort, puis M. de tonde, puis M. de Gonti, puis M. de Longueville. Ne parlons ni de M. -de Gonti, ni de M. de Longueville, que je vous donne par-dessus le marché; mais, sans me vanter, beaucoup peut-être ne se fussent pas cru la main assez solide pour prendre au collet le roi des halles et le vainqueur de Rocroy !

Et, depuis, mon cher Guitaut, tu as encore arrêté Broussel.

Peuh ! un conseiller ! cela ne vaut pas la peine d'en parler.

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