ACTE II , ittt
MAZARIN
Vous savez que c'est rhabitoude de Sa Mazesté d'aimer dans ma famille, et que ces amours-là sont sans importance.
ANNE
Oui, je sais cela; mais si son nouvel amour devenait plus sérieux que l'autre? s'il voulait faire pour Marie de Mancini ce qu'il n'a pas eu le courage de faire pour Olympe?
MAZARIN
Eh bienl on marierait la petite avec quelque prince dou sang de France ou de Savoie, comme on a dézà marié trois de ses sours.
Mariez-la à qui vous voudrez, monsieur le cardinal; mais il y a une chose que je vous garantis, c'est que vous ne la marierez pas au roi !
MAZARIN
Eh! B\wn Dioî qui pense à oune pareille énormité? Le roi, peut-être, mais pas moi, à coup soûr !
ANNE
Le roi! Vous avouez donc que le roi pense à ce mariage?
MAZARIN
Moi, ze n'avoue rien, ze dis : Le roi, peut-être...
ANNE
Écoutez, monsieur; je ne crois point le roi capable d'une pareille lâcheté; mais s'il était possible qu'il en eût la pensée, je vous préviens que toute la France se révolterait contre lui et contre vous, que je me mettrais de ma personne à la tête de la révolte, et que, s'il le fallait, j'y engagerais mon second fils. Adieu, monsieur! — Venez, Beringhen.
(Elle sort.)