ACTE
POQUELIN, lisant.
« Mon cher monsieur Poquelin,
a Sa Majesté ayant décidé qu'elle passerait la saison » des chasses dans son château de Vincennes, vous êtes » invité à vous rendre incontinent dans ledit château avec » tous vos ouvriers, afin que cette résidence, qui est com- » plétement démeublée depuis qu'elle a servi de prison » d'État, soit prête pour le 25 du présent mois de sep- » tembre... »
MAZARIN, l'interrompant.
Eh bien ! ze ne vois point là de paragraphe, monsou . Poquelin.
POQUELIN
Le Voici justement, monseigneur. (Reprenant sa lecture.)
« Passez les nuits, et faites-les passer à vos hommes^ si » besoin est : le roi ne regardera pas à la dépense. » Par ordre de M. le cardinal Mazarin,
» Bernomn.
» Premier valet de chambre de Son Éminence.
> Ce 7 septembre 1658.
» A M. Jean Poquelin, tapissier, valet de chambre de » Sa Majesté, rue Saint-Honoré, près de la rue de la Ton- » nejlerie. »
MAZARIN
Eh bien, ensouite?
POQUELIN, lui montrant la phrase.
Dame! voyez, monseigneur.
MAZARIN
Quoi?
POQUELIN
a Passez les nuits, et faites-les passer à vos hommes, » si besoin est : le roi ne regardera pas à la dépense. » C'est clair, monseigneur, il me semble.
MAZARIN, allongeant le doigt sur le paragraphe.
Qu'y a-t-il là?
POQUELIN
11 y a : Le roi.
MAZARIN
Oui, mais il n'y a pas le cardinale; or, comme c'est mdftsou le cardinale qui est le trésorier, c'est avec monsou le cardinale que vous compterez, mon maître.
POQUELIN
En vérité, monseigneur, si ce n'était la gloire de travailler pour le roi de France...
MAZARIN
Vous donneriez votre démission? Donnez, mon cer monsou Poquelin ! donnez ! Nous sommes babitoués aux démissions : monsou de Retz nous a bien donné sa démission d'arcevêque de Paris, et monsou de Condé sa