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et le temps a fait justice de la vogue éphémère que
ces différents médicaments ont pu avoir au début.
Les stimulants, les toniques de toutes sortes, les amers ont une action sur la santé générale des tuberculeux, mais non pas une action spéciale sur les sueurs.
D'autres médecins, guidés par des points de vue tout à fait différents les uns des autres, ont tour à tour vanté l’arsenic, l'opium, la belladone, l’ergot de seigle.
L’arsenic est peu actif contre les sueurs, il peut agir contre la tuberculose elle-même, activer la nutrition, mais ce n’est pas une médication de l’ordre de celles que nous devons étudier.
L’opium est certainementun médicament précieux dans la phthisie pulmonaire, il a l'avantage da calmer la toux, de diminuer la diarrhée, de procurer le sommeil, mais c'est un triste agent pour exciter l'appétit du tuberculeux, relever son système nerveux déjà si abattu et stimuler ses forces. D'ailleurs, l'action antisudorale est la moindre de ses propriétés. Cependant nous sommes loin de repousser l'emploi de ce médicament qui constitue une des meilleures ressources dont puisse disposer le médecin. S’adressant en effet à la fois au sommeil, à la toux, à la diarrhée, et un peu aux sueurs, l’action complexe de ce médicament fait que son indication est fréquente toutes les fois que ces différents symptômes existent ensemble, et l’on sait si souvent ils se trouvent réunis. Mais ce n’est qu'un médicament d'exception
contre les sueurs, s'adressant accessoirement à elles sur lesquelles il n'a qu’une action relative, et d’ailleurs son administration par trop prolongée n’esi pas sans avoir une influence fâcheuse sur le système nerveux. En un mot, le médecin se souviendra qu'il possède dans l’opium une arme utile, qu'il doit savoir manier, mais dont il se servira rarement.
A côté de l’opium et comme médicament efficace, nous rangerons l’ergot de seigle.
M le D'Mignot, dans sa thèse recommande l’emploi de ce médicament qui a donné des succès dans les mains de M. Tennesson à [hôpital Saint-Antoine,
Les observations que présente cet auteur sont en effet encourageantes, mais ïl nous semble difficile de prescrire d’une façon générale l’ergot de seigle contre toutes les sueurs des tuberculeux. Outre que la médication longtemps prolongée ne serait pas sans quelques dangers, d'autre part l'indication de ce médicament ne nous paraît bien posée que dans les cas si bien observés par Andral où les sueurs ont accompagné une hémoptysie.
L’ergot de seigle, en attaquant à la fois les deux phénomènes morbides, remplit seul toutes Jes indi cations. Son efficacité doit être réelle, et il nous paraît constituer le médicament de choix dans ces conditions.
L'atropine, l'extrait de belladone ont donné des succès certains et nombreux entre les mains de M. le professeur Vulpian.
Malheureusement certains malades présentent très
ce TEŸ
RSR rapidement des phénomènes d'intoxication (sécheresse de la gorge, dilatation de la pupille, vomissements), et ce médicament doit être prescrit avec une très grande prudence. Son efficacité reconnue doit en recommander l’emploi. Mais son action toxique doit le faire redouter et employer seulement quand l’on veut agir vite, et surtout quand les autres médicaments sont ou sont devenus inactifs. (est, si l’on veut, un médicament de réserve que le médecin tient à sa disposition, mais dont il ne saurait impunément user tous les jours.
L’agaric blanc constitue encore un des médicaments les plus recommandables, mais son action n’est pas constante. On trouvera dans la thèse du D' Legougeux une série de belles observations prises dans le service de M. le professeur Potain.
Souvent efficace, ce médicament a l'avantage sur les précédents de n’être nullement toxique.
Disons toutefois que l’on peut voir son action prolongée provoquer quelquefois la diarrhée ou l’augmenter. L'action purgative de l’agaric blanc est, en effet, bien connue. Cependant, il est nécessaire de doses assez massives pour obtenir un effet purgatif, C’est encore un bon agent utile à connaître.
Le sulfate de quinine à donné de bons résultats, mais dans quelques formes seulement, et non dans tous les cas comme nous le verrons plus loin, C’est un médicament à indication spéciale,
M. le professeur Peter qui recommande l'usage du sulfate de quinine, se montre aussi partisan des
affusions froides vinaigrées faites sur la poitrine. Cette pratique est recommandée également par MM. Hérard et Cornil.
Nous terminons ici cette liste fort incomplète, mais comprenant les principales médications en usage.
Si lon nous demandait maintenant de faire un choix parmi ces différentes substances recommandées, nous procéderions de la façon suivante :
On peut diviser en deux catégories les médicaments que nous venons de passer en revue : les uns n’ont qu'une indication restreinte toute spéciale, les autres ont la prétention de s'appliquer à tous les cas.
Dans la première catégorie nous pouvons ranger les médications que voici :
Le sulfate de quinine a une indication très réelle ; il agit seulement et surtout contre la sueur fébrile, ainsi que l’appelle M, Peter. Lorsque la sueur est apyrétique, lorsqu'elle est constante, lorsqu'elle ne survient pas par une sorte d'accès, le sulfate de quinine est généralement sans action ; dans les cas contraires il est tout puissant, et nous rapportons plus loin une observation où le sulfate de quinine fut vainqueur, là ou d’autres médicaments et en particulier le phosphate de chaux avaient échoué.
Les affusions froides si utiles à employer dans la tuberculose à peine commençante, alors que les sueurs sont entièrement locales, agissent comme stimulant à la fois local et général. Mais leur indication ne saurait s’étendre plus loin, et qui conseille-
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Nous avons également dit que l’ergotine trouvait son indication dans les cas où la sueur survient avec hémoptysie, et nous avons expliqué pourquoi son usage doit être restreint à cette indication,
Voyons maintenant les médicaments recommandés dans tous les cas.
On sait combien sont tenaces et persistantes les sueurs des phthisiques. Il faut donc que la médication employée soit continuée pendant longtemps et que, par conséquent, son usage permanent puisse se faire :
1° Sans produire d'intoxication ; |
2° Sans amener des désordres dans les différents appareils, et en particulier dans le tube gastro-intestiual.
Nous éliminerons done comme ne satisfaisant pas à ces conditions, l’ergotine, la belladone, l’opium, l’acétate de plomb, agents actifs certainement, mais qui, par leur usage assez longtemps prolongé, peuvent être la cause d'accidents sérieux d’intoxication.
Le tannin, l'alun, la limonade sulfurique, l'agaric finissent par fatiguer l'estomac, provoquent des troubles dispeptiques et contribuent à augmenter cette inappétence si redoutable du tuberculeux. Car, on le sait, un tuberculeux qui s’alimente peut résister et guérir, un tuberculeux inanitié est un malade rapidement perdu.
On voit donc là en résumé que parmi ces médica-
ME ments proposés, un grand nombre sont aclifs ef méritent recommandation; mais sil faut les connaître, s’il importe de les mentionner, c’est afin que lemédecin ait à sa portée des armes prêtes pour com- - battre les sueurs en variant les moyens, en alternant les substances, en les appliquant à des cas particuliers suivant leur mode d’action ; mais que de toutes ces médications, que malheureusement nous n’avons pu que signaler, il n’en est aucune qui mérite d’être mise au-dessus de toutes les autres, ou bien :
1° Elle n’est efficace que dans certains cas ;
2° Elle produit des phénomènes d’intoxication ;
3° Elle détermine à la longue des troubles gastrointestinaux,
Ce qui fait qu'aucun de ces médicaments ne peut être recommandé à l'exclusion de tout autre, que, bons dans certains cas, mauvais et inefficaces dans d’autres, aucuns ne sauraient constituer une thérapeutique constamment et universellement employée pour combattre les sueurs des phthisiques.