‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 114 sur 150 · Psaume cv · texte numérisé non relu

Psaume cv

306 LA SECONDE ÉCOLE d'aNTIOCHË

stance. Et ne dites pas que cela ne regarde point tous les hommes ; puisqu'il est venu pour prendre notre nature, l'honneur en rejaillit sur tous les hommes ; puisqu'il est venu pour tous, il est aussi venu pour chacun en particulier. Pourquoi donc, dites-vous, tous n'ont-ils pas reçu le fruit qu'ils en devaient tirer ? Il ne faut point en accuser Celui qui le désire avec tant d'ardeur, mais en rejeter la faute sur ceux qui, par une négligence et une ingratitude insupportables, ne le veulent point recevoir. Car le Chri^^t, s'unissant et se mêlant par le mystère de l'Eucharistie à chacun des fidèles qu'il a fait renaître, se donnant lui-même à eux en nourriture, nous persuade par là de nouveau qu'il s'est véritablement revêtu de notre chair.

Ne demeurons donc pas dans l'insensibilité après avoir reçu des marques d'un si grand honneur et d'un si grand amour. Ne voyez- vous pas avec quelle impétuosité les petits enfants se jettent au sein de leur nourrice, avec quelle avidité ils sucent le lait de leurs mamelles. Imitons-les, mes frères, en nous approchant avec joie de cette table sacrée, en suçant, pour ainsi dire, le lait spirituel de ces mamelles divines ; on plutôt courons avec pins d'ardeur encore et d'empressement, pour attirer dans nos cœurs, comme des enfants de Dieu, la grâce de son Esprit-Saint, et que la plus grande de nos douleurs soit d'être privés de cette nourriture céleste.

Ce n'est point la puissance des hommes qui agit au saint autel. Le Christ qui opéra autrefois ces merveilles à la dernière cène, est le même qui les opère encore maintenant. Nous ne jouons ici que le rôle de serviteur, c'est lui qui sanctifie et transforme les offrandes. Que nul Judas, que nul avare n'ait la hardiesse d'y assister ; que nul ne s'y présente qui n'est point des disciples du Seigneur ; il n'y a point place pour tous ceux-ci à cette table. C^est aç^ec mes disciples^ a dit Jésus, qus ft pwns

faireïa Pâque^. Or ce banquet est le même que celui où assistèrent les apôtres ; il n*y a rien de moins en celui-ci qu'en celui-là. Car il n'est pas vrai qu'un homme donne celui-ci, au lieu que Jésus lui-même donna celui-là ; c'est lui-même vraiment qui préside l'un et l'autre. C'est ici le cénacle où Jésus-Christ entra alors avec ses disciples, et d'où il sortit pour aller à la montagne des ohviers. De même sortons d'ici pour aller chercher les mains des pauvres ; c'est là que nous trouverons vraiment la montagne des oHviers. Car la multitude des pauvres est comme un plant d'oliviers, plantés dans la maison du Seigneur. C'est de là que nous découle cette huile qui nous sera si nécessaire à notre mort ; cette huile dont les vierges sages eurent soin d'emphr leurs vases, que les vierges folles négligèrent d'emporter, se faisant exclure par là du festin nuptial. Munissons-nous de cette huile, et allons avec des lampes brillantes au-devant de notre époux. Que tous ceux qui sont cruels et inhumains, durs et impitoyables, impurs et corrompus, ne s'approchent point de cette table sainte.

Et je m'adresse ici non point seulement à vous qui participez aux mystères, mais encore à vous autres qui en êtes les dispensateurs. La dispensation de ces biens vous est commise, il est donc nécessaire de vous avertir de la faire avec beaucoup de circonspection. Vous êtes en effet menacés d'un grand châtiment, si, sachant qu'un homme est pécheur, vous lui permettez néanmoins de participer à cette table, et Jésus-Christ lui-même vous demandera compte de son sang. S'il se présente donc ici quelqu'un d'indigne, fût-ce un général, fût-ce un grand magistrat, fût-ce l'empereur lui-même, empêchez-le d'avancer. Votre puissance est plus grande que la leur. Si l'on vous avait commis le soin de garder pour un troupeau l'eau claire et paisible d'une fontaine très

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