‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 113 sur 150 · Psaume xciv · texte numérisé non relu

Psaume xciv

■^04 LA SECONDE ÉCOLE d'aNTIOCHE

gneur ; nos sens peuvent nous tromper, sa parole ne 1. peut jamais. Nos sens sont aisément séduits et tombent dans l'erreur, la parole et la vérité de Dieu ne pe^Sn errer. Puisque donc le Verbe a dit : Ceci est mon Zps soyons persuadés de ses paroles, soumettons-y nofre croyance, et voyons-le dans le sacrement avec les yeux de l'espnt. Le Christ ne nous y a rien donné de senlwe mais ce qu'il nous y a donné sous des objets sensibles' est eleve au-dessus des sens et ne se voit que par l'esprit

sensible 1 eau, nous recevons un don spirituel : la régénération, le renouvellement de nos âmes. Si vous lÂTez pas de corps, il n'y aurait rien de corporel dans les dons que Dieu vous fait ; mais parce que l'âme est jointe à un corps, il vous communique les dons spirituels sous des objets sensibles et corporels. "«'s sous

Combien y en a-t-il maintenant qui disent : Je voudrais voir Notre-Seigneur, son visage, la forme de son corps, ses habits et jusqu'à sa chaussure ! Mais c'est lui que vous voyez, c'est lui que vous touchez, c'est lu

e voie, lui-même qu, vous permet, non seulement de le voir, mais encore de le toucher, de le manger de le recevoir au-dedans de vous-même. Mais que pe^onnl ne s'approche de cette table avec dégoût! avec S gence ! Que tous soient brûlants d'amour, tous vivant tous bien éveillés ! Car puisque les Juifs' en mangeait' 1 Agneau pascal, avaient accoutumé de se tenir debout chausses, le bâton à la main, mangeant avec rap d tT-' avec combien plus d'ardeur et d'activité devez-vous manger le divin Agneau ! Eux, ils étaient sur le point de partir pour la Palestine, c'est pourquoi ils étaient en tenue de voyageur ; mais vous, vous devez faire un plus grand voyage, puisque c'est au ciel que vous devez aller Aussi devez-vous toujours et partout veiller • car c'est

uri\terrible châtiment qui est réservé à ceux qui reçoivent indignement le corps du Seigneur. Songez quelle est votre indignation contre le traître qui l'a livré, contre les bourreaux qui Pont crucifié, et prenez garde ensuite de ne pas vous rendre vous-même coupable de son corps et de son sang. Ces malheureux ont fait souffrir le très saint corps du Sauveur, vous, vous le recevez avec une âme toute impure après en avoir reçu tant de biens. Car il ne lui a pas suffi de se faire homme, de s'exposer aux ignominies et aux outrages des Juifs, d'endurer la mort de la croix ; il a voulu encore se mêler et s'unir à nous, au point que nous devenons un même corps avec lui, non seulement par la foi, mais effectivement et réellement. Qui donc doit être plus pur que celui qui est participant d'un tel sacrifice ? Quel rayon de soleil ne doit point céder en splendeur à la main qui divise cette chair, à la bouche qui est remplie de ce feu spirituel, à la langue qui est empourprée de ce redoutable sang ? Représentezvous donc l'honneur que vous recevez, la table à laquelle vous êtes assis. Celui que les anges ne regardent qu'avec tremblement, qu'avec frayeur, ou plutôt qu'ils n'osent regarder à cause de la splendeur et de l'éclat de sa majesté qui les éblouit, c'est celui-là même qui nous sert de nourriture, qui s'unit à nous, ce Christ avec qui nous ne faisons plus qu'une seule chair et qu'un seul corps. Qui dira les hauts faits du Seigneur, qui fera entendre partout ses louanges"^? Quel est le pasteur qui nourrit ses brebis de sa propre chair ? Que dis-je un pasteur ? Ne voit-on pas des mères qui, p.près avoir mis au monde leurs enfants, et dans quelles souffrances, les abandonnent à des nourrices étrangères ? Jésus-Chiist ne peut supporter cela ; il nous nourrit lui-même de son propre sang, et de toutes manières nous incorpore à lui. Regardez bien ; le Sauveur est né de notre propre Bub-

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