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Voyez donc, ô vous qui avez la dispensation des mystères, à ne point irriter le Seigneur, en négligeant de tenir pur son corps ; ne présentez pas un glaive à la place de la nourriture. Si donc quelqu'un a perdu le sens au point de s'approcher avec indignité de la sainte table, repoussez-le ; soyez sans crainte. Craignez Dieu et non les hommes. Si vous craignez les hommes, ceux-là mêmes que vous craindrez se joueront de vous ; mais si vous craignez Dieu, les hommes mêmes vous révéreront.
Que si vous n'osez chasser les indigner, dites-le moi ; et je ne permettrai pas qu'ils aient l'audace de s'approcher de la table du Seigneur. Car je perdrai plutôt la vie que de donner à un indigne le sang du Seigneur ; et je verserai plutôt mon propre sang, que de présenter ce sang si vénérable à celui qui ne le mérite pas. Je ne parle ici que des pécheurs pubhcs. Quand nous auruns accompli notre devoir à leur égard, Dieu nous fera ensuite aisément connaître les autres. Mais si nous admettons à la participation des saints mystères des gens que nous savons être dans le crime, à quoi nous servirait-il de connaître ceux qui sont dans des crimes cachés.
Je dis ceci, mes frères, non point pour que nous bornions tout notre zèle à écarter, à retrancher de la communion ceux qui en sont indignes, mais pour que nous travaillions à les corriger et à les ramener au devoir, pour que nous prenions soin de tout le monde. C'est ainsi que nous nous rendrons Dieu favorable, que nous multiplierons le nombre de ceux qui pourront communier dignement et que nous recevrons les récompenses que Dieu rendra à notre vertu particulière, et au soin si charitable que nous avons eu de nos frères. C'est ce que je vous souhaite par la grâce et la miséricorde de Notre- Seigneur Jésus-Christ à qui soit la gloire dans les siècle» des piècîes, Amen»
310 LA SECONDE ÉCOLE d'aNTIOCHE
Les deux natures en Jésus- Christ. (Homil. in epist ad Philipp.y VII, 1-3.)
Tôxte de saint Paul : Ayez en vous les sentiments qui étaient dans le Christ Jésus, Lui qui existait en forme de Dieu^ n'a point regarde comme une proie Végalité avec Dieu^ mais il s^est dépouillé lui-même, prenant la forme de V esclave, devenant semblable aux hommes et se montrant sous V apparence de Vhomme ; il s^est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix, Cest pourquoi aussi Dieu Va souverainement élevé et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu^au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ^.
Un bien que vous auriez ravi, ou que vous posséderiez contre le droit, vous n'oseriez pas le déposer, même un instant ; vous craindriez de le perdre, aussi le gardezvous continuellement en vos mains. Celui-là au contraire qui tient de la nature une dignité quelconque, ne craint pas de descendre de sa dignité, parce qu'il n'a pas à redouter de la perdre. Un exemple : Absalon avait usurpé le pouvoir, il n'aurait osé l'abdiquer. Autre exemple. (Mais ne vous troublez pas si nos comparaisons ne peuvent représenter parfaitement leur objet ; c'est le propre des exemples de laisser à deviner beaucoup à l'esprit.) Je dis donc : Un usurpateur s'est révolté contre son roi, lui a ravi son sceptre ; il n'ose ni déposer 1<3 pouvoir, ni dissimuler même cette autorité qu'il a ravie ; s'il la dissimule, il la perd. Au reste ceci s'applique à tout bien ravi : le ravisseur toujours veille sur sa proie, la garde continuellement ; s'il s'en dépouille un instant, il la perd...