‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 136 sur 150 · Exod«, XXV, 40. — 2. Genèse, viii · texte numérisé non relu

Exod«, XXV, 40. — 2. Genèse, viii

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a été crucifié, qu'il est ressuscité, qu'il est monté aux cieux, et tout cela très réellement; depuis que tout cela a été vu par les hommes, on l'a consigné dans des écrits pour l'enseignement de ceux qui n'en furent pas les témoins. De la sorte nous qui n'avons pas vu le Sauveur, nous en entendons parler, nous croyons et nous participons aussi aux bénédictions qu'il a répandues. Mais comme tous ne savent point lire, ou n'ont point le loisir pour la lecture, les Pères ont pensé qu'il fallait reproduire dans les images saintes les faits principaux de la vie du Christ, de manière à en écrire une sorte d'histoire abrégée. Certes il arrive souvent que, ne pensant pas le moins du monde à la passion du Sauveur, nous rencontrions l'image du Crucifix ; alors nous revient en mémoire le souvenir de la passion salutaire et tombant à genoux nous adorons, non la matière certes, mais celui qui s'y trouve représenté ; de même que ce n'est point à la matière dont est fait l'Évangile que nous rendons hommage, de même ce n'est point le bois de la croix que nous adorons, mais celui qu'elle nous rappelle. D'ailleurs il n'y a point de différence entre une croix nue et une croix portant l'image du crucifié.

Et de même en ce qui concerne la Mère de Dieu. L'honneur que nous lui rendons remonte à celui qui s'est incarné en elle. De même encore en voyant représentées les belles actions des saints, nous nous sentons portés au courage, au zèle, à l'imitation de leur vertu, nous rendons gloire et honneur à Dieu. Car, comme nous l'avons dit, l'honneur que nous rendons aux meilleurs de nos compagnons de service, témoigne de nos sentiments à l'égard de notre maître commun ; et l'honneur rendu à l'image remonte au prototype. C'est là une de ces traditions non écrites, comme il y en a d'autres, par exemple : d'adorer Dieu en se tournant vers l'Orient, d'adorer la croix, et autres semblables.

On raconte l'histoire suivante : Abgar, -roi d'Édesse, avait envoyé un peintre pour faire le portrait du Sauveur. Mais comme celui-ci ne pouvait y réussir à cause de réclat resplendissant de la face auguste de Jésus, celui-ci s'appliqua un linge sur la face et y imprima son image, qu'il envoya à Abgar pour satisfaire son désir.

Quoi qu'il en soit, il y a bien des choses que les apôtres nous ont transmises sans les écrire, comme en témoigne Paul, l'apôtre des Gentils : Mes frères^ écrit-il, demeurez fermes et gardez les enseignements que vous avez reçus, soit par nos paroles, soit par notre lettre. ^Et ailleurs, dans l'épître aux Corinthiens : Je vous loue, mes frères, de ce que vous vous souvenez de moi, et que vous gardez les traditions que je vous ai transmises. *

Nature du culte des images '. (ii^ Discours sur les iwMges, 13-15.)

Tu vilipendes la matière, et la déclares abjecte. Les Manichéens faisaient de même ; mais la sainte Écriture la proclame bonne, car elle dit : Dieu vit tout ce qu'il avait fait, et tout cela était très èoAi.* Moi aussi j'ai donc le droit de proclamer la matière créature de Dieu et bonne par conséquent, et toi, si tu la déclares mauvaise, tu dois avouer ou, qu'elle n'est pas de Dieu, ou que Dieu est la cause du mal. Or, vois ce que l'Écriture déclare de la matière, que tu regardes, toi, comme méprisable. Moïse parla à toute rassemblée des enfants d'Israël et dit : Voici ce qu'a ordonné le Seigneur : Prenez sur ce qui vous appartient^ une offrande pour le Seigneur. Tout homme dont le cœur est bien disposé apportera une offrande au Seigneur : de Vor, de Vargent, de Vairain, des étoffes de cou-

1. II Thessaloniciens, ii, 14. — 2, I Corinthiens, xi, 2. — 3. Le^ adversaires du culte des images disaient que ce culte impliquai'' l'adoration de la matière. Voici la réponse de Jean à cette difficuUé* — 4. Genèse, , 31.

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leurs diverses^ bleu, pourpre, rouge, du fin lin retors, des peaux de chèvres, des toisons de brebis teintes en rouge.,. Que tous ceux d'entre vous qui sont habiles, viennent et exécutent ce qu'a ordonné le Seigneur : le tabernacle. ^

Voici donc que la matière est honorée, quoiqu'elle soit pour vous méprisable. Quoi de plus vil que les poils de chèvres ou les couleurs ? L'écarlate, la pourpre, la jacinthe, ne sont-ce pas des couleurs ? Et voici maintenant les œuvres de la main des hommes, les images des Chérubins ; et le tabernacle tout entier était une image. Dieu dit à Moïse : Regarde et fais diaprés le modèle qui fest montré sur la montagne. ^ Le tabernacle cependant était adoré par tout Israël. Les Chérubins n'étaient-ils pas devant le peuple ? Et l'arche et les chandeliers, et la table et l'urne d'or et la verge, que le peuple voyait, adorait ? Je n'adore pas la matière, mais j'adore l'auteur de la matière, qui pour moi s'est fait matière, a pris domicile dans la matière, a accompli mon salut par la matière. Le Verbe s'' est fait chair et il a habité parmi nous. Tout le monde sait que la chair est matière, et qu'elle a été créée. Je vénère donc et j'adore la matière par laquelle s'est accompli mon salut. Je la vénère, non comme Dieu, mais comme remplie de la vertu et de la grâce divines.

Le bois de la croix, trois fois heureux, n'est-il pas de la matière ? La sainte et vénérable montagne, le Calvaire, n'est-elle pas de la matière ? Le rocher vivifiant, le tombeau sacre, source de notre résurrection, n'est-il pas de la matière ? L'encre et les feuilles des Évangiles ne sont-elles pas de la matière ? La table vi^d fiante qui nous donne le pain de vie, n'est-elle pas de la matière ? L'or et l'argent, dont on fait les croix, les images, les calices, ne sont-ils pas de la matière ? Ou supprime la vénération et l'adoration de tout cela, ou accorde à la

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