I Corinthion», i
SAINT JEA.N DAMASCÈNE 379
Max. : II n*y a pas d'autre moyen que d*anathématiscr l*erreur, en se taisant sur les personnes.
Pyr. : A ce compte, je devrais condamner Sergius et mon propre synode patriarcal.
Max. : Ce n'était pas un vrai synode.
Pyrrhus : Si donc il n'y a pas d'autre moyen, je veux mettre avant tout les intérêts de mon salut, je suis donc prêt à donner sur ce point pleine satisfaction. Mais je demande une chose ; c'est qu'il me soit permis de vénérer à Rome les tombeaux des apôtres, ensuite que je sois admis à voir en personne le bienheureux pape. C'est à lui que je remettrai un écrit sur mes erreurs.
m. SAINT JEAN DAMASCÈNE.
Si la vie de Jean de Damas ressemble par quelques traits à celle de Maxime le Confesseur, son œuvre a une tout autre importance au point de vue du développement de la pensée chrétienne. Jean est le premier des théologiens scolastiques et les docteurs de l'Occident trouveront dans son œuvre le modèle sur lequel ils construiront leurs Sommes théologiques.
Jean est né à Damas dans les dernières années du vu® siècle d'une famille chrétienne, mais qui avait accepté dans l'administration arabe une charge considérable et, semble-t-il, héréditaire. Cette fonction il a dû l'exercer lui-môme, juscfu'au moment où. renonçant aux carrières du monde il entre au monastère de Saint-Sabas près de Jérusalem. C'est là qu'il recevra la consécration sacerdotale des mains du patriarche Jean, là aussi que s'écouleront dans le travail et la prière les dernières années de sa vie.
Jean de Damas s'est trouvé très personnellement engagé dans la querelle iconoclaste. En 726, l'empereur de Constantinople, Léon l'Isaurien, partit en guerre contre le culte des images qui, sous des formes diverses, avait existé de tout temps dans l'Église chrétienne, surtout en Orient. Ce fut le point de départ d'une persécution longue et sanglante contre tous les partisans du culte traditionnel. G* est pour défendre
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les persécutés et leurs idées que Jean de Damas composa ses trois discours apologétiques contre ceux qui calomnient les saintes images. L'empereur Léon Tlsaurien ressentit vivement cette attaque, et quand son successeur Constantin V eut réuni àConstantinople un prétendu concile œcuménique (754), il fit prononcer un quadruple anathème contre Jean de Damas. Celui-ci d'ailleurs avait déjà quitté la terre ; le second concile de Nicée, septième concile œcuménique (785), cassera tous les actes du conciliabule précédent et proclamera la doctrine défendue par le Damascène.
Il s'en faut d'ailleurs que la lutte contre les iconoclastes ait absorbé toute l'activité de Jean. Il s'est donné pour tâche de rassembler en un corps de doctrine les traditions de l'Église grecque sur les diverses questions. Son ouvrage capital, celui qui lui vaudra sur notre Moyen-Age latin.^une si grande influence, est sans contredit celui qui est intitulé : la source de la Connaissance. Après avoir établi les principes philosophiques sur lesquels repose toute science, après avoir sommairement réfuté les diverses hérésies parues au cours des âges, Jean y expose d'une manière systématique l'ensemble de la doctrine chrétienne sur Dieu, la création, l'Incarnation de Jésus-Christ, les moyens par lesquels se continue son action salutaire, et termine enfin par la doctrine des fins dernières. La science théologique est définitivement fondée.
Le Culte des images. (De flde orthodoxa^vf., 16 sq.)
Puisque certains nous font un reproche d'adorer et d'honorer les images du Sauveur, de Notre-Dame, et des autres saints et serviteurs du Christ, qu'ils entendent comment, au début, Dieu a fait l'homme à son image. Pourquoi nous adorons-nous (nous vénérons-nous) les uns les autres, sinon parce que nous avons été créés à l'image de Dieu. En effet, comme le dit le bienheureux Basile, si versé dans les choses divines, l'honneur rendu à l'image remonte au prototype. Le prototype est celui qui est représenté, dont on fait la reproduction. Pourquoi
le peuple mosaïque groupé autour du tabernacle se prosternait-il pour adorer ? C'est que le tabernacle était l'image, le type des choses célestes, bien plus, de la création tout entière. Dieu dit à Moïse : Regarde et jais tout d'après le modèle quH'esîmontré sur la montagne.^ Et les Chérubins qui couvraient de leur ombre le propitiatoire, n'étaient-ils pas l'œuvre de la main des hommes ? Que dirons-nous du fameux temple de Jérusalem, n'étaitil point fait de main d'homme, n'était-ce point l'art de l'homme qui l'avait dessiné et construit ?
Sans doute la sainte Écriture condamne ceux qui adorent les objets sculptés, mais elle condamne aussi ceux qui sacrifient aux démons. Les païens sacrifiaient, les juifs sacrifiaient, mais ceux-là aux démons, ceux-ci au vrai Dieu. Aussi les sacrifices des païens étaient à rejeter, à condamner, ceux des justes au contraire étaient agréables à Dieu. Noé^ dit l'Écriture, offrit un sacrifice et Dieu en respira V odeur açec suai^ité," c'est-èi-dire qu'il accepta les bons sentiments de Noé à son égard. Semblablement les sculptures des païens, parce qu'elles représentent les démons, se trouvent condamnées et réprouvées par l'Écriture.
D'autre part qui pourrait représenter le Dieu invisible, incorporel, indescriptible, inimaginable ? Il eut donc été d'une démence, d'une impiété extrême de représenter Dieu. Et c'est pourquoi, dans l'Ancien Testament, l'usage des images n'était point habituel. Mais depuis que Dieu dans son immense miséricorda s'est fait homme pour notre salut, homme véritable, non point seulement de la manière qu'il apparut sous forme humaine à Abraham et aux prophètes, mais homme véritablement, substantiellement, depuis qu'il a séjourné sur la terre et conversé avec les hommes, depuis qu'il a accompli parmi eux des merveilles, qu'il a souffert, qu'il