I. LE PAPE HORMISDAS
Le pape Hormisdas, qui siégea de 514 à 523, doit une bonne partie de sa célébrité au fait que sa correspondance de pontife s'est conservée à peu près en son entier et avec une très grande exactitude. Elle nous donne quelque idée de ce que pouvaient être les préoccupations d'un pape du vi^ siècle, qui n'avait pas certes la taille d'un saint Léon, mais qui s'appliquait à maintenir contre l'envahissement progressif du patriarche de Gonstantinople les prérogatives traditionnelles de la chaire de saint Pierre.
Le document qui suit est l'acte de réconciliation des Églises d'Orient avec l'Église romaine, dont elles s'étaient séparées depuis 484. La cause de ce schisme, qui dura trentecinq ans, était l'appui donné par Acace le patriarche Me Gonstantinople aux monophysites d'Alexandrie et d'Antioche. Fort de la protection impériale, Acace avait exigé de tous ses suffragants une profession de foi qui, tout en condamnant Eutychès et Nestorius, abrogeait en réalité le concile de Chalcédoine. Le pape Félix III excommunia Acace, mais celui-ci était assez fort pour se maintenir contre le Pape. Cette excommunication ne pouvait donc amener qu'un schisme. C'est à cette situation que mit fin la signature imposée par le pape Hormisdas, à tous les évêques d'Orient, du document qu'on va lire. Il est d'une extrême importance pour l'histoire de la primauté du siège de Rome et de l'infaillibilité pontificale.
Formule imposée aux évêques d'Orient, partisans du schisme acacien.
La première condition pour être sauvé, c'est de garder la règle de la vraie foi, et de ne s'écarter en rien de ce