VI. HOMÉLIE, dite deuxième épître de saint Clément
L'écrit appelé « deuxième épître de saint Clément » nest point en réalité une lettre, mais une très ancienne homélie, qui offre avec le Pasteur bien des analogies d'idées, et qui doit, selon toute vraisemblance, se rapporter au même temps, sinon au même milieu. L'auteur s'applique surtout à exhorter les fidèles à la pratique des bonnes œuvres et à la péni-
tence en vue du jugement à venir. Le passage que nous en donnons, exprime d'une manière très précise les croyances de l'ancienne Église sur la mission salutaire de Jésus-Christ.
La mission salutaire de Jésus-Christ. (// Clem.^ i-iv.)
Mes frères, nous devons considérer Jésus-Christ comme Dieu, comme le juge dos vivants et des morts, et nous ne devons pas peu estimer notre saldt. Si nous n'avons de Jésus qu'une pauvre idée, nous n'espérons non plus recevoir de lui que de pauvres biens. Ceux-là pèchent qui en écoutent l'annonce comme de biens médiocres, et nous péchons nous-mêmes si nous ignorons d'où nous avons été appelés, par qui, pour quel séjour, et tout ce que Jésus-Christ a enduré de souffrir pour nous. Quelle compensation lui offrirons-nous donc en retour ? quel fruit qui soit digne de ce qu'il nous a donné ? De quels bienfaits ne lui sommes-nous pas redevables ? Il nous a donné la lumière ; comme un père il nous a appelés ses fils ; nous étions perdus, il nous a sauvés. Quelle louange lui offrirons-nous donc ; quelle récompense, en retour de ce que nous avons reçu. Dans notre infirmité d'esprit nous adorions la pierre, le bois, l'or, l'argent, ouvrages des hommes, et notre vie tout entière n'était qu'une mort. Nous étions plongés dans l'obscurité, nos yeux étaient pleins de ténèbres et voilà que nous avons recouvré la vue, et par la volonté du Christ, dissipé le nuage qui nous environnait. Car il a eu pitié de nous et il nous a sauvés, érnu de compassion à la vue de l'égarement et de la ruine où nous étions plongés, sans autre espérance de salut que celle qui vient do lui. Il nous a appelés alors que nous n'étions pas, sa volonté nous a fait passer du néant à l'être... L'Écriture dit: « Je ne suis pas çenu appeler les justes ^ mais les pécheurs ; » *