SAINT CLÉMENT
c'est-à-dire : il faut que ceux qui se perdent soient sauvés. Ce qu'il y a en effet de grand et d'admirable, c'est d'affermir, i\on les édifices solides, mais ceux qui croulent. Ainsi a fait le Christ : il a voalu sauver ce qui périssait, eî il en a sauvé un grand nombre, étant venu et nous ayant appelés quand déjà nous périssions.
Quelle grande miséricorde le Christ nous a témoignée ! et d'abord en ce que, nous, qui vivons, nous ne sacrifions pas aux dieux morts, que nous ne les adorons pas, mais que nous connaissons, grâce à lui, le Père de vérité. Quelle est donc la connaissance qui mène à celui-ci, sinon de ne pas renier celui qui nous a fait connaître Dieu. Le Christ a dit lui-même : a Celui qui m'aura confessé déviant les hommes j'e le confesserai devant mon Père. »^ Telle sera donc notre récompense si nous confessons celui par qui nous fûmes sauvés. Et en quoi le confesseronsnous ? En faisant ce qu'il dit, en ne refusant pas d'obéir à ses commandements, en l'honorant non seulement des lèvres, mais de tout notre cœur et de tout notre esprit. Il est dit en effet dans Isaïe : « Ce peuple m'honore des lèvres^ mais son cœur est loin de moi. » ^
Ne nous contentons donc pas de l'appeler Seigneur, car cela ne nous sauvera pas. Il dit en effet : « Ce n'est pas quiconque me dit Seigneur, Seigneur, qui sera sauvé; mais celui qui pratique la justice.» Dès lors, mes frères, confessons-le par nos actions : aimons-nous les uns les autres, fuyons l'adultère, la détraction mutuelle, la jalousie ; soyons continents, miséricordieux et bons ; c'est aussi notre devoir de compatir les uns aux autres et de ne pas aimer l'argent. C'est par ces œuvres que nous confesserons le Christ, et non par les œuvres contraires. Ce n'est pas les hommes, mais Dieu que nous devons craindre davantage. Si vous agissez de la sorte, le Sei-