‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 34 sur 150 · SAINT IRÉNÉE · texte numérisé non relu

SAINT IRÉNÉE

La sainte Eucharistie. (Heeres., v, 2.)

Ah ! qu'ils sont vains tous ceux qui méprisent le plan de Dieu, nient le salut de la chair, dédaignent sa régénération, en déclarant qu'elle n'est pas capable d'immortalité. Si la chair n'est point sauvée, en effet, le Seigneur non plus ne nous a pas rachetés par son sang, le calice de l'Eucharistie n'est point la communion à son sang, et le pain que nous rompons n'est point la communion à son corps. En effet il n'y a point de sang qui ne sorte des veines, de la chair, de la substance humaine, enfin, qu'a prise véritablement le Verbe do Dieu. Et c'est par son sang qu'il nous a rachetés, comme s'en exprime l'Apôtre, quand il dit : « En Jésus nous avons la rédemption par son sangj la rémission des péchés. » ^

Puisque d'autre part nous sommes ses membres, et que nous sommes nourris par ses créatm^es ; puisque lui-même nous les procure, en leur dispensant à sa volonté le soleil ou la pluie, il a déclaré que le calice plein d'une de ces créatures contenait son propre sang, par lequel il vient augmenter notre sang à nous ; le pain qui est une créature, il a affirmé qu'il était son corps, qui vient augmenter et nourrir le nôtre.

Alors donc que le calice mélangé d'eau et que le pain reçoivent la parole de Dieu, alors que l'Eucharistie devient Je corps du Christ et vient fournir à notre chair aliment et subsistance, comment les hérétiques peuventils déclarer que la chair est incapable de recevoir le don de Dieu, c'est à savoir la vie éternelle, elle qui est nourrie du corps et du sang du Seigneur, et qui devient l'un de ses membres. Car l'apôtre Paul le dit dans l'Épître aux Ephésiens : « Nous sommes les membres de son corps^ nous sommes de sa chair, de ses os. « ^ Et il ne le

1. 1 Jean, I, 7 ; Hébreux, ix, 14 ; Apocalypse, i, 5. — 2. Ephésiens, V, 30.

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