‹ Le dogme catholique dans les pères de l'égliseChapitre 63 sur 150 · Proverbes viii · texte numérisé non relu

Proverbes viii

péché. Et c'est pourquoi Notre-Scigneur, étant fils de Dieu par nature, est adoré par tous. Quant aux créatures raisonnables, si elles savent déposer l'esprit de servitude, elles reçoivent par suite de leurs bonnes actions et de leur progrès dans la vertu, Tesprit d'adoption, et deviennent, par le bienfait de celui qui est Fils par nature, les fils adoptifs de Dieu.

m. SAINT ATHANASE.

Le plus héroïqpie défenseur du Consuhstantiel proclamé à Nicée, c'est incontestablement le successeur d'Alexandre, saint Athanase. Né vers 295, il a été, jeune encore, promu au diaconat vers 319. C'est en qualité de diacre qu'il accompagne Alexandre au Concile de Nicée, et qu'il assiste à la définition du Consubstantiel. Trois ans plus tard, en 328, il snccéde à Alexandre sur le siège patriarcal d'Alexandrie ; tout son long et intrépide épiscopat sera désormais employé à maintenir contre les partisans plus ou moins déclarés d'Arius, contre les complaisants du pouvoir, les politiques et les timides, la formule de la foi intégrale promulguée par le Concile. Dans ces luttes sans fin il expose sa tranquillité, sa liberté, sa vie ; mais soutenu par l'Egypte et surtout par Rome, il tient tête à tout l'Orient, au nom de l'autorité de la tradition et de la chose jugée. Banni à Trêves par Constantin en 335, il est rappelé par ses fils en 338 ; chassé par les Ariens en 340, il ne peut revenir à Alexandrie qu'en 346 ; dix ans plus tard 356, Constance le fait expulser. Il est rappelé puis exilé par Julien (362). Jovien le ramène à Alexandrie (363), Valens l'en exile (365). C'est le cinquième et dernier exil d' Athanase qui, après quatre mois, rentre en triomphateur dans sa ville épiscopale où il mourra le 2 mai 375.

Athanase a été surtout un homme de combat, et les luttes qu'il a eu à soutenir ne lui ont pas laissé le loisir d'écrire beaucoup. Ce qui nous reste de lui, ce sont principalement quelques pièces de sa correspondance où il dénonce les procédés violents employés par ses adversaires pour faire triompher leurs idées ou leurs créatures, où il encourage les fermes

défenseurs de Torthodoxie, où il fait intervenir en tàvéïir de Ifi foi nienacée les ôvêques demeiirés fidèles. A côté de celai des opuscules de circonstance, controverse où apologie ; enfin les trois livrés contre les Ariens qui exposent et défendent de la manière la plus nette l'orthodoxie nîcéénne, et les lettres à l'évêque Sérapion qui complètent l'exposition de la doctrine par une défense de la divinité de Saint-Esprit.

Éternité du Verbe d'après l'Écriture. {OraU I contra

Ariarios, Il scj.j

Vous avez dit et vous pensez sous l'inspiration d'Arius qu'il fut un temps où le Fils n'était pas... t)'dù vous vient' cette trouvaille ? Pourquoi ayez- vous, comine les nations, frémi et médité des mots vi^es contre le Seigneur et contre son Christ ? Aucune Écriture n'a ainsi parlé du Sauveur ; au contraire elle emploie les mots toujours, éternel, coexistence éternelle au Père. Car, au commencement était le Verbe et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu ^. Et dans l'Apocalypse il est dit : Celui qui est, qui était, qui vient *. Or s'il est, et s'il était comment ne serait-il pas éternel ? C'est le reproche que saint Paul, dans son Épître aux Romains, fait aux Juifs : De qui est le Christ selon la chair, lui qui est au-dessus dé tous. Dieu béni pour les siècles^ ; et réfutant les Gentils : Ce qu'il y a d^ invisible en lui, par la création du monde, rendu intelligible grâce aux œuvres, est contemplé, son éternelle puissance et sa divinité *. Quelle est cette puissance de Dieu ? Paul nous l'enseigne encore par ceâ lïibts : le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu *. Ces paroles rie visent poiiit le Père, conime vous le répétez souvent entre vous^ disant qiié le Père est sa puissance éternelle. Ce n'est pas cela ; il n'a pas dît,: Dieu est sa puissance, mais la puissance est à lui. Il est clair pour tous que à lui n'est pas lui, ni quelque

i. Jean, i, 1. — 2. Apocalypse^ i, 4. — 8. Ëoiiiaims, ix, 5. — 4. Romains i, 20. — 5. I Corinthiens, i, 24.

chose d'étranger, mais ce qui appartient en propre. Lisez d'ailleurs la suite du texte et tournez-vous vers le Seigneur (le Seigneur est esprit) et vous verrez qu'il B'agit du Fils.

Paul faisant mention de la création, traite tout naturellement de la puissance qu'elle manifeste, puissance qui est le Verbe de Dieu par qui tout a été fait. Si la création à elle seule, sans le Fils, suffit à faire connaître Dieu, prenez garde d'en arriver à penser que la création s'est faite aussi sans le Fils. Si c'est par le Fils qu'elle s'est faite, et si tout subsiste par Jui, nécessairement, qui la contemple avec piété contemple aussi celui qui l'a créée, le Verbe, et par lui commence à se représenter le Père. Or si, au dire du Sauveur, Nul ne connaît le Père sinon le Fils et celui à qui le Fils le révèle ^ ; si quand Philippe disait ; Montre-nous le Père^ Jésus ne répond pas : Regarde la création mais bien : qui m'a vu a vu le Père *, c'est à bon droit que Paul, accusant les païens de n'avoir point trouvé dans la contemplation de l'harmonie du monde une idée du Verbe son créateur, pour connaître par son moyen le vrai Dieu et cesser d'adorer les créatures, a dit: sort éternelle puissance et sa divinité^^ pour signifier le Fils...

Puisque l'apôtre écrivant aux Hébreux dit : la splendeur de sa gloire et V empreinte de sa substance*, puisque David chante au Psaume 89 : que la splendeur du Sei^ gneur soit sur vous **, et ailleurs : dans ta lumière nous verrons la lumière ^^ qui serait assez insensé pour douter que le Fils soit éternel ? Quand donc a-t-on vu la lumière privée de l'éclat de sa splendeur, de manière que l'on puisse dire du Fils : Un temps fut oii il n'existait pas, ou bien : avant d^être engendre, il n'^existait pas. Ce que dit le Psaume 44 sur le Fils : Ton

1. Matthieu, xi, 27. — 2. Jean, xir, 8-9. — 3. RomaiRS, t, 20. — 4. Héhreux, i, 3. — 5, Psaume lxxxix, 17. — 6. Psaume xxxv, 10.

hône est le trône de tous les siècles S écarte la pensée de tout instant, même le plus minime, où le Verbe n'aurait pas existé. Tout instant a sa mesure dans les siècles, et le Verbe est roi et créateur des siècles. Forcément donc, aucun instant quelconque n'existant avant lui, c'est folie de dire : // ?/ eut un temps où VÉternel n'existait point, et encore : Le Fils est sorti du néant. — Le Seigneur lui-même dit : Je suis la vérité ; il ne dit pas : Je suis devenu la vérité, mais toujours : Je suis ; je suis le berger, je suis la lumière 2, et encore : Ne me dites-vous pas Seigneur et Maître ? Vous dites bien, car je le suis* Qui donc, entendant cette affirmation 3; de Dieu, de la Sagesse, du Verbe du Père, parlant sur | lui-même, aurait encore des doutes sur la vérité, et ne ; croirait point aussitôt que je suis signifie Véternité et . l'existence sans commencement du Fils, antérieure à | tous les temps ?... Il est l'image du Père et son Verbe ^ éternel : pas de temps où il n'ait pas existé ; il existe de % tout temps comme la splendeur éternelle d'une lumière r éternelle. Pourquoi donc imaginez- vous des temps antérieurs au Fils ? Ou pourquoi des temps après lesquels ^ vous blasphémez le Verbe par qui ont été créés les | siècles ? Comment temps ou siècles auraient-ils pu exister, quand, selon vous, le Verbe n'existait pas encore, par qui tout a été fait et sans qui rien de ce qui existe n'a été produit ?

La Trinité éternelle. (Orat. I contra Arianos, 17.)

Si le Verbe ne coexiste pas éternellement au Père, il n'y a pas de Trinité éternelle. Il y a eu d'abord monade et, par accroissement, se produisit plus tard la Triade. Ainsi avec le temps, suivant leur opinion, s'accrut et se

1. Psaume xliv, 7. — 2. Jean, viii, 12 ; x, 14 ; xiv, 6.— 3. Jean, xiii, 13.

constitua la connaissance de la divinité. De même si le Fils n'est pas engendré en propre de la substance du Père, mais est issu du néant, la Trinité se constitue du néant ; il y eut un temps où n'existait pas la Trinité, mais seulement la monade. La Trinité est ainsi tantôt incomplète, tantôt complète ; incomplète avant la production du Fils, complète après ; de plus, ce qui est produit passe au même rang que le créateur et ce qui d'abord n'existait pas, est déifié et glorifié avec ce qui a toujours été. Chose pire, la Trinité se trouve être dissemblable en elle-même, composée de natures et de substances étrangères et sans rapport ; ce qui revient à dire que la Trinité dans sa formation est produite. Quelle est donc cette divinité qui n'est pas constante avec elle-même, mais se complète par l'évolution des temps et se trouve tantôt dans un état, tantôt dans un autre ? Il lui convient d'avoir encore de l'accroissement, et cela à l'infini, puisque, une fois déjà et dès le début, c'est par cet accroissement qu'elle a été constituée. Il n'est pas douteux non plus qu'elle peut diminuer. Ce qui est ajouté peut évidemment être enlevé.

Mais il n'en est pas ainsi ; oh non ! La Trinité n'est pas produite, mais éternelle ; unique est la Divinité dans la Trinité, unique la gloire de la Sainte Trinité. Et vous osez la décliirer en natures différentes ! Le Père étant éternel, vous dites du Verbe assis près de lui : il fut un temps où il n'était pas ; le Fils étant assis près du Père, vous voulez le mettre loin de lui I La Trinité est créatrice et active, et vous ne craignez point de l'abaisser au rang du néant, vous n'avez pas honte d'égaler les esclaves à la libre Trinité et de ranger le Roi Seigneur des armées avec ses serviteurs ! Cessez de brouiller ces êtres qui ne peuvent se confondre, ou plutôt de mêler le néant avec l'être. Parler ainsi, ce n'est pas glorifier et honorer le Seigneur, mais l'injurier et le

déshonorer, car déshonorer le Fils, c'est déshonorer le iPère.

Si maintenant Têtrè divin est parfait dans la Trinité, et i èi c'est là la vraie et unique divinité, où résident la beauté et la vérité, il fallait qu'il en fût ainsi toujours, sinon la beauté et la vérité seraient adventices et la plénitude de l'être divin serait due à l'accroissement. Il fallait donc qu'il en fût ainsi dès l'éternité. Si dès l'éternité il n'en était pas ainsi, maintenant cela ne saurait être ; il en serait comme, selon vous il en a été au commencement, de sorte que la Trinité actuellement n'existerait pas. Aucun chrétien ne saurait supporter pareils hérétiques. Aux païens de se faire une Trinité produite, et de l'égaler aux choses créées, car ce qui est créé admet seul diminution et augmentation. Les chrétiens eux reconnaissent dans leur foi la bienheureuse Trinité, comme immuable, parfaite, toujours dans le même état ; ils ne reconnaissent rien en plus de la divinité, ni un état imparfait dé celle-ci dans le passé, car il y a impiété dans les deux cas. Aussi la foi reconnaît-elle que la Trinité est pure de tout mélange avec les êtres créés ; elle l'adore, gardant invisible l'unité de sa divinité et, fuyant les blasphèmes ariens, elle confesse et reconnaît l'éternité du Fils. Il est éternel, comme est éternel le Père, dont il est le Verbe.

L'humanité et la divinité dans le Christ. (0 ratio III contra Arianos, 29 sq.)

Lé But et la marque distinctive de l'Ecriture, comme

je l'ai souvent dit, est d'annoncer une double doctrine

siiF lé Sauveur ; depuis toujours il est Dieu et Fils, étant

Verbe, S{)lendeùr et Sagesse du Père, et plus tard pour

nous ayant pris chair de la Vierge Marie, la inere de

Dieu {Theotocos) il s'est fait homme... A pstrcourif l'Ècrî-

|;ure, on trouvera donc dans l'Ancien Testament les paroles sur le Verbe ; dans l'Évangile on contemplera le Seigneur fait homme : car le Verbe s^est fait chair^ et il a hqbité parmi nous.

Il s'est fait homme, dis-je, il n'est point venu dans un homme. Et cela aussi est nécessaire à savoir, de peur que, tombant encore dans cette impiété, ils ne trompent certaines gens, qui penseront ceci : Autrefois le Verbe venait en chacun des saints, de même maintenant il est venu dans un homme, le sanctifiant lui aussi et s'y manifestant comme dans les autres. S'il en était ainsi, s'il n'avait fait qu'apparaître dans un autre, il n'y aurait là rien de merveilleux et ceux qui le voyaient ne se seraient pas étonnés disant : D'où client celui-ci ? et encore : Pourquoi toi qui es liomme^ te fais-tu Dieu ? ^ Ils avaient l'habitude d'entendre dire : Le Verbe de Dieu venait en chacun des prophètes. Mais maintenant, puisque le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait, a supporté de devenir Fils de l'homme et s'est humilié prenant la forme de l'esclave, pour les Juifs la croix du Christ est un scandale^ mais pour nous le Christ est force de Dieu et sagesse de Dieu *.

Le VerbCy dit Jean, s^est fait chair... Autrefois donc il venait en chaque saint et sanctifiait ceux qui le recevaient dignement. A leur naissance pourtant, on ne disait point qu'il s'était fait homme, ni, quand ils souffraient, que lui-même souffrait. Mais lorsqu'il vint enfin, né de Marie, à la consommation des siècles pour enlever le péché, — le Père avait jugé bon d'envoyer ainsi son propre Fils, né d'une femme et sous la loi, — alors il a été dit que prenant chair il s'était fait homme. Dans cette chair il a souffert pour nous, comme a dit saint Pierre: Le Christ ayant souffert pour nous, dans sa chair*^ pour montrer et faire croire â tous qu^étant Dieu

1. Jean, x, 33. — 2. I Corinthiens, i, 23-24. — ?t. ï Pierre, ii, 24.

depuis toujours, et sanctifiant ceux chez qui il venait et disposant tout selon la volonté de son Père, plus tard il s'est fait homme pour nous, et, comme dit l'Apôtre, la dwinité a habité corporellement dans sa chair K C'est comme si l'on disait : Étant Dieu, il a eu son propre corps et, s'en servant comme d'un instrument, il s'est fait homme pour nous. Aussi ce qui appartient à cette chair ^ lui est-il attribué, parce qu'il était en elle. Ainsi la faim, la soif, la souffrance, la fatigue et choses semblables, que la chair peut éprouver ; les œuvres propres du Verbe, comme ressusciter les morts, rendre aux aveugles la vue, guérir les malades, il les accomplissait par l'intermédiaire de son propre corps. Le Verbe portait les infirmités de sa chair, comme si elles lui appartenaient, car la chair était à lui et la chair collaborait comme instrument aux œuvres de la divinité, parce que la divinité était dans la chair, car le corps était à Dieu. Le prophète a bien dit : il a porté et non pas il a guéri nos infirmités^; car ce n'est pas hors du corps et ne faisant que le guérir, comme il l'avait toujours fait, laissant encore les hommes sujets à la mort. Il porte au contraire nos infirmités et lui-même prend sur lui nos péchés, pour montrer qu'il s'est fait homme pour nous et que le corps qui en lui les porte est bien son corps lui appartenant ; que lui-même n'encourait aucun dommage on portant nos péchés sur la croix, par son corps, comme a dit saint Pierre ; mais nous, hommes, nous étions rachetés de nos propres passions et étions remphs de la justice du

Verbe.

Aussi le Verbe n'était-il point hors de la chair, quand elle souffrait. C'est pourquoi la souffrance lui est attribuée, et quand il accompUssait divinement les œuvres

1 Colossiens, ii, 9. — 2. Pour bien saisir toute la suite du raisonnement, il faut traduire le mot chair par le mot natun humamr.-^ 8. Isaïe, Lin, 4.

de son Père, la chair n'était pas hors de lui ; c'est dans son corps que le Seigneur les accomplissait... Certes, quand il fallut faire lever la belle-mère de Pierre en proie à la fièvre, comme homme il étendait la main, comme Dieu il faisait cesser la maladie; dans l'affaire de l'aveugle-né, de sa chair venait la sahve humaine, comme Dieu il ouvrait les yeux avec la boue ; pour Lazare, comme homme il faisait entendre la voix humaine, comme Dieu il ressuscitait Lazare d'entre les morts. Tout cela arrivait et était public, parce que ce n'était pas en apparence, mais en vérité qu'il avait un corps.

Mais il convenait aussi que le Seigneur, ayant revêtu la chair humaine, la revêtît tout entière avec ses passions ^. Et dès lors, de même que nous disons que son corps lui appartenait, de même les passions de son corps lui furent aussi attribuées, bien qu'elles n'atteignissent point sa divinité. Car, si le corps était d'un autre, à cet autre aussi seraient attribuées les passions ; mais si la chair est au Verbe (car le Verbe s'est fait chair)^ force est d'en attribuer aussi les passions à celui de qui est la chair. Mais celui à qui on attribue les passions, comme sont surtout la condamnation, la flagellation, la soif, la croix, la mort et les autres infirmités du corps, est aussi celui à qui appartient l'action d'éclat et la grâce. C'est avec raison et logique que de pareilles passions sont attribuées au Seigneur, et non pas à un autre ; pour que la grâce nous vienne aussi de lui, et que nous n'ayons pas de culte pour un autre, mai« vraiment pour Dieu, parce qu'aucun des êtres créés, aucun homme, n'est par nous appelé Seigneur, Dieu et Sauveur, mais le seul Fils naturel et véritable de Dieu, qui s'est aussi fait homme.

Qui n'admirerait cela et ne conviendrait que c'est

1. Passion est pris ibi dans son sens étymologique i passivitéiCspa* cité de souJPfrlr.

LA CONTROVERSE ARIfNNE

véritablement une œuvre divine ? Si les œuvres de 1^ divinité du Verbe n'avaient pas été acconiplies par le corps, l'homme n'aurait pas été divinisç ; de même si l'on n'attribuait au Verbe ce qui est de la chair, l'homm^ n'en aurait pas été complètement déUyré ; mais il y aurait eu cessation pour un temps, comme je l'ai déjà dit, et le péché serait ensuite resté en lui, ainsi que la corruption ; c'était le fait des hommes auparavant, et c'est facile à voir. Il y a eu plusieurs saints purs de tout péché. Jérémie a été sanctifié dès le seiri maternel • Jean, encore porté par Elisabeth, bondissait d'allégresse, à la voix de Marie, la mère de Dieu. Et pourtant la mort a ré^né £ Adam jusqu'à Moïse, même sur ceux qui n'ont point péché par la similitiide de la transgression d'AdamK Ainsi les hommes n'en restaient pas moins mortels et périssables, soumis aux passions propres de la chair. Maintenant que le Verbe s'est fait homme et s'est attribué ce qui est de la chair, la chair échappe à la condamnation à cause du Verbe qui s'y trouve ; il a tout consumé et les hommes ne restent plus, conformément à leurs propres passions, pécheurs et morts, mais, ressuscites par la puissance du Verbe, ils persévèrent toujours immortels et incorruptibles. Aussi sa chair étant engendrée par la Vierge Marie, lui-même est dit engendré, lui qui amène les autres à l'existence, pour prendre sur lui notre naissance; nous n'irons plus simple terre à la terre, mais unis au Verbe venu du ciel, nous serons élevés au ciel par lui. Ainsi des autres passions du corps qu'il a, non sans raison, prises sur lui, pour que, n'étant plus de simple; hommes, mais participant du Verbe, nous ayons en partage la vie éternelle. Nous ne mourons plus en Adam, selon notre première naissance ; désormais notre naissance et toute notre •nfirmité charnelle étant transportée sur le Verbe, nous

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