Jean, i
unique. Comment ne serait-ce point une impiété de dire, qu'il fut un temps où n'existait pas la Sagesse de Dieu, alors qu'elle déclare : « .Pétais açec Dieu disposant toutes choses; fêtais celle en qui il se complaisait »? ^ ou de dire que la puissance de Dieu n'a pas toujours existé ; que la raison de Dieu a été mutilée, ou qu'il a manqué à Dieu quelqu'un des attributs qui manifestent le Fils et qui caractérisent le Père ? Déclarer que le rayonnement de la gloire divine n'a pas toujours existé, c'est supprimer en même temps la lumière dont il est l'épanouissement. Si l'image de Dieu n'a pas toujours été, il est bien clair que celui qu'elle représente n'a pas toujours existé. En déclarant enfin que l'empreinte de la substance divine n'a point toujours été, on supprime par le fait même celui qui s'exprime en elle si parfaitement.
Il est donc facile de voir que la filiation de notre Sauveur n'a rien de commun avec les autres filiations. De même en effet que son essence ineffable dépasse d'une manière souveraine, nous l'avons montré, celle de tous les êtres à qui il donne la vie, de même sa filiation, qui le met dans un rapport de nature avec la dignité du Père, dépasse d'une manière indicible la filiation de ceux qui, à cause de lui, ont été adoptés par Dieu. Lui, il possède une nature immuable, parfaite, sans aucun besoin ; eux, exposés qu'ils sont à tourner vers le bien ou le mal, ils ont sans cesse besoin d'être secourus par lui. Quels progrès en effet pourrait bien faire la Sagesse de Dieu ? quelle acquisition pourrait réaliser la vérité même, la Raison de Dieu ? Comment pourrait s'améliorer la vie, la lumière véritable ?... Les créatures au contraire, hommes et anges, peuvent par sa grâce croître en perfection, en s'exerçant à la pratique de la vertu et des commandements de la loi, en évitant le