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ri la folrre, (|u'il iiiaiiilVstc ni^ccssaircîiiH'nt coiiti'r nous aussi l()n.i;t<Mnj)s (ju'il n'est pas doimù satislaction à la sainte justice, rxpli(|U(' coninitî il suit l'd'uvro do notre salut. Dieu, poui' nous sauver, nous a envoyé son Fils uni(iue, (pii esta la fois Dieu et honiine; personne di vine en chair Innnaine, le Fils est v(»nu nr constituer le re|)résentant de riiuinanité auprès de Dieu. Or Dieu ne pouvant, malgré sa miséricorde, nous pardonner à moins (jue, d'un coté, la loi (ju'il nous avait donnée ne fût accomplie Christ est venu l'accomplir un<' fois pour toutes à noire \)\dcr (ohrd l'en tia ne tira) : d(» l'autre, les j)eines prononcées par la loi, la malédiction divine, la mort en un mot, devait être subie nécessairement avant que Dieu pût donner libre cours à son amour pour nous. Jésus-Christ encore (*st venu })orttM' cette malédiction ])ar sa mort ignominieuse [obedientia passiva). Ainsi la loi divine étant accomplie, et la malédiction d(* Dieu étant portée saintenu^nt par Christ, l'humanité est par lui réconciliée avec Dieu. Le mérite infini de cette double obéis^sance de Jésus-Christ repose dans la valeur infinie de sa personne divine, grâce à laquelle il a pu tout faire pour nous. \'oilà en quoi consiste sa satisfaction vicaire C
Aussi bien, comme on Fa vu, cette doctrine n'étaitelle que la systématisation des principes posés par les premiers réformateurs.
Une origine aussi vénérable et cette longue tradition ne devaient cependant pas désarmer la critique. Aujourd'hui les protestants de toutes les écoles s'accordent à jeter par-dessus bord ces thèses excessives.
1. A. Hamm, Essai iur la satisfaction vicaire, Strasbourg, 18(>4, p. 9-10.
i02 DEFORMATIONS PROTESTANTES DU MYSTERE.
« Les conclusions des dogmaticiens protestants étaient logiques, prononce sommairement Aug. Sabatier; mais elles révoltaient en même temps la conscience morale et la raison qu'elles prétendaient satisfaire^. » A. Réville insiste spécialement sur un détail, aussi caractéristique qu'il est odieux, de Tancienne orthodoxie.
L'idée du Fils maudit par le Père et subissant le tourment des damnés était sans doute parfaitement conséquente avec les prémisses de la théorie ; mais elle avait quelque chose de révoltant au premier chef... Et puis^ la preuve scripturaire,si importante au sein du protestantisme, commençait à faire complètement défaut. Si du moins, suspendant son jugement sur quelques paroles obscures et susceptibles de plusieurs interprétations..., on se mettait à lire avant tout les pages sacrées où l'Église recueillie avait contemplé d'âge en âge les dernières heures de son Roi crucifié, on se sentait transporté dans un tout autre monde, et il y avait un étrange contraste entre les paroles de la croix : Père, pardonne-leur ! Père, je remets mon esprit entre tes mains ! et la théorie qui indiquait ce moment comme celui où la colère infime d'un Dieu vengeur frappait à coups redoublés sur le Saint expirant -.
Chez les théologiens les plus orthodoxes, on rencontre de semblables désaveux. Pour ne citer que des écrivains de langue française, M. Grétillat écrit:
Ce fut à dater de la Formule de Concorde et dans le cours du xvue siècle que la doctrine de la satisfaction juridique reçut successivement ces surcharges où l'absurde le disputait au révoltant, qui l'ont discréditée jusqu'à aujourd'hui ^.