I.i: UATIONALISMK SOCINIION. 41'.i
entendre, à son avis, (jnc notre Sauveur a voulu mourir à notre prolil, mais non pas h notre [)Iace; qu'il s'est livré à la mort poni- nous nitirer du péeln'i et ^'arantir le pardon à (pii se rcîpent*. Doncî, ici encore, on m» trouve pas trace de substitution pénale.
Plus résistants, à premièrevue,s()nt lospassa<j^esoù le (Christ (îst décrit comme portant nos péchés, et Socin doit convenir i\nc ces expressions é(pii valent dans le langage ordinaire à subir la peine du péché. Mais tel n'est pas leur sens dans l'Kcriture : ici elles veulent dire que notre KédcMTipteur a ôté, emporté nos pécln'S : vérité psycholo^^i(pie dont la cércîmonie légale du bouc émissaire était le symbole. Tout au plus peut-on admettre que le Christ innocent a soufTert la répercussion de nos fautes, et dans ce sens on pourrait dire qu'il en a porté la peine ; mais ceci est loin de la satisfaction prétendue^.
Une quatrième catégorie, qui retient plus longuement l'attention de Socin, est faite des textes qui parlent, à propos delà mort duClirist, d'expiation et de sacrifice. 11 entre, à ce propos, dans de longues explications, d'où il résulte qu'au sens biblique expier signifie couvrir, donc ici arrêter les suites funestes du péché. Par conséquent, Dieu seul peut proprement (( expier » ; mais il nous appartient d'en poser les conditions et, dans ce senstrès impropre, on peut dire que nos actes concourent à l'expiation de nos péchés. La mort du Christ était une condition de ce genre, parce qu'à cet acte de dévouement Dieu avait attaché pour le Sauveur le pouvoir de régénérer les
1. Prael. theol., 20. p. 577-580. Cf. De Christo servatore, ii, 4-6, p. 148-152.
2. Prael. theol. , 21, p. 580-583 : « Elegans metaphora ab iis qui aliquod grave onus a quopiam auferunt : tantisper enim dum illud deponant autabiciaiil, ipsi id ferre soient. » CC. De Christo servatore, u, 7-8, p. 453-155.
âmes ; mais rien dans tout cela n'indique une satisfaction ^ .
Au cours de son exposition exégétique, Socin glisse çà et là. chemin faisant, les fragments de son propre système. D'après lui, pour que le péché soit pardonné, une seule condition est nécessaire et suffisante : c'est le repentir du pécheur; déjà la parabole de lenfant prodigue lui paraît résumer exactement l'histoire de notre salut. Si la mort du Christ jouit à cet égard de quelque efficacité, c'est à cause de la grande charité qui s'y révèle et qui, par là même, excite notre amour et notre confiance. C est le sceau mis aux promesses divines dont Jésus fut le porteparole : qui pourrait désormais douter du pardon divin, puisque Dieu a livré son Fils unique à la mort afin de nous en donner l'assurance? Et si Ton demande encore pourquoi précisément la mort, il faut répondre que c'est afin de relever le courage des chrétiens devant la persécution et l'épreuve^.
Il faut d'ailleurs ajouter que, dans le système socinien, la mort est surtout considérée comme le prélude de la résurrection. A cet égard, la carrière du Christ est l'exemple vivant, le parfait symbole de notre destinée : c'est par la mort que nous devons tendre à la vie; mais la résurrection du Christ est proprement là pour nous garantir que notre mort n'est pas définitive et sans espoir. De plus et surtout, il fallait la résurrection pour introduire le Christ dans son règne glorieux : c'est là qu'il intercède pour nous et qu'il exerce le pouvoir de sanctification que Dieu lui avait promis^. Voilà pourquoi Socin estime que le sacrifice du Christ s'accomplit dans le