s. Epiphane, Haer., lxviii, 3; PG., XLII
fut en butte aux haines de la secte. Le concile de Nicée crut éteindre ces haines par une mesure d'indulgence. Il écrivit à l'Eglise d'Alexandrie^ :
... La grâce de Dieu a délivré l'Egypte de cette erreur (arienne), de ce blasphème et des personnes qui avaient osé introduire la dissension et le schisme dans le peuple jouissant de la paix d'en-haut. Restait la témérité de Mélèce et des clercs par lui ordonnés : sur quoi nous vous communiquons les décisions du Synode, frères bienaimés. A l'égard de Mélèce, le Synode, cédant à un mouvement d'indulgence (car, à dire vrai, il ne méritait aucun pardon), a décidé qu'il demeurerait dans sa ville, sans pouvoir faire aucune présentation ni ordination ni paraître soit à la campagne soit dans aucune ville à cet effet; il n'aura que le nom de son ordre. Quant aux clercs par lui constitués, après avoir été confirmés par une imposition des mains plus sainte,^ ils seront admis à la communion dans les conditions suivantes : ils pourront participer au service de l'autel, mais céderont partout le pas à ceux qui en chaque paroisse et église ont été désignés sous l'obédience de notre vénérable collègue Alexandre et déjà ordonnés; ils n'auront aucun pouvoir de présenter des hommes de leur choix ni de suggérer un nom ni enfin de rien faire sans le consentement de l'Eglise catholique et apostolique de l'obédience d'Alexandre. Ceux qui, par la grâce de Dieu et par vos prières, sont demeurés étrangers à tout schisme, irréprochables dans l'Eglise catholique et apostolique, auront le pouvoir de présenter et d'approuver les noms de personnes qualifiées, pour le clergé, en un mot de tout faire selon la loi et le statut ecclésiastique... Si quelqu'un des clercs de l'Église vient à mourir, alors ceux qui viennent d'être réconciliés pourront être élevés au rang du mort, pourvu qu'ils
1. Texte conservé par Théodorkt, H. E., 1,8; P6., LXXXII, 928D-929C.
soient trouvés dignes et approuvés par le peuple, sauf ratification et confirmation par l'évêque de l'Eglise catholique d'Alexandrie. Ces concessions ont été faites pour tous les autres; quant à la personne deMélèce, onadécidé . de l'excepter, à causé de son irrégularité invétérée, de son caractère brouillon et téméraire : on n'a voulu permettre aucune initiative à un homme qui pourrait renouveler les mêmes désordres.
En exécution de cette mesure, Mélèce remit à l'évêque Alexandre la liste de son propre clergé. La pièce nous a été conservée par saint Athanase ^ ; ' elle porte les noms de 29 évêques, 5 prêtres et 3 diacres. Elle doit trouver place ici, d'autant que nous aurons plus d'une fois à nous y référer.
MoiMélècéàLycopolis,Lucius à Antinoopolis, Phasileus à Hermopolis, Achille à Cuses, Âmmonios à Diospplis.
En Ptolémaïde, Pachyme à Tentyres. '
En Maxianopole, Théodore à Coptos.
En Thébaïde, Calés à Hermethès, Colluthos à Cynopolis d'en haut, Pelage à Oxyrhynque, Pierre à Héracl'ée, Théon à Nilopolis, Isaac à Létopolis, Hèraclide à Niciopolis, Isaac à Gléopatris, Mêlas en Arsénoite.
En Héliopole, Amos à Léontopolis, Ision à Athribi.
En Pharbethos, Harpocration â Bubaste, Moïse à Phacuses, Gallinique à Péluse, Eudémon à Tanis, Ephrem à Thmuis.
En Saïdite, Herméon â Cynopolis et Busiris, Sotérique à Sebennute, Pininuthès à Phenegu, Cronips à Metili, Agathammon dans la campagne alexandrine.
AMemphis, Jean, fixé près de l'archevêque par ordre impérial. Voilà pour l'Egypte.
Parmi les clercs d'Alexandrie, ApoUonios prêtre, Irénée
Apologia c. Arian., 71 ; PG., XXV, 376 B-377 A.
prêtre, Dioscore prêtre, Tyrannos prêtre. Diacres : Timothée diacre, Antinoos diacre, Héphestion diacre. Enfin Macaire prêtre du camp.
On remarquera que Mélèce prend le titre d'archevêque, et se couvre d'un ordre impérial pour attacher à sa personne, avec le titre d'évêque, Jean, dit Archaph, destiné à lui succéder.
Athanase, racontant cette histoire après vingt-cinq ans, ne peut contenir l'expression de son regret \ On avait cru éteindre le schisme, on ne fit que le perpétuer. Mélèce mourant confiait la conduite du parti à Jean surnommé Archaph^, et l'esprit schismatique survécut.
Sur cette période primitive, nous possédons les versions contraires de saint Athanase et de saint Épiphane. Le moment est venu de les confronter.
Saint Athanase est uii témoin irrécusable • quant au fond des choses. Il parle d'événements qu'il connut mieux que personne, étant mêlé à l'administration de l'Église d'Egypte comme confident de l'évêque Alexandre. Nous n'avons pas le droit de suspecter son caractère. Quand il dit que Mélèce a faibli dans la persécution,