I^ DOOIIS OBEC, ^H
Science avec une majuscule, l.i Science entité id|^| physique, divinité nouvelle qui formule des dog^| indiscutables, la Science superstition en train de^| venir l'idole à la mode dans un siècle qui pQurJB ee prétend affranchi de toute idolâtrie. On ne cesa^| nous vanter la Science, de voir tout en elle et ^H tout attendre, et surtout de vouloir faire pasBer sfl son pavillon tout ce que noua pouvons constnfl d'hypothèses qui dépassent la portée actuelle A diverses sciences ou même toute portée qu'elles pufl sent jamais avoir. Du crédit justement acquis au ofl générique de • science », on prétend faire profiter S afârmalions dont la vérité n'est démontrable poun par aucune des sciences constituées, et qu'on n^H donne pour des révélations infaillibles d'une sciei» la Science, que personne n'a jamais vue et qui n'gfl au fond, qu'une fictiou métaphysique. H
Quel peut bien, en effet, être le sons de cette ezpifl siou : la Science? I
La Science peut qualifier, d'une manière génénfl
i celui qui sait ou la chose sue, c'est-à-dire le sujet fl
k l'objet du «avoir.
Mais ce n'est pas pouf désigner » celui qui sait », ce n'est pas comme synonyme de l'expression « les
[ savants >, qu'on emploie ce terme : la Science. On It: rapporte à l'objet même du savoir. Ou, ce qui revient au même, si par la Science on euteud les savants, ou suppose que les savants possèdent une connaissance complète de l'univers et de ses éléments, de ses phénomènes, de ses lois, de ses fonctions, de ses êtres et de ses relations prodigieusement variées et complexes,
LB DOOMB OHGC BT LA BCIBNCS. 493
el-gue, par suite, la Science, c'est la coanatssaace parfaite et la certitude parfaite, embmssaat et pëoétraat tout ce qui est.
Avec cette signification, évidemment, la Science n'est pas une science. Qu'est-elie donc? Existe-t-i! une chose telle que la Science? Il est impossible de l'affirmer sérieusement. C'est un pur idéal. Non seulement les sciences sont divisées tes unes d'avec les autres, ■ queltjues-LUes d'entre elles ayant une méthode et i d'autres en ayant une autre, quelques-unes étant liées I àe façon à ce qu'on puisse prévoir leur imité future, [ Bans rien forcer, et d'auLres ne le devenant que par poyen et l'opération d'une métaphysique dont ^tation reste facultative. Non seulement l'appli- It complète et systématique des sciences abstraites que Les mathématiques et la mécanique géh) aux sciences concrètes est un but de théorie Boe, dont la réalisation , parfaite sur quelques ^, est à peine ébauchée ou entrevue sur le plus I nombre, et nulle sur ceux qui nous touchent i près. Et non seulement l'unité générale des Kdences reste ainsi à l'état de pur concept. Mais enloore chaque acience expérimentale est à la recherche [de son unité particulière, pour laquelle une hypo- ' thèse est indispensable, et les parties mêmes ont aussi, bien souvent, leurs hypothèses propres inôvitaillea; et enfin on doit se rappeler que ces hypothèses peuvent tomber et être remplacées, puisqu'elles ne Sont pas des faits vérifiés et que les valeurs de probabilité & leur accorder sont matière continuelle de litiges entre les savants.
164 i^ BOBHB anse. ^H
Il ii'esiste donc encore, en fait, ni une philosof^f universelle de toutes les sciences, ni, pour chi^H Bcience, une philosophie de cette science qui soi^^| ceptée et reconnue de tous, ni par conséquent f^Ê science qui soit la Science. ^1
Il y a sans doute des philosophes qui ont eu la prétention de construire soit une philosophie complète des sciences, comme le positivisme d'Auguste Comte, soit une science universelle et achevée dans toutes ses grandes lignes, comme la doctrine évolutiouniste de Herbert Spencer; mais ce sont des philosophes; et c'est comme philosophes qu'ils ont travaillé à ces constructions, non comme savants. Bn les échafaudant, ils ont opéré à la manière de philosophes et non plus suivant les procédés grâce auxquels ils ont acquis, avec des méthodes spéciales, les vastes connaissances scientifiques qu'ils se sont ensuite proposé de mettre en œuvre dans leurs philosophies. Ils I ont pu ou ils peuvent se croire eu possession, chacua de son côté, d'un système de vérités total et irréfragable; et, avec une telle conviction, il est naturel qu'on prête à la philosophie à laquelle on s'arrête le nom de science ou des noms équivalents; science est alors synonyme de vérité. Mais ce n'est pourtant vérité qu'au jugement d'nu homme ou d'une école, et ce n'est pas assez, car l'expérience passée des systèmes et l'histoire de la philosophie nous défendent d'assimiler ces sortes d'œuvres persounelles aux travaux successifs et accumulalifs d'une suite desavants, dans un domaine limité, et aux résultats de ces travaux qui ont obtenu l'adhésion générale des travail-
L8 DOaHE atlMO BT Là. BOIBHOE.
ors du môme ordre, lares de coaQi'mation
an même temps qui; propres à la motiver.
tous les
ï construction comme celle qu'Auguste Comte
tée, de quelque nom qu'on La nomme, o'est t une science, puisqu'elle est individuelle et COQ-
, puisqu'elle porte partout les traces sensibles . préventions, habitudes d'esprit et iaclinalions
nielles de l'auteur. Qu'est-elle donc? un ensemble d'idées, d'affirmations et de raisonnements livrés à l'examen des liomraes compétents, un essai de cri' tique philosophique et scientifique. Cet essai, fruit d'un grand et!ort, est heureux ou malheureux, la question n'est pas là maintenant, mais il n'est ni une science ni la Science. Celle prétendue Science universelle est seulement la doctrine d'un penseur , exposée aux contradictions des autres et sujette à de fréquentes révolutions. Ces généralisations hâtives, ces vasles constructions comme le système de Spencer, doivent leur apparence sciecttSqtie à un prodigieux amas de détails empruntés à des sciences particulières mais, par leur méthode et leurs prétentions, ont tou-] tes les allures d'une métaphysique. Ce sont des mogonies.
La Science, ce n'est donc que la philosophie, quelle n'a pas encore trouvé les litres qui lui manquaient anciennement pour obtenir le genre de crédil qui revient h chaque science, constituée dans soi propre domaine. La Science, ce n'est qu'une philosophie h laquelle manque la conscience de ses incerl tudes.
D'où vient la création de celte idole : la Science'.
Elle s'espliquR de la manière suivante :
parliculières élaiU bornées Joublemeiit et du principes et du côlé des coiisiVjiiences on de h dernière de ces conséquences, les savants ont voul*" étendre leura diverses sciences au delà et en deçà i* leurs limites nécessaires (1) :
1° Du côté des fondements.
Les sciences particulières sont fondées et coQSlituées par l'établissement d'une méthode, de certaines donnéesinconlestées dans chacune, et de certains priocipes ou postulats préalablement posé^ dont la disoDSaion ne leur appartient pas. C'est proprement cela qui constitue le caractère scientifique, parce que ^ob3e^ valioa, l'induction et la déduction se mettent alon pégulièrementà l'œuvre dans une sphère déterminée. Aucune science, pas même la géométrie, pas mémB l'analyse mathématique ou la logique formelle, les plus abstraites de toutes, ne peuvent faire porter et ne font porter l'investigalion sur la nature, l'origine et
. de l'Enseignement, lei
De ni -Mondes, l5jiiUl. 1890.
}, plus encore que les aattas^
(1) Cf. Fouillùf ma.nitiB scientifi p. 310) : « Leahi ont besoin de
BODt portés, en effet, soit à dépnsser par leurs affirmations bornes de In connaissance , soit à introduire dans la sciuM mSine des hypotbtUes nié la physiques qu'ils présentent des vérités scioallfiques. La Science tend à devenir une Mffti do divinité nouvelle dont les savant!! sont les prophètes, dont le culte a ses intolérants... It faut donc que le jeuaï homme reçoive de la philosopliie... la notion des limites la connaissance scientifique ne peut franchir, ot au delà dM qHOlleE cOMcnenro le domaine de la croyance, f
* réalité de leurs pi'gpres principes s'existent ijii'à condition de les supposer, de les adneilre sans uxamen. L'examen, dès qu'il se produit, amène avec lui la philosophie , soit critique, soit dogmatique; c'est cet examen qui est la tâche et en partie le contenu de la philosophie, et non pas de la BCieiice ; et cet examen des fondements, des principes a'a pas eiicoie été constitué et généralement reconnu k la manière d'une science. Et pins il étend son domaine , jusqu'à embrasser l'ensemble de tous les prinji dpea des sciences — ou de tous les principes des '' choses, ce qui revient au même — plus il revêt nette- I ment, incontestablement le caractère philosophique : ne caractère d'œuvre de l'esprit, et d'œuvre person- .nelle, que ceux dont il n'obtient pas l'a pp rabat ion, ne peuvent manquer de nommer un caractère d'incertitade, quand ce n'est pas de kusseté.
2° Du côté des résultats, des conséquences.
Bornons-nous ici à parler des sciences inductives, physiques et naturelles, car au fait ce sont les savants aaturalisti's et physiciens qui ont le plus coutume de piToposer avec assurance ins théories plus ou moins hasardées que les fanatiques de la ScUnce opposent au seiiliment humaiii , aux espérances humaines, aux postulais de la raison pratique.
Les savants physiciens et naturalistes contemporains s'évertuent à regagner par Imiis résultats l'aL- BOlu qu'ils n'ont pu mettre dans les fondements de Wui'ii sciences. Celles-ci ne s'tilaicni réellement constituées qu'à la condition d'exclure de la recherche certaines questions, ijui seraient .'i résoudre les pi'c-
168 LB DOOHB aBEO.
mièreSy si elles étaient du ressort des méthodes scien- | tiûques. Sans celte renonciation nécessaire, elles n'auraient pas obtenu Tassentiment qui leur était indispensable. Mais maintenant que par de longs et méritoires efforts, par beaucoup de correction et de tenue et par des succès considérables, ces sciences ont obtenu un crédit dans le monde, leurs sectateurs actuels voudraient retrouver en elles et par elles ce qu'elles ont dû sacrifier à leurs débuts; et par le, ils tendent à les replonger dans Tincertaine philosophie, qui jadis retarda leur croissance. La solution des questions situées en dehors des cadres propres des sciences semble devenir le but des théories scientifiques et des efforts de ôeux des savants qui sont doués de Tesprit généralisateur et ne se contentent pas d'assembler quelques petits faits sous quelques sages lois soigneusement circonscrites et minutieusement définies. Ces questions sont celles que , d'une manière directe ou indirecte, la philosophie s'est toujours proposées, en vue desquelles elle a établi ou renversé des principes, et finalement mis à l'étude un point fondamental : le point de savoir au nom de quoi , sous quelles garanties, on peut poser un principe de connaissance vraie. Ce dernier problème, que nulle science n'a les moyens de discuter, puisque toutes doivent accepter sans discussion les principes même qui leur sont d'un usage particulier , des savants hardis le tournent par une sorte d'instinct, et essaient d'obtenir, pour les suppo* sitions de grande portée qui se présentent à eux au cours de leurs recherches , une confiance du même genre que celle qui leur est acquise pratiquement ponr
Lt DOOKI aSBO BI I.* BUIINCB.
leurs positions initiales, et qu'ils ont en général méritée eci ne faisant suivre eus dernières que de conséquences j'igoureiiPeiiiPiit liées, acceptables en eîleslêmes, et, si ce n'est immédiatement saisissables, au moins susceptibles d'une vériiicaljon ultérieure.
Ces savants seconduisent ainsi en gens qui tienneut à l'affirmation beaucoup plus qu'à la mèlbode, et à croire plus qu'à savoir; fanatiques d'incroyance qui croient toutes sorles de cboses à leur fantaisie, positivemeut ou négativement, et se font un drapeau de la Science^ quand ils ue peuvent se rattacher à aucune science , invoquer aucune vérité scientifiquement déterminée, régulièremeot établie et d'une façon compétente.
La Science , la Science synthèse totale et définitive des vérités de tout ordre, science unique, universelle, terminée dans toutes ses parties, la Science absolue, n'existe pas. Cette Science est un pur désir, une simple conception de l'esprit humain avide d'unité.
Ajoutons qu'il serait très fâcheux pour l'ordre moral que cette Science absolue existât jamais, car le postulat de cette Science absolue, sa condition et sa coO' séquence, c'est le déterminisme universel, la négation de la liberté sans laquelle la morale est impossible, Développons cette assertion.
Quel que soil l'objet d'une étude scientifique, il faut toujours ia diriger comme si le phénomène en ques< lion était le résultat nécessaire de certains phénomè-i - nés antécédents; car énuraérer ces antécédents el constater le lapport qui les eucliaîno , c'est expliquai le phénoîuèue , c'est édifier la science. Nous devons
donc nous laisserdirigerconiïtanimenl dans laedence par la supposition du délerminiBine. Le dètenuinismB est le principe même de rinductiou. C'est une thèsei priori; mais cet à priori se trouve être la condition de )a science. Toute science est à la recherche de relations d'une pleine et invariable détermination , et suppose en conséquence des relations de cette espèce en tout et partout où son domaine s'étend. Là où il serait permis d'admettre la production de rapports autres que fixes et prédéterminés, là où il n'y aurait pas possibilité de définir entièrement des phénomènes qui ne sont pas encore acquis, de tirer le particulier de la loi qui le renferme et de le prévoir, là il n'y aurait pas de science. Quand on pousse l'idée de science à l'universel et à l'absolu , on est forcé aussi d'embrasser la croyance au déterminisme causal absolu. Si la Science absolue était accessible à nos facultés et réalisable par nos méthodes, le déterminisme absolu serait une vérité {!). Eh bien ! le déterminisme absolu , il n'est
(1)<Len
c'est c
e le di-
lerminiEme, le dctorminismc scientifiqun.,. Est scientifique ce qui est déterminé... Est délerminé ce qui, étant le conséquent, a, dans l'antécédent, sa suffisante et indispensable condition. Cette invariable uoiformitù de s constante dans une longue série d'expériences v! qu'on nomme la causaliié scionllfiquc, La cause déterminant» i est très préciaéineat cet antécédent que le conséquent réclsme,* ( sans lequel le conséquent ne serait pas, qui no peut manquer, ' dès que le conséquant se montre; entre le conséquent fit I l'antécédent qui est sa cause, la liaisi:
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pas besoin d'insister sur ce point, est incompf avec la vraie morale.
Enfin, en troisième lieu, notons que la Science absolue, au fond, serait pent-être contradictoire. MM. RenoQvier et Secrélan ont montré d"nne pari qne le déterminisme rend la science infaisable ; que, s'il n'y a pas de liberté, la naissance, la formation, le maintien de la science sont impossibles ; donc que, sans liberté, il ne peut y avoir de science. D'autre part, le postulat de la science , c'est le déterminisme. La méthode même de toute science est de supposer le déterminisme de son objet. N'y a-t-il pas là contradiction? Non , ces deux données se concilient très bien, tant qu'il ne s'agit que de sciences particulières : la liberté est relative, il y en a assez pour rendre la science possible, pas assez pour la rendre impossible; le dëterttUDisme est l'elatif, il y en ^ assez pour permettre à lascience de fonctionner, il n'y en a pas assez pour U rendre incapable de naître et de se développer. SSttis la conciliation devient impossible lorsqu'il s'agit 'tie la Science absolue. Car la Science absolu a en traîne )a négation totale de la liberté sans laquelle il ne peut
&alitcs précises, quoique vastes; on découvre des lois de B plus générales qui ne sont, dans la chaîne des faits, M antécédents déterminant plus de conséquents ; la coude ces antécédents permet de prévoir i. coup sûr e permet d'axptkiuer . J'explique ceci en rattachant B tenant cela, je prévois que, telle condition 3ci suivra. Et voili romment science et détarc'est la mâme chose. » (01li;-L.i prune, La pliitosophie bmps présent, p. !JU-b1).
E DOOMB GKBO.
y avoir de science. D'n a côté, il faut de la liberté qu'il puisse y avoir au monde une chose telle Science, el d'un autre côté, une chose telle que la Science proscrit la liberté, èlabiit partout le délerminisme universel.
La Science absolue aboutit encore à la cootradiction d'une autre façop. — Que peut être en eflfet cette Science absolue, si elle n'est pas la vieille philosophie, avec ses prétentions à l'universalité du savoir et ait certitude, et avec usurpation de nom, puisque toutes qui s'est fait connaître et a gagné du crédit dans le monde , à titre d'une certaine science , a eu ce caractère d'être établi sur des princi^ies dont le savant ne se propose pas l'exploration ? Que peut-elle être, si elle n'est pas la désignation vagae et iuutile de L'ensemble des connaissances de toutes sortes, dites positives, ou des méthodes scientifiques prises en bloc, sans distinction? Ce qu'elle est? B!i bien! il faut qu'elle soit, — notez la contradiction, — il faut qu'elle soit laconnaùsance de toutes choses ramenées à lews principes, el
II' établissement de ces principes universels el antérieTtrs i tout par des méthodes dont le caractère commun est présupposer elles-mêmes des principes. Non ! La Scienca absolue ne peut pas exister; car si elle existait, rait la science de ce qu'on ne peut pas savoir. Laissons donc do côté la Science entendue comm? science absolue, comme universel abstrait et idâaL Que peut bien être alors la Science ?
Nous l'avons déjà indiqué eu passant : elle se rëdiû] à être uQ ensemble de véi'Kés particulières distribuée^ dans les divers domaines des sciences,
us Doaiu QBio ^t bien; maie alors toul penseur ou tout écriraÎD ! réclamera de la science pour donner cours h. e proposition qu'il croit vraie, à une proposition de l'ordre moral, par exemple, ou à une thèse relative à la question des origines premières, devra être sommé de nous expliquer dans quelle science et dans quelle partie de cette science se trouve cette proposition, et quel droit elle a à se distinguer des hypothèses; car chacun sait que toute science portant sur des objets de l'espérience a ses hypothèses qui lui servent de moyens de travail et fournissent en quelque aorte des stations et des lieux de repos à l'esprit. Mais les personnes qui se servent du mot magique la Science pour autoriser leurs préjugés ou leurs systèmes, ici pour i^utenir des négations qui ne dénotent que l'état de ;JeiirE esprits et la nature de leurs passions, là pour mettre une doctrine hypothétique en somme sous le couvert commun des vériléa acquises à l'expérience oa à la logique, et dèfliiitivement confirmées, ces pereonnes sont incapables de subir victorieusement l'épreuve, et de désigner le chapitre de science où leurs assertions sont contenues. La justiCcation de leurs alErmatioiis et manières de voir, sitôt qu'elles l'entreprennent, a le caractère d'une philosophie, d'une doctrine générale échappant aux domaines des sciences, soit par la nature, soit par l'extension hypothétique et ultra-inductive des thèses soutenues.
Donc, noua connaissons les sciences, mais nous ne 'connaissons pas la Science (1).
(1) ■ On dit volontiers la Science , comme vûlonliors on dit
Que penser, dès lors, des .iffirmatiousdeMM, Sabatier et autres qui signalent parmi les cius ceptibles de faire varier les dogmes le progrès d( Ecieaces? On dit et répète : le dogme traditionnel a exprimé la foi chrélieune avec les idées scieutiflquM du temps où il a été formulé. Depuis lors, la science a marché. La conséquence en est que le dogme d'une époque est devenu incompatible avec la science dn siècle suivant ; il faut donc le reviser ou le refaire. H n'est pas possible en effet que l'Eglise s'obsUue à répéter solennellement des formules en désaccord direct avec la science positive de notre temps. — Nous croyons qu'on exagère singulièrement la part de ta science dans la formation du dogme. Mais il est biea évident que s'il y a des dogmes à la rédaction desquels telle science particulière ait coopéré, ces dogmes ug sauraient faire autrement que varier pour se conformer aux progrès scieutiSques.
Les faits rédempteurs et rénovateurs du christianisme, avec leur interprétation primaire, éctiappenC à cette cause de variabilité. La Science ni les sciencai n'ont rien à y voir. Qu'elles progressent et multipli leurs découvertes, elles ne sauraient touchera ces b)
l'Art. On aime .
maiae. Noas l'ai
lettre capitale, le
puissances qui ii
Je dirai, non pas In Science, mais les sciences niBtlièmatiqi
et physiques. Cela ôte le prestige, et c'est plus sur. C'est b
net, et je vois tout ila suite ce que je nomme, o (Ollé-Lapruoi
La philosophie et ie temps présent, p. 66).
sonnifîer ces produite de raclivitë lu vM plus haut , la nom tout court avec . hors de pair, au taag des lieux ou in .1 le monde. Je mo défie : c'est légîtim
LE IKMiHB OBEO ET U SOIEKOE.
aidamentales de la vii3 teligieuse; elles se meuvent bas un monde différent. 11 y a bien une Sciencequi ' prétend émettre des décisions sur ce domaine. Ainsi, pour ne citer que quelques exemples, bien des geng aujourd'hui condamnent, comme èlant incompatibles avec les données de la Science, la création, la liberté de l'homme, le surnaturel. 11 est bien certain que ces négations, si la Science avait réellement le droit de les prononcer, emporteraient la négation des faits rédempteurs avec celle des bases de l'ordre moral. Mais quand la science se permet de tels oracles , elle cesse d'être science positive pour devenir philosophie ou métaphysique. Ce sont des hypothèses non vérifiées qu'elle érige en axiomes. Que cette confusion soit souvent faite, aujourd'hui même, entre les résultats positifs des sciences et les explications ou suppositions des savants, la chose est certaine , et c'est k t>on droit que M. Kaftaa adresse à ce propos une leçon bien faite et bien méritée à M. Dreyer (1). Laacieucemoderue, dit-il, n'a pas d'autre prétention que d'acquérir une --. connaissance positive du monde, des faits réels et nts qui s'y produisent. L'expérience et jérience seule est le fondement sur lequel elle Iplace... C'est là-dessus que repose la sûreté de [résultats, mais aussi leur portée limitée. La ince positive ne peut pas prononcer le dernier mot pe doit pas prétendre à le faire. C'est seulement «'un point da vue supérieur, embrassant la totalité de I la vie spirituelle, qu'nn jugement exact peut être pro-
i Dagmn, p. 4i.
nonce sur la science elle-même, vérité de ses résultats.
En fin de compte, la. Science ii'existant pas en ( lité, ou conçoit quel instrument commode de d tion et de négation elle constitua. Elle peut sen rejeter les dogmes grecs, certes, aussi bien qu'iil pousser n'importe quoi, au gré d'un chacun. Matffi comprend aussi qu'on peut tenir pour nulles et i aTeuues les phrases, si belles ou si énergiques s elles, où le dogme grec est aussi impitoyablement ■ superficiellement et faussement condamné au noid la Science.
Quant aux rapporta des dogmes grecs aveo^ sciences, ils coDslitueut toute une série de questi qu'il est impossible de trancher h priori d'un 1 coup, tout autant de cas particuliers dont chacut réclame un examen et un jugement spéciaux (1).
(1) Voir l'Appendice II : Philosophie et S