‹ Le dogme grecChapitre 15 sur 15 · Un philosophe est tenu à un peu plus de respect · texte numérisé non relu

Un philosophe est tenu à un peu plus de respect

IB de la philosophie grecque — et à un peu moins

s particulières, on nous

a d'ajouter ici quelques rëflexioDs et de leur doo-

8 cet appendice, un caractère un peu général, au

! paraître nous écarter de notre sujet — ce qui

bmt n'est pas le cas.

Kdogmes, pour nous, sont des doctrines, des crojao-

I nature métaphysique, philosophique. Il importe

L noire point de vue, de noua J'endre compte des

I de la, philosophie avec la science ou avec les

248 LE DOGME QRBC.

La Science n'existant pas , il ne peut pas être question du rappoi*t de la philosophie avec la Science. Toutes les fois que Ton oppose la philosophie à la Science ou la Science à la philosophie, en y regardant de près, on peut s'apercevoir qu'on oppose soit la philosophie à telle ou telle science particulière j soit une certaine philosophie qu'on nomme la philosophie à. une autre philosophie qu'on intitule inexactement la Science,

Il n'y a pas à étudier les rapports entre la philosophie et la Science pour la bonne raison que, ou bien il s'agit des rapports d'une philosophie avec une autre philosophie, ou bien il s'agit des rapports de la philosophie ou d'une philosophie avec les sciences particulières.

Voilà donc, d'une part, la philosophie; d'autre part, les sciences particulières, bornées, restreintes à certains domaines, les sciences relatives à certains phénomènes et à certaines lois définis et constatés dans toutes les sphères que les faits eux-mêmes nous ordonnent de distinguer et d'étudier séparément^ les sciences reposant sur des principes assez abstraits ou assez universellement admis pour servir de fondement inébranlable aux méthodes et aux investigations, indépendamment de l'étude intrinsèque dont ils peuvent être les objets pour la critique philosophique, les sciences armées des inductions et produisant des hypothèses — mais des hypothèses et des inductions envisagées avec la valeur de probabilité variable qui leur appartient, tantôt énorme et tantôt assez faible.

Quelle est la position de la philosophie en face des sciences ?

La philosophie, tout d'abord, nous allons le voir, n'est pas une science.

Bf B n'y a pas jjlua d'iiccoi'd actuellement entre les phîloloplies que jadis, tandis que l'accord s'établit toujours avec le temps entre les horumes àa science dans les diverses

a) Aujourd'hui, comme au tempa des sophistes, on i-eproche aux philosophes de n'être pus d'accord sur les principes mêmes de leur prétendue science, sur l'objet qu'elle étudie, sur la méthode qu'elle doit employer, sur les résultats définitif qu'elle a pu obtenir. Nous conte nierons- nous de cetle réponse banale que ce reproche vient d'une vue superGcielle des choses, et qu'un regard plus pénétrant démêle riiarmonie sous l'apparence de la contradiction? Nous en contenterons-nous, lorsque, en fait, nous voyons les philosophes remettre perpétuellement toutes tes doctrines en question , et se demander, tantôt si le libre nrbitre est une appnrcnce subjective ou une réalité, tautùt sila loi de causalité est un principe nécessaire ou une habitude d'esprit, tBDtôt si nous voyons les clioses telles qu'elles sont ou seulement telles qu'elles nous ap|iaraiasent? V a-t-il un problème qui soit véritablement résolu, lorsque sont pendants ceux-là mêmes qui dominent tous les autres?

Depuis plus de deux luille nus, les philosophes ne font pas autre chose qu'admettre les uns une âuie immatérielle, les autres une àme corporelle ou une matiëre apte à produire la vie et l'intelligence, sans âmes; démontrer, les uns l'existence d'un Dieu créateur par a -f- b , les autres par a -|- b également celle d'un être impersonnel, éternel, tivec la même rigueur prétendue; d'autres encore invoquer la nécessité de s'en remettre â la révélation et. à la foi poui savoir que penser de l'objet eu litige.

Les philosophes de tous les temps ne font guère autre I que de contester les principes les uns des autres, en | rchant , chacun pour son compte , un point de départ I

250 LE DOQMË GREC.

dans celle des vérités qui lui semble la moins attaquable, mais qui est pourtant attaquable et attaquée.

Cette prétendue science a donc Tinfirmité singulière d*en être , aujourd'hui encore , à chercher sa voie , à attendre une vérité de quelque importance qui soit universellement admise. Toute thèse philosophique , dès qu'elle s*élèvc par elle-même ou par ses attaches à une réelle importance, trouve toujours des contradicteurs, et cela, tout spécialement, parmi les hommes compétents qui ont le plus étudié la matière. £t si elle est de celles dont la portée théorique ou pratique est la plus grande, on constate que les philosophes se sont partagés en deux camps opposés sur chaque sujet, depuis le moment où chaque question a été posée clairement jusqu'au moment où nous sommes.

Il est certain que, de fait, si Tidéal de la philosophie, si son ambition , son but , son programme , c'est d'être une science, la philosophie n'a pas réussi jusqu'à ce' jour; car, s'il y avait un système en possession de l'évidence qu'ils s'attribuent tous, ce système régnerait seul, et l'intelligence aurait obtenu la paix.

h) Non seulement il n'y a pas accord entre les divers systèmes philosophiques actuels, mais, — et ce manque d'accord est intimement lié au précédent, — il n'y a pas accord entre les divers philosophes sur la façon d'interpréter et de comprendre l'histoire de la philosophie. L'histoire de la philosophie est l'objet des exégèses les plus diverses. L'un la construit étage par étage , de manière à en former un édifice harmonieux et solide ; l'autre estime que l'ancienne physique grecque est, en sorame,^WHérieure à toute la philosophie ultérieure , laquelle n'a ou d'auirp i'ôle que de montrer l'impuissance de la méthode subject^*^^^®^'^' dre le but objectif, judicieusement posé par iesNçBnjiers physiciens. Tel autre met hors de pair l'antique Iléî*'^^^' pour avoir entrevu l'identité de l'être et du non-étrt^

iâktéiîalîstes ne voient pas que la pbilosuptiie proprcmenl

[dite ait fait des progrès essentiels depuis Dëmocrite. Les

F.f)anthëi8le9 trouvent l'hylozoïsrae aatii^ue très supérieur au

'dualisme cartésien. Chacun, en un mot, s'attribue le droit

L 4'spporler à l'étude de Tlilstoire de la pbiloaopbie ses opî-

■ personnelles, et place l'apogée de la philosopbie à. ce

, voisin ou reculé, de l'espace et du temps, où s'est

3 la doctrine qui lui agrée le plus. Ceu«-ci voient

l.rhîBtoii'c de la philosopbie uoc évolution continue,

e cbaque système est engendré par celui qui l'a

idé çu ceux qui l'ont précédé, et qu'il est gros de tous

li le suivront; ceu;i-là affirment qu'on peut formuler

s problèmes essentiels et fondamentaux de la pUilo-

n cerlain nombre de questions telles que tous

jlatèmes viennent rëpoadre l'un après l'autre, sur cba-

MÎnt, par un oui ou par un non.

B désaccord fondamental des philosophes se mani-

e autre façon encore, par les différentes interpré-

. les interprétations contradictoires d'un seul et

; système par diverses personnes. Bi la philosophie

ijourd'hui ejicore, pleine de mystères,

1 dire que le système de Kant soit unifuimément

is? Des philosophes ne sont-ils pas venu», se don-

r les réfoimateurs du kantisme et cheicbaiit à

e les piincipes du maître ont Lté faussés par ses

teualeurs, et que c'est le léalisme, non lidcdlisme, qui

fffruit légitime de la ciitique kantienne' Nous voyous

r pour Kant, comme pour luus les grands philoso-

L i& loi qu'il a posée lui-mâoie à propos de l'objet de

teonnaissances : cbacun y trouve, en définitive, ce qu'il

sherche , chacun y voit ce qu'il y met. Le texte qui nous

Wt offert demande à être interprété par un esprit; et l'es-

Ml n'y rencontre point ces formules et ces raisonnements

t scientifiques, qui encliainent sa liberté. Eu

252 LB DOGME aRBC.

déi)it des efforts d*un Spinoza et d'un Hegel, la philosophie n*a nullement atteint, même chez eux, cette évidence des principes, cette précision, cette clarté, cette rigueur de déduction, cette forme abstraite, exclusive des images et des métaphores, qui caractérise les expositions scientifiques. d) Le désaccord des philosophes est un fait. Voudrait-on le contester, le nier? on ne ferait qu'en démontrer encore plus la réalité. Car alors nous pourrions dire que les philosophes ne sont pas même d*accord sur la question de savoir s*ils sont ou non d'accord.

La cessation de ce désaccord est chimérique. L'espérance de l'accord futur de tous les philosophes dans une seule et môme doctrine est vaine et futile.

On voudrait que pour les thèses philosophiques, comme pour les vérités scientifiques, l'accord se fasse chez toas ceux qui s'occupent do philosophie? Que l'on songe seulement aux conséquences qu'entraînerait cet accord.

De quoi les hommes pourraient-ils encore disputer s'ils étaient parvenus à l'unité philosophique ? N'est-il pas manifeste qu'une telle supposition implique un accord dans tous les principes , tant théoriques que pratiques? Et l'accord dans les conséquences et les applications n'en découle-t-il pas , de telle façon que toutes les questions susceptibles d'être rattachées à des principes et à des thèses de philosophie, c'est-à-dire toutes les questions possibles intéressant l'ordre du monde, la société, l'homme individuel, et la conduite, seraient dès. lors solubles, et bientôt résolues par la simple méthode déductive? Quiconque voudra réfléchir à cette hypothèse, s'il n'a pas de fortes dispositions pour l'utopie , s'il ne se flatte pas de la possibilité de réaliser l'harmonie humaine au moyen d'une autorité extérieure et oppressive — ce qui ne serait d'ailleurs que substituer à la vérité librement consentie de tous la vérité de convention de quelques-uns, ou le mensonge — ou s'il

^^^Bb une convictioD mystique de la propriété qu'aumit ^^B^é d'aller d'elle-même à l'Iiiinnonie dans la suite dus 90p9, conviendra que l'accord philosophique gëoëral dont l'idée vient d'être indiquée, est en soi bien peu vraisemblable, outi'e que l'eupérience entière du passé ne peut lui attribuer qu'une chance calculée excessivement faible.

Or, justement, ce qui constitue pour les sciences le fondement de leur certitude, c'est la consenius de ceux qui, eu étudiant les aciences, suivent la marche de leurs inventeurs et de leura continuateurs. Les faits d'une espèce ou d'une autre, extérieurement ou intérieurement perçus, les rapports de choses et les rapports d'idées, dont l'emploi comme données ou instruments ou règles est requis, et dont la démonstration est absente, ce sont des bj'pothëses, des postulats. Chaque science particulière eBt une construction élevée sur un choix convenable d'hypothèses. Chaque science est une construction élevée sur lin choix convenable de représentations accompagnées de croyance. Pour que cette science subsiste, il faut qu'elle ait une méthode propre à maioteoir, au cours de son développement logique ou oxpériracntal, une méthode admise de tous les savants qui s'occupent de cette science et appliquée par eux tous. [I faut qu'elle puisse invoquer l'adhésion canstante de ceux qui ont déjà accepté ses positions ini- . âsles, qui gardent cnlre eux la convention de ne pas les J sânmettre à l'examen, et qui sont convenus de partir de 1 hypothèses, de ces postulats et de procéder avec une I lioe méthode définie. Le carau:ère d'une vérité scieatl- Iqne , quelle que soit la classe de sciences à laquelle elle ^partienne, consiste eu ce que l'adhésion de chacun est Miteoue pour elle , à la simple condition que celui qui étudie la science en question suive et comprenne celui qui {renseigne, dans un certain enchaînement de raisonnements, 9u d'expériences susceptibles d'être répétées à volootë,

Bans qae la résistaDce de Tesprit se troure éveillée, oi poarœ qu*on lui demande explicitement ou implicitement d'admettre, ni pour les conclusions qu'on en tire. De là naît, dans les sujets scientifiques, une autorité sui generis^ après que l'adhésion générale de ceux qui ont suivi la marche régulière d'une certaine étude est avérée.

Concluons donc que la philosophie n'est pas une science, faute de présenter le caractère externe de tout ce qui porte le nom de science : à savoir la propriété de- réunir dans des connaissances acceptées en commun, comme réelles, ceux qui l'étudient.

2<» Le propre d'une science, c'est de progresser : la philosophie ne progresse pas véritablement.

Cette idée, nous l'avons déjà indiquée au cours des ob* servations précédentes; il était difficile de faire autrement; mais elle mérite qu*on y insiste d'une façon spéciale.

Si le progrès est quelque part, c'est dans la succession des travaux scientifiques. Les choses se sont arrangées, entre savants, depuis deux siècles et demi environ, de manière à instituer une espèce de communauté et de continuité pour la recherche, la découverte, la vérification et l'enregistrement des vérités dans les sciences naturelles et dans toutes celles qui tiennent de l'histoire. C'est comme une association spontanée qui obtient en grande partie les résultats qu'on pourrait attendre d'une organisation systématique du travail entre contemporains et entre généralions successives. De cette libre entente et de l'accord établi sur certaines suites d'affirmations, il est né un progrès dont nous voyons se dérouler devant nous les anneaux. Comme le disait Bacon, multi pertransibunt et augebitur scientia. Quand une science a trouvé sa méthode, à dater de ce moment elle procède à se former et à s'acci'oître par les efi'orts , même spontanés et sans entente préalable, de tous ceux qui suivent cette méthode.

ira une science, il faudrait que la philosophie ar- S'acoroltrc de la même manière que les autres I, et à ae développer cooatammenl, au lieu decominencer chaque fois à nouveau dans chaque ifite, et ensuite le s'y terminer. Unis chacun, à chaque fois, reprend le loat d'aue construction déjà faite.

Les Bciencca [irogressent et In philosophie ne progresse pas, A travers lous les progrès des sciences positives, la ^upart des grandes aokitions essayées, même par les an- <»ens philosophes, sont, en somme, dans leurs principes flsseiitiels, demeurées possibles. Sans contredit, la forme et l'expression de l'bylozoïsme, du mécanisme ou du dua- [isme ne peuvent demeurer ce qu'elles étaient cbez un ïbalës, un Démocrîle ou un Platon; mais aujourd'hui encore, on voit des pbilosopbes ramener les cboses soit à bne foi'ce intelligente et en même temps inconsciente, qui rappelle la matière vivante de Tbalës, soit à une pluralité Infinie de forces aveugles qui rappelle les atomes de Dé* tDOcrite, soit â une opposition du réel et de l'idéal qui rappelle le platonisme. Justgue ubez les philosophes tes plus rarsés dans les sciences positives et les plus soucieux de inettre leur métapbysique en accord avec les faits, nous voyons se produire des théories qui, dégagées du leur enveloppe scientifique, ne diffèrent guère des théories anti> quea que par uit degré supérieur de précision, de méthode et (le développement. Il est clair que la sélection s'exerce beaucoup moins dans le domaine de la métaphysique que dans celui des sciences [lositives. Quel critique circonspect oserait préjuger les opinions pbilosophiques d'un homme l'aprés ses counaissances scientifiques?

Il n'y a réeltemecit pas de progrès constaté par le fait BD pbilosopbie, quant au fond, et quant à la méthode lie rechercber l.i vérité. Une telle constatation exigerùt l'entente uctUL'Ile des pbilosuphes sur lea ciuq ou sis

256 LB DOOMB ORBC.

grandes questions qui dominent toutes les autres et sont aussi disputées que jamais. Il ne faudrait pas objecter ici que le dogmatisme hégélien, par exemple, ouïe criticisme, ou telle autre philosophie, ont cependant leurs théories pour interpréter l'histoire de la philosophie et marquer des étapes de Tavancement de Tesprit dans le sens de la méthode qu'ils estiment vraie. Ces théories font corps avec la philosophie qui les motive , et il est naturel qu'au point de vue de chaque doctrine on se livre à uoe recherche sur les conditions historiques qui en ont fsforisé, ou retardé, et définitivement amené — à ce qu'on croit — Tavènement. Mais cette doctrine elle-même reste od sujet de discussion.

La constitution scientifique de la philosophie a souvent été rêvée : ce qui tend à montrer qu'elle n'existe pas. Les réformateurs ont visé à l'obtenir en réalisant certaines conditions qu'ils estimaient avoir été manquées par ccox qui avaient spéculé rationnellement avant eux. Trendelenburg demande que la philosophie devienne l'œuvre successive et collective des penseurs : c'est facile à demander, mais non pas à obtenir. Kant lui-même a fornoellement exprimé la pensée que la philosophie, telle qu'il entendait la constituer » devait après lui élever son monument comme une œuvre coopérative des philosophes; et, par une illusion bien compréhensible d'inventeur, il a cru cette œuvre prompte et facile : l'événement a montré combien il s'était trompé.

C'est cette absence de progrès qui donne à Vhistoire de k philosophie pour le philosophe une valeur que n'a pas Vhistoire de la science pour le savant. S'inquiète-t-on beaucoup aujourd'hui de la manière dont Euclide démontrait les éléments de la géométrie? Songerait-on à étudier la mécanique céleste dans Newton, la chimie dans Lavoisier? En matière scientifique, on n'a recours aux ouvrages des inventeurs,

^^^B) l'on espère y trouver quelque indication non encore ^^Hoitée par les successeurs, Quant nux parties qui sont ^^Bomaine public, c'est chez les savants les plus récents ^^Hn eu cherche l'exposition ; et le vulgarisateur moderne ^^^BoinB original sera, k cet égard, préfère k Newton. Si la ^^^Bsophie est une science, elle est toute dans les systèmes ^^Hels, dont les systèmes antérieurs oe sont que les inFormes ^^Bbcbes; connaître la phitosopbie actuelle, c'est, à fortiori, Koanattre tout ce qui. dans les piiilosopbies passées, mérite I d'être connu. Eh bien ! nul n'osera dire pourtant qu'il faut I effectivement renoncer à étudier la philosophie elle-même I dans Platon ou dans Aristote, ou dans Descartes ou dans ' Kaut.

3° Comme nous avons déjà eu l'occasion de le noter dans ce qui précède , — mais il convient de le répéter et d'y insister, car c'est le point capital, — il n'y a pas dans la philosophie de point de départ fixe, universellement reconnu par tous les philosophes, d'où parte chaque philosophe, — ce qui est pourtant la condition même, la condition essentielle d'une science.

Le signe commun auquel se reconnaissent les diverses sciences constituées est en eflet celui-ci : elles ont toutes des principes qu'on leur accorde, qui ne sont pas contestés chez elles, parce que chez elles ils ne sont pas cxaminëa. Elles ne peuvent donc pas être des sciences de leurs propres principes, avoir pour obiet d'investigation cela même dont l'.idmîssion est une condition de possibilité de leurs investigations.

Les sciences ont toutes ce caractère, et ce grand avantage quand il s'agit de constituer d'un commun accoi'd leurs oiëthodcs, qu'elles acceptent des données d'ordre universel et pratique, d'une part, — des procédés logiques, de l'autre, dont elles ne se proposent pas, quant à elles, de soumetti-e la vraie nature à. l'investigation i et toutes les queslioDS'

258 LE DOOMB ORBC.

dites philosophiques qu'on peat , qu'on doit même ailteora soulever, concernant les choses ou les êtres qn'^es étudient, ou les méthodes qu'elles suivent, elles n'en ont care.

Ce que les sciences ont de certitude ne repose pas sor la certitude de leurs fondements , mais au contraire sur ce que cette dernière certitude est soustraite à l'examen ; plus que cela encore , sur ce que ces fondements ne sont pts môme soumis par les savants à l'investigation à laqudle tous les objets proprement scientifiques le sont, quanta leur nature ou à leurs causes. Rien ne paraît plus clair à qui veut bien réfléchir un instant seulement sur rétablissement pour ainsi dire constitutionnel de chaque espèce de sciences; et cette vérité montre bien quelle a été la grande méprise des positivistes , quand ils ont cru pouvoir faire sortir une philosophie de l'ensemble de ces disciplines qui, séparément, n'explorent pas leurs propres notions en tant qu'universelles ou philosophiques, et qui, mises en faisceau, ne peuvent recevoir une interprétation commune que de cette philosophie même qu'on veut tirer d'elles.

Donc , dans les sciences , d'abord les principes que Ton convient d'adopter; puis les déductions tirées de définitions et d'axiomes ainsi soustraits à la critique philosophique, et obtenues par l'emploi du principe de contradiction et de la logique commune, sur lequel il ne s'élève non plus aucune contestation.

Voilà où en sont les sciences, et voilà où n'en est pas la philosophie.

Nous avons vu le défaut d'entente commune des philosophes en tout temps et l'absence de progrès réel dans l'histoire de la philosophie depuis ses origines jusqu'à nos jours. D'où viennent ce défaut d'entente et cette absence de progrès ?

Ce n'est assurément pas sur l'emploi de la logique comme telle et la valeur des raisonnements formels que porte la

StopUle. L'examen de toutes les controveraes, au raoiiiB de oellea qui ne aonl ni d'un cAté ni de l'autre de simples ergoteries, montre qu'on parvient sans trop de peine i ae mettre d'accord sur ce qui résulterait légitimement de l'admiBsion de telle ou telle proposition servant de pi-émiase ft an syllogisme; mais 11 se trouve qu'en poui-suivant correcteneat la discussion , on arrive A certaine proposition de ce genre, que l'adversaire n'admet pas et qu'on est impuis- 8>nt à lui démontrer à l'aide d'une autre qu'il admette. Si la dernière invoquée, car il faut bien s'arrêter quelque pari, ae présente comme un apriorisme , on est d'autant moins forcé de l'accepter k ce titre que le nombre des philosophes est grand qui ne reconnaissent aucune vérité indépendante de l'expérience et qui n'en soit originaire. Si elle »o présente comme une induction, toutes les méthodes ' empiriques échouent k donner In raison et à définir ' nraclëre de légitimité d'une induction que l'on transforme 611 une proposition uiiiveraellement et absolument rniie, Certaine pour tous les cas où on n'a pu encore la vérifier, et . pwr ceux où on ne le pourra jamais, I Ainsi , on n'est pas d'accord sur les principes en philo- ^«pbie.

r O'eat que ia philosophie, par essence, n'admet aucun principe qui ne soit pour elle un sujet d'exploration, et, par conséquent, de doute possible ; elle entend ne reposer que aor elle-même, et son but est de se donner des fondements ttiternes au-dessous desquels elle oe puisse pas en concevoir d'autres. Si elle était un science, elle serait donc la leitrtee des principes.

Quand on s'enquiert des définitions qui ont été formellettjent proposées pour la philosophie comme science objective, au moins possible, on s'aperçoit qu'au fond ctlea rol^tennent toutes à poser pour fin de la pouraulte les premiera AriDcipeg et les premiéi'es causes qui, s'ils étaient connus^

260 LB DOOMB ORBC.

permettraient d'obtenir par déduction la connaissanoe de tout ce qu41 y a de nécessaire et d'universel au moode. Toutes les différences ont porté sur le choix du point de départ et sur la méthode d'investigation, tantôt plus naturaliste et tantôt plus intellectualiste. Mais, soit que les objets sensibles et les données de l'expérience externe, ou qae la pensée elle-même et les concepts fussent mis en première ligne de la matière d'étude et de spéculation du philosophe, il a toujours fallu, quand les doctrines opposées se sont produites , qu'on en vînt à reconnaître, — à moins de renoncer à la communication des intelligences, — que l'^toblissement des premiers principes ne pouvait être que la proposition des premières thèses pour lesquelles on réclamait le consentement des penseui*s. La fondation de la science projetée dépendait de ce consentement , c'est-à-dire d'une condition qui n'était pas remplie. Kant demanda qae puisqu'on ne s'accordait pas sur les propositions premières, puisqu'elles étaient toutes sujettes à objection, puisque les premiers principes ou connaissances étaient matière de doute, on reprit toute la philosophie en sous-œuvre et qu'on étudiât les conditions de la connaissance en général. Mais Kant ne vit pas assez que, même pour exécuter ce nouveau plan, il était forcé d'appuyer ses raisonnements sur des principes qu'il ne démontrerait pas, et de réclamer pour des propositions premières une adhésion qui pourrait ne pas lui être accordée. De fait , ses disciples eux-mêmes en ont rejeté plusieurs, tantôt les unes, tantôt les autres, et il n'a obtenu l'adhésion générale pour aucune.

Bref, aujourd'hui comme autrefois, la philosophie est une science projetée des principes, où que les principes soient cherchés par les différents philosophes; et ces principes, avant d'être posés dans leur matière, doivent passer par la forme de propositions soumises aux penseurs; et comme les penseurs ne s'accordent pas mieux qu'ils ne l'ont fait à

iques de la liberté de l'esprit, l'eapéraace de la philosophie la Science ou même simplement une ce n'est qu'une espérance toujours trompée, philosophie est condamnëe à tourner dans le cercle doctrine obhgéo de justifier ses propres (ondcmentS} titre de connaissance logiquement première et unitUe, il faut que nul principe et nulle donnée ne lui semen avant ni en dcihors de son domaine. Ou peut lare de là qu'il existe, pour les sciences, des failsà''or- I, intellectuel, ou physique, à accepter en bloc et inSance, lA où pour la philosophie, il n'y a que sujets lalyse, sans commencement ni fin possibles, et entasseits d'énigmes. — La philosophie doit se cvéer elle-même pointa fixes, une origine, un but, et définir clle-m< le seule , toutes ses matières.

Concluons : ou qu'on assigne un commencement universellement reconnu pour la philosophie, ou qu'on avoue que la philosophie n'est pas encore cultivée comme science.

Cela posé, il ne faut faire aucune difficulté de reconnaître que la philosophie, la morale même qui en est la partie la plua étroitement liée à la pratique, sont propices \ recevoir Boe forme scientifique et à se développer en maniËri tliéorios, sur des données, des observations et des pr pes, à l'aide de conséquences régulièrement déduites et de propositions exactement Formulées. Voilà donc bien, en uq eei-tain sens, des sciences, et ce n'est pas parce qu'elles impliquent des bj'potlièses qu'elles cesseraient de mérite^ le. nom de sciences, puisque toutes les théories en compoiy leol également. Ce n'est pas davantage parce que ces hypo* thèses attendent ou reçoivent une vérification plus oir moins probable de la part des faits qui se produisent et dea esprits qui les contrôlent : cela aussi se voit à diven degrés dans les sciences naturelles, et môme mathémati-

262 LB DOGME ORBC.

ques. Non. Mais c'est que les principes, dont l'accepUtin commune par tous les philosophes est uqc coaditioo pour faire de ces études aux formes scientifiques de véritables sciences, ont été incapables jusqu'à présent, et paraissent devoir l*étrc longtemps encore, de s'attirer le oiême assentiment naturel indiscuté, invariable, qu'obtiennent les principes et données premières des sciences particulières. En ce sens, la philosophie n'est pas une science, mais hi collection des divers systèmes philosophiques est comme une collection de plusieurs sciences entre lesquelles les penseurs sont appelés à choisir en suivant des impulsions ob le cœur prend autant ou plus de part que Tesprit. £t c'est justement parce que la philosophie est ainsi plusieurs sciences, si l'on peut parler de la sorte, qu'elle n'est pas une science.

Ce qui est vrai de la philosophie l'est éminemment deli morale, cette branche essentielle de toute philosophie qai veut se distinguer des sciences particulières , et avoir à dire à l'homme quelque chose de plus qu'elles. La morale, si théorique qu'elle puisse être en sa construction, se compose, au fondi de certains éléments tirés de la raison pratique; il est donc inévitable que ses principes soient aperçus différemment selon que l'agent auquel on la soumet sent la vie et la passion et se rend compte de Tobligation. Les hommes ont entre eux plus de similitude dans l'appréciation des objets mathématiques que dans celle des objets physiques, et dans celle des objets pbysiques que daos celle des objets intellectuels d'ordre général, et de ceux-ci que des objets moraux : la différence va à la fin jusqu'à celle du bien et du mal, celui-ci étant comme celui-là qualifié de bien par l'agent qui s'y porte.

De là procèdent nécessairement l'existence et la diversité des écoles; de là l'impossibilité actuelle d'une science unique, ou communément reconnue et cultivée sous le nom

>pbie (1). Dans l'état de choses que dou9 vayoas, l philosopbique et morale ne doit pns paraître à

jiard, pour des raisoi

is différentes de celle:

liquéea ici, établit a

VBc forco ot noltatà,

!lir la Science potiti

ve et la mètaphysiqt

i. hriéve

f quelques-unes de ses déclarations : " La science posi- I propose, en décomposant l'expérience actuelle. <Io r l'expérience future, c'est-à-dire do détertainer les I phénomènes et les rapports relativement simples, les uns aux autres.

^t conclure de là que la nictapbysique qui vise, au con- ^ à détorminer la nature do l'absolu et ses rapports avec B relatives, n'est pas une scionco au sons positif du B (p. 53). — a Science positive et métaphysique sont sait distinctes... La science et la métaphysique n'ont objet, ni les mûmes procédés, ni le mémo but, ni e; partant, elles n'ont rien à s'emprunter l'une à icience ne peut pas plus conduire à la métaphj- E que la inétaphysiiiue ne peut fournir à la science un Ktta départ ot dos principes régulateurs... Si la môtapby- ^pudio tout coaimorce avec la science, non seulement 1 garde contre la contradiction, ruina de toute ', mais elie s'établit eu une position que la science ne t^lni disputer, et oii la suprématie des âmes lui est as- ' I [474-477). Cf. aussi M. A. Darln (Compte rendu de lapmne, La philosop)iie el le lejnps présent dans la ïpttilosophique d'octobre 1892, p. 431) : « Il est bien

;o mot ; car le propre d'une science est prècitro une science particulière qui emprunte sa mét certitude au point do vue particulier oh elle so K conditions particulières oii elle so plio, en sorte B limites font partie de son essence.. . M. Ollé se cooi dire que la philosophie eel icience... , ce qui vmit

264 LE DOOifS eKBC.

l'homme pratique plus proche que Tanité des partis politiques ou que Tunité des religions.

Quel est donc le rapport de la philosophie et des scieocesf

On voit que le domaine du travail est distinct, très distinct. Eh bien ! chacun n'a qu'à rester chez soi. 8i la philosopliie demeure philosophie sans avoir la prétention d'empiéter sur lo domaine des sciences et si les sciences oa plutôt les savants renoncent à la prétention d'empiéter sor le domaine de la philosophie, il ne peut guère y avoir lutte, désaccord.

Mais c'est justement ce qui est difficile.

Tout d'abord, nous l'avons vu en parlant des prétentions de la Science^ il n'y a que trop de savants qui ne sontqœ trop disposés à philosopher, à donner leurs élucubrations philosophiques pour des résultats scientifiques, et ensuite, combattant certaines doctrines philosophiques, à proclamer le désaccord de la philosophie et de la science , et à conflamner la philosophie à s'incliner.

Cela, nous l'avons dit, ce n'est pas véritablement un conflit entre philosophie et science, mais bien entre philosophie et philosophie.

Mais ce n'est pas tout. Les limites entre le domaine de la philosophie et les divers domaines des divei*scs sciences ne sont pas fixes, absolues, immuables. On peut constater, au contraire , que ces limites n'ont cessé de se dépla-

Cela est vrai; mais jo ne vois pas qu'on puisse donner le même nom à deux espèces de choses différentes, par cette raison qu'elles ont en commun les caractères de leur genre. En réalité, la philosophie et la science sont deux espèces de connaissance différentes, irréductibles Tune à l'autre. »

&PPBNDICEB,

xr depuis l'origine de la philosophie, et depuis que les liveraea scieQces, toutes comprises aus débuts dans i'cn- :eÎDte de la philosophie, ont commencé à se séparer et à se constituer, A mesure qu'elles se forment et a'êtablisleat, les diverses sciences déi'ubeat à la philosophie une partie de son domaine. M. Clay (dans i'ÀUernative) a. comparé iagénieusemeut la philosophie à une sorte d'eau'mèrc sein de laquelle se cristallisent successivement les diirees sciences, restant ainsi toujours plongées et haignées is la philosophie.

Donc la hmitc est variable; par suite, il peut s'élovcr philosophie et les sciences dos querelles de fronquerelles de frontières entre la philosupiiie et les déjà constituées , querelles de froutières entre lu iphie et telle ou telle science en train de se consti- *. Ces querelles ne peuvent pas être vidées à priori, rt-le formule générale. C'est affaire â éludicr et N[U8cuter dans chaque cas particulier.

'Ce sont surtout de ces querelles-là qui peuvent se projlire entre la philosophie et les sciences. Quant à l'in- EIPDce que les progrès scientifiques des sciences

rs peuvent exercer sur la philosophie, c'est une ini porte plutôt sur la forme des systèmes que »ad (1).

iM) M. Pillon {Année philosophique do 1891, p. 353-254) ci s des Problèmet d'Aristote, cette remarque de M. I Uemy Saint- tiitaire : n Los faits sont presque Cous adin t observés, et nous ne pourrions pas nous Datter, i É tous nos progrès, de taire miens. Mais les explications de p faits ne sont pas à l'abri clo la critique. Nous av

es sont au contraire souvent insuffisantes, quel- Ibis même ridicules. Mais ecu théories qui nous cIioqi|j t ont régné sans conteste jusqu'au dix-septième

Les rapports de la théologie avec la ScieDce '| sciences sont les mêmes que ceux de la philosophie'

Quant au l'appoi't de la théologie â la Science, \ÏÂ Science n'existe pas. Ce que l'on oppose sous ce nom Alt^ théologie, au fond, c'est de la philosophie.

Que de fois celle opposition entre la théologie et la prétendue Science n'a-t-elie pas servi et ne sert-eile pas encore d'arme contre la religion ! Dès qu'il s'agit d'asaertioûS négatives et qui fiattcnt les passions nées à notre époque do la corruption do la religion , des haines que s'attire h I religion corrompue, e[ des préjugés qui étendent la même i répulsion àloutcequi porto ou a porté l'étiquette religieuse, 1 alors on n'hésite plus , ot on proscrit au nom de ta Science i tout oc qui déplait, tout ce que des inductions précipitées, |

Sur quoi M. Pillon écril : " Celte observation de M. Barthù- i lem; Saint-Hilairo est en général très exacte, si oa ne l'applique qu'aux problèmes de piiyaique, île physiologie ot de méJocino, qui sont d'aillours Ips plus nombreux de l'ouvrage. Elle cosse de l'être pour les problùmes de psychologie minés dans las questions XXVII, XXVIII, XXIX et XXX. Let' solutions données par Aristote aux problèmes de cette naturfl sont loin d'étrp ridicules: elles sont souvent d'une sagacité^ <I'uue Qnessc et d'une profondeur admirables... Les râpoiMçs> d'Aristote à nos diverses questions, comparées à colles qu'il fait aux questions de physiologie, montrent clairement com-^

Ibien il est absordo d'admettre, comme les positivistes, que fa psychologie, la morale ot la sociologie dépendent de la constitution et des progrès des sciences naturelles, n (I) Nous prenons la liberté de renvoyer le lecteur aux obx- Bervations que nous avons déjà présentées ailleurs ^ rapports do la théologie et de la phdosophie (dans la Cerll'^ tude chrélienne, Essai sur (a tli^ologis ds Frank, p. 324 •!* :

; dans la Revtie d

Montai

(1890); dans la Reoue i»

le philosophique (1688).

APPEKDICU.

iltégitimemeat des vérités scieoUGques, permettent ibsttre. — Et dans le sein mâmc de l'Eglise cbréle, toulus les dimiuutioDS, toutes les sinipIificatioDS du ^ristîanisme, toutes les Dégations ne manquent pas de se léckmer de la Science. C'est ce que nous \ojoas acluelle- Oeat daQS le cas du dogme grec.

Cette opposition entre lathéologieet la prétendue Science s'est qu'une opposition entre théologie et philosopliie, on entre théologie et théologie.

Restent les rapports de la théologie et des sciences. Ed premier lieu, la théologie étant une philosophie, n'est pas metcience(t). ■

Gasuite. les mêmes questions de frontiëres ou des qacs- .tions analogues peuvent se présenter entre la théologie et B sciences qu'entre les sciences et la philosophie. La théologie semble devoir être dans des rapports plus téciaux avec les sciences que la philosophie — nous voulions dire r^ie la philosophie qui se désintéresse des ques- ,f ions religieuses (2). Une religion en effet est toujours liée *j^ certains faits. Et c'est le cas ea particulier pour le Chris- Cynisme, lie aux Tnits chrétiens, à un livre , la Bible , qui ^DLConle toute une histoire.

bien ! si dans le champ des mathématiques propre- -nient dites, par exemple, quelque vérité définitivement

(1) Nous entendons ici par théologie la théologie ayslômala dogmatique.

la philosophie n'a pas lo droit de se déain- II découle do 14 qu'oa étudiant les 1 point de vue entre la théologie et parlerons encore des rapports sntrc iDs iphie, la philosophie sinon telle qu'elle egt toile qu'elle est quelquefois, telle qu'elle

U' DOQMB QSBC.

acquise est en contradiction avec un easeignemeat. qad^' conque de la religion , les mathématiques ont raison et la religion doit céder. Mais ce eus est ti'ès rare. Nous ne nous rappelons même en ce moment aucun exemple semblable.

Non. Les conflits du Cliristiaiiisme et des sciences ne ' peuvent guère porter que sur tel ou tel point particulier de physique, d'astronomie, ou d'histoire, de chronologie. S'il y a conflit sur ces points, les questions doivent en général être réglées déQnitivement comme le veut la raison , et Ia, théologie doit se désintéresser de vérités qui lui sont rfelr lement étrangères.

Ceci pourtant ne doit pas être envisagé comme une règle ' universelle et invariable , surtout en ce qui concerne l'his» loire. Il y a des faits qui sont intimes au Christianisme et que la théologie ne reconnaît pas à la simple critique le , droit imprescriptible de nier, La théologie est persuadée | que si la critique les nie , elle le fait à priori . pour des nirsons à priori , philosophiques, par conséquent pour de» raisons qui ne sauraient être nommées scienti^ques {!}.

(!) Cf. De la certitude chrétienne. Essai sur la théologie. de Frank, p. 295 et auiv. — Aux testes cités par noua à cet endroit nous pouvons ajouter les suivants : o Parmi les vaioa oripeaux dont tout critique lojal doit savoir se dépouillsr, il faut placer en premier lieu cette mode des théologiens libres penseurs de présenter leurs travaux comme les produits d'an intérêt purement historique. Respect à la parole de ces in«B' sieurs ! Mais Je n'en crois pas moias ce qu'ils affirment là totalement impossible; et si même une telle manière de travailler était possible, je na pourrais la louer. Quand on écrit sur le» Rois de Ninive ou sur les Pharaons d'Egypte, on peut n'avoir qu'un intérêt historique. Mais le christianisme est une puit' Bonce tellement vivante, et la question de ses origines implique de si fortes conséquences pour le présent le plus immédiat, qu'il faudrait plaindre l'imbéciUité des critiques qui

i donc s'élèvent des conflits assurément, mais des £its dans lesquels Dous ne recon naissons pas à prioii

aient i, ces questions un. intérêt purement bistoriqne ■ I, Nouvelle vie de Jésua). — n Le principal argument ^ l'origine postérieure de nos évangiles reste toujours ce t: qu'ils racontent sur la vie de Jésus trop de choses qui eat décidément pas s'être passées comme ils les rap- ■ (Hilgenfald). — a Qu'on ne dise pas que nous suplona à priori ce qui est à prouver par le détail , savoir qu8 ^Iraeles racontés par les évangiles n'ont pas ou de réa- L qne les évangiles ne soal; pas des livres écrits avec la Biejpation de la divinité. Ces deux négations-là ne sont ■ cbeiE nous le résultat de l'eségèse; elles sont antérteurea I... Par cela seul qu'on adniel; le surnaturel, on eat [âeliors de la science ; on admet une explication dont as lent l'astronome, le pbysiciea, lo chimislie, ie géologue, le laiologiste, dont l'bistorien doit aussi se passer... Ce n'est Kparce tu'il m'a été préalablement démontré que los évaaune croanco absolue- que je rejette les actes qu'ils racontent. C'est parce qu'ils

o je dis : les évangiles sont des lêgondi W de Jésus, préface). ~ n Une régie absolue de la critique, place, dans les récits historiques, àp circonstances miraculeuses. Cela n'est pas la conséquence, a système métaphysique (?), c'est tout simplement bseryation. On n'a jamais constaté des faits de ce ; ^aan, Les npiHres), — u La philosophie positive met bon 3 les théologies qui supposent une action sumatui^

> (Littré), — « L'histor jpt constamment, dans tout c'est-à-dire de l'imagi:

I pas Dieu, ce dont on voi I ai les siens n'ont jamais tt miracle, en un mot tout

place tout d'abord et bS . son livre, en dehors du s aaire. Non seulement Jésua i C par les miracles mêmes que eu l'idée; mais toute prophétie, mervailloux est effacé de si

it le principe dominant de la vraie histoire comme de tonl mce, — et sans lequel on peut dire qu'elle n'exist«

critiao» ■

aux aciencea historiques le droit ou plutôt la prononcer décidément en dernier ressort. C'eat bien, l'bistoiren'estguère, à pi-oprement parler, udi Et les probabilllés dont elle doit se conteoter, sont assez faillies.

Ainsi donc, lorsqu'on vient nous dii'c : • La crîtii]W historique s'est appliquée à l'élément merveilleux des récita des livres cationiiiues : elle est parvenue ii s'ea i-endre compte par des Ihcories du mvthe et de la légeodc, â tout 1 m t ea rabi bl t nt les lois psj-

I 1 giq d tém g g d 1 d n d'une manière pi I p q d 1 [ é surtout en sou-

tt td I [ délb élA 1 Nouveau Tesla-

m t ém èffi d m q I us autres textes

q 1 q q I I gq I Ce

d . il y a des ré-

j iendra, cela est

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|l 6 étonné, en noua

, c'est M. Re-

D'ailleurs, l'éminent criticiste ajoute aux lignes qui vien- ' nent d'être citées les suivantes; « Ce n'est pas que les mi-

— qua ce qui n'est pas dans la nature n'est rien, st ne i «aurait être eoniptè pour rien, hï ca a'ost pour une (Havet, Revue des Deux-Mondes, 1» août 1863). (I) Critique phitoiophique, 1872, II, p. 263-264.

«oient démontrés en toute rigueur impossibles... Mais ■ a , en tant que laits imagioaires , des expliincomparnblement plus probables que celles qu'o tropose eD tact que faits matériels, a

voyez que nous pouvons respirer. Les miracles ne itit pas théoriquement impossibles. L'impossibilité des miracles n'est ni d^montrëe ni démontrable. La posaibilité des miracles est intacte. Quant à leur réalité, c'est une question de probabilité. M. Renouvier trouve plus probable de voir dans les miracles des faits imaginaires. Les cbrétïena , eux , seront tous d'avis qu'ils possèdent des moliFs que M. Renouvier ne possède pas pour trouver au contraire l'explication des miracles comme miracles réels, ineompantbleraent, inSniment plus probable.

Mais il vaut la peine d'insister un peu, encore que bien insuffisammeal aaua doute, sur celle imporlanle question do surnaturel.

I Qu'eiilendons-nous, lorsque nous disons que nous croyons an surnaturel?

Eb bien ! nous croyons que l'action directe de Dieu pro-

' dait des cSets auxquels l'bomn:ie ou la nature, abandonnés

ft leurs seules forces, ne poui-raient pas aboutir, mais nous

DO croyons pas que le surnaturel et le naturel soient des

mots ni des choses contradictoires. Nous estimons

^ Vaction divine est conforme â la nature : nous n'admettons

I ^ qu'elle lui soit jamais contraire. Nous pensons que

I tftits surnaturels sont accomplis dans la nature, et j>ar le

^Boyen de ]a nature; non pas par la violation, mais au

iMntraire par l'application, l'emploi, la combinaison df

. Nous sommes persuadé qu'a supposer même que ' ^n ait jugé bon d'introduire daus le monde de nouvelles

27'2 LE DOOUB ORBG.

forces OU de nouvelles lois, il Ta fait sans détruire oa violef les lois et les forces déjà existantes, il a aussitôt coordonné ou subordonné le nouveau à l'ancien , de telle sorte que le produit d'origine surnaturelte devînt, aussitôt créé, natarcl. Nous affirmons enfin que lorsque Dieu intervient daos riuinianité, c'est pour ainsi dire en obéissant tout le premier aux lois psychologiques de la nature humaine et da développement humain.

En d'autres termes, notre conception du miracle est toute a?ithvopomorphique. Nous nous représentons Dieu comme un être parfait , mais analogue à l'homme , agissant de la même façon que l'homme dans le monde au sein duquel il est placé comme l'homme, dont il fait partie aussi bien que l'homme. Cet anthropomorphisme nous paraît réclamé, postulé et par le sentiment moral , religieux en général et par le Christianisme en particulier.

Ëli bien ! la liberté humaine fait des miracles. .

Elle en fait dans le domaine moral, spirituel, psychique. Un homme agit sur un autre homme, influe sur d'autres hommes. Nous réclamons pour la liberté divine le même genre d'action, le même, quoique plus considérable assurément. Dieu, par un exercice de sa liberté analogue à l'exercice de la liberté humaine, et sans que les lois du développement humain soient le moins du monde violées, intervient pour influer moralement, spirituellement, psychiquement sur les hommes.

Ce n'est pas tout. L'homme agit librement non pas seulement sur rhomme, mais sur le monde extérieur, sur la matière (chimie, agriculture, élevage des animaux, etc., etc.). Preuve en soient les combinaisons et les phénomènes, disons plus, les faits et les êtres auxquels la liberté humaine donne l'existence. — A la place de la volonté de l'homme, mettez la volonté de Dieu, se conform^int comme la volonté de l'homme aux lois de la nature, se servant d'elle

^Hèttez la

APPENDICES. 273

tlDlluersur elle et l'entraîner i\ se dépasser elle-même,

ï la volonté de Dieu combinant elle aussi les forces de

la nature et les portant à des effets particuliers en vue

, aes desseins, et vous nvez le miracle dans le domaine d

tériel, physique, le miracle physique (1).

■ (t) Voir, pour le développement de ces idées, Le miracle et l^a lois de la nature, par Charles Bois (dans la Virile chré-

,itfenne et le doute moderne, Conférences données à Paris penaoDt l'Exposition universelle de 1878, Paris, Fisclibacber, 1879, p. 261). — Cette notion du miracle a étû accusée par M. Ménégoz d'être peu bibiiiiue {Annales lie liibliograpliie théologi- • e, 1B89, p. 15). Nous croyons furmement le contraire. Cette

''CVBGaption est aatbropo m orphique. Eb bienl la Bible est un

■ IfrVe essentiellement et d'un bout à l'autre anthropombrphic|ue. On a diL spirituellement : a Dieu a fait l'homme à son 4«nage , mais l'homme le lui a bien rendu, o L'homme n'a pas OU besoin de le lui rendre. Car si la Dieu de la Bible a fait l'bomme à son iiuage . ce Dieu est donc luï-mâme à l'image *1b l'bomme. Dans l'Ancien Testament, Dieu est interprété

'nanB les termes de l'expérience humaine par la boucbe des ;

l:i>rophêtes et dus poètes, et les anthropomorphismos et les ,

,4Lnthrapopathies sont courants, familiers, constants, à tetli ^9rBBeignas quo le judaïsme postérieur, sous l'influonce d'ni dloBophxe sur ce point erronée on est venu à avoir honte de 1 fl anthropomorphïsmes, et à essayer de tous les moyens pour .1 4«8-écarter. Le Dieu du Nouveau Testament révélé par Jéaus-

t Christ , en qui a habité corporellement la plénitude de la | 'aivinitê, est tout aussi anthropomorphique que celui de l'An-

'■^ea. Ah ! ce n'est pas ce Dieu abstrait, simple, infini, au-

^^^esans et en dehors du temps et de l'espace, immuable, '4<Bpassib]e , dont nous parlent certaines philosophies. Le ■"M^mx de l'évau^çilc est en plein dans le temps et dans

'*^*Qtpace comme nous; il agit, il ainle, il se repent, il s'Bf~ ge, il s'indigne, il exauce les prières, il change... £h bîeal

*/JBous soutenons que la façon la plus religieuse et la plus bibU- '

B DOOME QBBO.

Cette conception du miracle est admise conr soutenable par Stuart Mill. A un certain endroit i Essais sur ta religion, ce philosophe ac pose cette quel QuVst-ce qu'un iniradeT des miracles sont-ils poa La discussion est conduite par lui avec un r dance d'esprit et très approfondie. Il arrive lui-même à à^. finir le miracle comme ua fait produit directement par une volition , sans la prëexislence des coaditioas propres à le produire ou à le reproduit-e toutes les fois qu'elles seraient

données. Et e dit quoiqucfois

n effet , si le miracle avait lieu ,

n couformitô d'uue vraie loi de la nature à nous inconnue : d'une loi, c'est-à-dire alors en verta d'une consêcution réglée et invariable de phéjiom&ncs, il ae serait rien de plus qu'un phénomëuc naturel. Le miracle étant ce qu'on vient de dire, une l'aison B'offrc aiissiiôt, observe Stuart Mill , qui milite en faveur de sa possibîlilë. La volonté humaine use des phénomènes naturels en les modifiant par son intervention, et cela est certain, soit qu'on admette que cette volonté est libre , ou que les volîtions et leurs motifs s'enchainent nécessairement. Pourquoi ' donc ne deujaiideiait-ou pas à porter de même les volitiona divines au nombre des causes des événements, et à fonder ainsi le miracle sur l'action directe de Dieu dans les phé-

tnomënes naturels ?

a Ce point de vue n'est pas défendu, a dit Sluart Mill. Bi bien ! ce point de vue est défendu , et nous avons déjà cité un discours (1) où il est exposé et développé. 1 II faudrait, • écrit Btuart Mill. •• pour rendre le miracle probable, un cas de grande importance et d'utilité souve- ;

r le miracle, c'est de le c thropomorphi que aient qua possible, c'est-£

(I) Le miracle s

les loi

ù de le conpe-

9 Bois.

B Assurément, mais ce cas, noua sommes convaincus, E, chrétiens, que nous l'apercevons. C'est d'ailleurs ce onait en somme Stuart Mill lorsqu'il écrit : u A ■ des probabilités diverses, il semble qu'on de- L toujours pencher à rapporter un fait donné pour

ise naturelle qu'on ne sait pas, ou n faux thaumaturge. L'explication ;urBlle ne se présenterait qu'en deruer que cet argument ne pèse pas l'esprit de ceux qui admettant d'ail- 3 volonté créatrice peuvent en endans les événements sans aucune

l^uleux à une

: à i'adi'cssi!

bne volonté si

E (Dais il faut

f l'eiistence

mbiance. « Quelles sont les conclusions de Btuart Mill? s II faut

s dit-il , que l'attitude rationnelle d'un peuseur ^rd du surnaturel , tant dans la religion naturelle que lia révélée, est celle du scepticisme, c'est-à-dire une Ktâe qui n'est ni la croyance en IJieu ni l'athéisme... n li le simple penseur, le libre-penseur n'a pas le ;r, le chrétien a bien te droit, lui, d'affirmer. nt le domaine du surnaturel, •> dit encore Stuart Mill, (donc écarlé Ue la rigion de la croyance et relégué dans i

'e la pure espérance , et ant^at que nuus en pouvons B*, il n'en doit jamais sortir, puisqu'il no nous est guère jssible d'augurer que l'on obtienne jamais un témoignage [[positif de l'action directe de la bonté divine dans la desti- [ iiée humaine, ou que l'on découvre une raison qui fasse I sortir du cercle des choses possibles la réalisation des esf gérances humaines sur ce point. « Mais à peine Stuart Mill t-il écrit ces paroles, qu'il se demande n s'il est irration- I oel de se laisser aller gu dé j ar l'imagination seule, à une lérauce sur la eal s t on de laquelle il n'y a pas appaicc qu'on ait jan as ne son probable de compter, s ejtaminant cette q es on 1 d ^claru qu'à son avis un tel

abandon est periDis et compatible avec une v aalité (!).

La conception du miracle que nous avoDS brièvêm indiquée plutôt qu'exposée , et qui est en définitive traitée avec ussez de faveur pai- Stuarl Mill, a trouvé crédit chei les libéraux eux-mâmes jadis si bostllcs au surnature!: C'est .cette conception qui est au fond celle de M. Trial, lorsqu'il Écrit :

« Aujourd'hui, la critique a conquis droit de cité dans les églises les plus conservatrices, et les théologiens les plus, orthodnxes sont forcés d'en tenir compte. Il f.iut s'en féliciter, car, grâce A elle , la grosse question des miracles se dénoue sans effort. Cette question, en effet, doit être dédoublée. Il convient de se denriander, d'abord, si Dieu peut faire des miracles, et, ensuite, s'il en a fait réellement. Or il est hors de doute que Dieu pcui faire des miracles. Qu'est-ce qu'un miracle? C'est l'insertion, par une volonté supérieure et au moyen des lois établies, d'un premier commencement et, par suite, d'une série nouvelle, inattendue, .de pbénocnènes ou d'événements, entre deux chaînons de l'une des séries déjà existantes et cODDues. Kt qui ne voit que refuser à Dieu d'intervenir ainsi dans la nature . et dans l'bistoire, c'est nier le monde de la liberté et s'cnk. fermer dans un déterminisme toujours plus ou moins pan- I théistique et subversif de toute réalité morale? Cette inter- :ion du Père céleste dans son œuvre, ce surnaturel me un l'appelle, est au fond du Christianisme , Dieu peut donc faire des miracles. En a-t-il fait, en fait-il réellel î Oui , certes ; par exemple , lorsqu'il fait paraître au i aeÎD d'une génération tel ou tel génie que n'expliquent ni Q les antécédents ni le milieu. Il en a fait un dont nous ne le i

(!) Cité par Ronouvier, Critique philosophique. 1875, p. 580

ma jamais assez, lorsqu'il a donné son Fils unique au I. Toutefois, ea fait de miracles, il est indispensable e tauj'oui'B appel à la critique..., etc.. (1). n Ea cette conception du surnaturel, les sciences phjsit et naturelles n'oot absolument rien de sérieux â ob' 1 peut élever des objections au point de vue métaphysique- C'est alors philosophie contre philosophie. Mais on n'a aucune objection à faire du point de vue des sciences.

Objecte ra-t-on les lois de la nature? M. Uenouvier les allègue en effet, et voici comment il s'exprime : n A mesura de ta constitution et des progrès des sciences , le déterminisme scientifique s'est ëtahli dtins des domaines nouveaux, et tout ce qu'il a conquis s'est trouvé perdu poui- les dispo- , allions variables de la l'rovjdcnce, pour lejeu des accidents dans lesquels la prière des fidèles pouvait s'attribuci' une intervention efficace. La prière a été constamment regardée clo religieux, essentiel , et la prière a presque toujoui'S été dirigée vers l'obtention de faits ou de biens matériels soumis aux lois de lu nature, il arrive donc que C«B lois, en s'élendant pour notre connaissance, en occupant des sphères que les anciens pouvaient croire livrées ..ftu libre arbitre des dieus, si ce n'est des hommes, et non pas assujetties de tout temps à des formes déterminées d'être et de dovcnir, dépossèdent progressivement la Providence de son action réservée possible, et la prière, de ses objets naturels. Il n'est pas plus permis aujourd'hui au oiirétien éclairé d'implorer Dieu |>our le salut d'un marin, la santé d'un malade, la victoire d'une armée, qu'il n'était ritùsonnable à un ancien de prier que la cliose qui était dëjù i'Iùt pas : si du moins c'est demauder que la tempête Mlive an autre cours, que le développement d'une affection

(1) Conférences, Scient

organique s'inLerrompe spontanëmetit, ou que le a calcul et les gros bataillons cessent d'avoir leurs effe{| dinaires. Et on effet les lois de la raélcorologic, celles fl biologie, celles même? des actions humaines, vues 1 leurs effets, ne nous paraissent pas anjouid hui n taines que celles de la pcsjnttur, et nous n'estimona ■j plus facile d'empéclicr ou de suspendre un phénomène prédétermine dont les conditions de production sont réunies, que de chaagei la natuic d'un fait acquis et acconipliUl- "

Toute cette argumentation ne porte pas contre notre conception du miracle — du miracle physique Car, dans cette conception, les lois ne sont [ as une seule fois, ua seat instant violées. Elles sont espe tées n ; loyées et appliquées; et tout ce que nous p t nduns c est que Dieu peut [aire et fait ce que l'bonim lu mén fat et peut I^K sans violer quant à lui les lo s de la nat e |2). ÂIIéguera~t-Dn le détorn n sme un versel. négation de la maine? Maïs qu'est-ce que ce détertniiversel? un postulat de la. curiosité sciealifiqne ientiel de limiter k sa portée légitime. Dans la is devons nous conduire comme si la Scienco t possible, parce que nous ne saurions lui tra-

libertë div

qu'il est e Science, n absolue et

i limite f

mutiler

s-mèmes.

^^^H (1) Critique philosophique, 1873, II, p. ?H4-2l)5.

^^^1 {%) Cf. PilloD, Critique pUiloeophique , 1876, t. II, p. 233 :

^^^^H Les lois des p h à no mènes, qui sont, non des commandements, ^^^^^^ jaaÏH les modes méroea de l'eKJatence des cbosea, i ^^^^^^^^Ine dans le monde intelligent que dans le monde matériel, ^^^^^B;fliuceptlbles d'être violées. .. La liberté ne peut donc être con- ^^^^^V'Bldérëo commo une puissance, une faculté de violer ces lois. ^^^H Elle

it limiter u

I, la loi de ci

e absolue est une chimère, et le détermiD t le plus grave dea ahus de l'esprit soi-disant atifique. On part de cette vi^citâ , que la méthode de e science est de supposer le déterminisme de son objet, kutorise pour transporter le déterminisme à tout suppose sans raison être un objet de aci erminisme absolu est une liypoihèse, et unehypo-' hilosophiqiie, mêlaphysùjue. Nous mainlciiona que les I positives, en dôpit , nous ne disons p.is de leurs ons, mais de celles des philosophes qui en usurpent ;é, ne posaËdeut pas les moyens d'Étendre le délera des phénomènes jusqu'au point où toute place e à la liberté disparaîtrait.

Tiaintient la liberté humaine et divine.

a le

aille

G en fait, non pas la possibilité des miracles, m

i miracles. Tout acte de la liberté humaine est miracle, Tout acte do la liberté divine est un miracle, , dans ce sens, de plus ordinaire, de plus fréquent, de l journalier qtie le miracle. Rien de plus naturel que le tatural (Ij.

1 liberté, liberté humaine et liberté divine, est une e indéterminée, dont les effets ne sauraient Ati-e pi-ô certitude; elle introduit dans la notion du monde ttémeot incalculable et dérange ainsi, limite la science, n'est qu'un calcul. Toutes nos idées du monde physi^ it fondées sur la supimsition d'un déterminisme ri [. L'afflrni.ition de la liberté comme d'une puis* e réelle dans le monde est donc contraire à l'idéal db

iconqne se répute libre croit au surnaturel; les û6i i ne cossant de le répéter, et ils ont raison. AB Salité d'un ordre moral, c'oal bien affirmer lo surnaturel i La cimllsation et Ja croyance, p. 358).

la Science absolue. Main, nous l'avons vu, la Ucieacci]

lue n'existe pas; elle ne peut pas exister, ce contradiction daas les termes ; elle ne doit pas exiatei^ elle ruinerait l'ordre moral.

M. Renouviei' lui-même rccoonalt que h les actâtH l'intelligence et de la volonté (nvec leurs conséqm

' portent sur la nature) ne sont peut-être pas les sealad dans l'ôlat actuel des sciences, on peut se permette regarder comme admettant, s'il nous plaît de 1b i ainsi, une part de variations possibles indéterminées^ avance, une certaine étendue de modifications laiM l'arbitre courant d'un pouvoir supramondaïu. En ) science, nous ne pensons pas que les sciences se encore avancées jusqu'à te poini, au jugement d'uu rigoureux, d A la bojiuc lieurcl II est vrai que M. I vier ajoute aussitôt (I) : •■ Muis c'est leur tendance a et, ce semble, légitime de se soumettre les pbénomëac l'ordre physique et physiologique, sans exceptio traire, les actes de l'intelligence et de la volonté ne^ rapportés à leur domaine, et; ne le sei-ont jam&is, nature des questions, que par une métaphysique i pant le nom de science. >> Et alors M. Renoua les chrétiens intelligents qui veulent être à la baad

[ de la situation , à renoncer aux miracles pbyBiqiîj matériels, pour se contenter des miracles spiritueltjl moraux.

h bien, non! nous ne pouvons nous résoudre

hnotre part, à obtempérer aux conseiis de M. nenouvjgl . Si vous excluez la liberté divine de la sphère

I que, excluez-en aussi la liberté bumaîne. Mais si vàiîjP aintenez la liberté humaine, il n'y a pas la moiodren

I 80D pour en exclure la liberté divine. Puisque t'bamaû

(1) Criliiiue philosophiiiue, 1872, II, p. ÏCI^ÎGT.

s vivre aaaa agir, nous demandoDs qu'on permette Ki Dieu, d'agir. Et puisque Tbomme ne peut agir sans niracles et dans le domaine spirituel et dans le e matériel, uous demandons qu'on permette aussi à I de faire des miracles dans I'ud comme dans l'autre s deux domaines. Nous ne voyons pas comment les rraient arriver à interdire à Dieu ce qu'elles Kvent pas et n'arriveront jamais à interdire à l'homme ^^ce qu'elles n'arriveraient d'ailleurs à lui interdire qu'en e condamnant à mort elles-mêmes, puisque les sciences (pour qui veut bien j réfléchir, pour M, Renouvier en tout cas) reposent sur l'exercice de la liberté, c'est-à-dire suc on de miracles humains tant matériels que spirituels.

Au reste, nous avons là-dessus le témoignage d'un savant îacrédule, qui jouit ù ces deux |>oints de vue d'une grande réputation, M, Huxley. M. Huxley, professeur de biologie & Londres, s'est distingué par ses travaux pt ses publicatioDS relatifs à des matières de ptiysiologie et d'anatomie. Quelques-ttns de ses ouvrages ont été traduits en français, notamment la Physiographie , introduction à l'étude de la nature; VEcrevùse, introduction à l'étude de la zoologie ; enfio un volume sur Hume, sa vie et sa philosophie.

UÀssoeiation britannique pour le progrès de la science s'était réunie en 1888 à Manchester, Les évêques de Carlisle, de Bedford et do Manchester avaient profité de cetle occasion pour haranguer, le dimanche 4 septembre, une Qombrcase assemblée de savants. Il faut savoir gré à ces prédicateurs d'avoir parlé comme ils ont parlé. Surtout, il faut leur être reconnaissant de la bonne pensée qu'ils ont eue d'envoyer leurs sermons à M. Huxley. Ils ont en effet . provoqué, de la part de celui-ci, un article du plus haut

Î82 LB DOGME OREC.

intérêt, publié dans une Revue bien connue : le Dix-neuvième iiècU, et intitulé : La science et les évéques (1).

Dans cet article, M. Huxley déclare que non seulement il a lu les sermons qu'on lui a envoyés, mais qu'il a éprouvé à les lire un sentiment de satisfaction qu'il ne lai est pas habituel de ressentir en écoutant et en parcouraDt des sermons. Ces « excellents discours » lui paraissent signaler une nouvelle phase dans Thistoire des rapports delà théologie avec la science ; ils lui semblent établir et indiquer la possibilité d*un honorable modus vivendi entre ces deux vieilles ennemies.

L*éminent professeur, dont la compétence scientifique et le peu de sympathie pour le christianisme sont également connus, pense même que les vénérables prélats vont trop loin ; il estime que, dans leur zële excessif — quoique non sans connaissance — ils font à la science plus de coqcessions que celle-ci n'a raisonnablement le droit d'en demander ; il trouve, par exemple, qu'ils accordent trop d'importance aux objections que l'on a faites à l'efficacité de la prière en se fondant sur la constance de l'ordre de la nature. C'est tout simplement, aux yeux de M. Huxley, méconnaître le sens réel des locutions a ordre de la nature » et « loi de la nature. »

« Il ne faut pas attacher à cet ordre et à ces lois plus de portée qu'à des généralisations faites au moyen de l'expérience du passé, et à une attente de l'avenir fondée sur cette expérience. Personne ne peut avoir la présomption de dire ce que l'ordre de la nature doit être. Supposé que l'on puisse étendre l'expérience à tout le passé à travers tout l'espace, et établir comment les événements se sont passés, tout ce que permettrait cette expérience, aussi

(1) The Nineteeyith Century y nov. 1887, Science and the Bishops.

B^n'elle soit, ce serait d'alteodre avec une con&aDCe KfoFCQ proportionnelle que les événements continue-

er de même façon, et ce aernit d'exiger des

ne force pro portion nelle, en faveur de toute as-

D prétendant qu'ils Bont arrivés antrement.

tdicouque est capable de réflexion logique admettra

leot la vérité et la profonde portée de cette considô-

, qui détruit dans leur fondement toutes les objcc-

f. i priori élevées contre les miracles ordinaires nu

el'efficacité de la prière, en tant que celte efficacité

l'intervention miraculeuse d'un pouvoir supé-

l Personne n'a le droit de dire à priori qn'un événe-

lelconque, dit miraculeux, est impossible ; et per-

t-n'a le droit de dire à priori que la prière destinée à

ir quelque changement dans le cours ordinaire de la

Q peut pas réussir.

K est absolument illégitime de supposer qu'il y a quel-

n>ntradiction entre affirmer la constance de l'ordre de

croire à l'efficacité de la prière, — d'autant plus

B telle supposition est manifestement contredite par

Alogies qui nous sont fournies par l'expérience de

jr. La foi dans l'efficacité de la prière dépend de

e qu'il y a quelque part quelqu'un qui est aases

!n user avec la terre et ce qu'elle contient comme

jibmmes en usent avec les choses et les événements

I^Bont assez forts poui' modifier ou diriger, quelqu'un

i il est possible d'agir par des appels tels que les

n doute la c

Bortainenient , je n'ai garde de mettre e Rnce de l'ordre de la nature. Mais je ne suis pas moins ne, si je demandais A l'évéquc de Manchester i rendre un service qu'il fût en son pouvoir do me fdre, il me le rendrait. Et je suis incapable de voir corail en agissant ainsi sur ma requête, il violcrsjt l'ordre

de la nature. Au contraire, comme je n'ai pas rbonni

connaître pei-aonnellement l'évêque, raa requête se foni

sur cette ■ loi de [a nature , » ou généralisation de 1'

rience, en vertu de laquelle je saia que, d'une rnantère

nérale, les hommes qui occupent la position de

sont bienveillants et courtois. En quoi le cas est-il

S! ma requête est présentée à l'Etre souverain, qai

supposition, est capable de suspendre les maladi

rëter le soleil dans les cieux. aussi aiaôment que je p^

arrêter ma pendule ou lui faire indiquer l'heure qu'il me

plait?

1 Je répèle que ce n'est pas sur des conaidéraliona quelconques à priori que l'on jieut scientifiquement fonder dea objections à l'efficacité de la prière pour modifier le cours dea événements, ou à l'apparition supposée des miracles. 1

Ces déclarations sont remarquables. Et ce qu'il y a de plus remarquable . c'est qu'en les énonçant, M. Huxley ne prétend pas exprimer une opinion personnelle. Bien au contraire, il voit dans ces affirmations un résultat acquis et désormais hors de discussion; il lea présente comme le produit définitif et la conclusion même des débats qui ont eu 1 à ce sujet, soit entre les savants eux-mêmes soit entre t lea aavants et les théologiens. Il est persuadé qu'aucun [ bomme sérieux et instruit n'aurait aujourd'hui l'idée de re- I nonveier contre le miracle des objecti suite, lea prédicateurs chrétiens q ces objections, se battent contre d enfoncent des portes ouvertes.

Voilà donc ce que la Science proclai plume d'un de ses plus distingués représentants. D'autre part, est-il besoin de le rappeler? la critique négative en France, — et ailleurs, — se fonde sur des affirmations qui sont l'exact conti-e-pied de celte déclaration de la Science.

s à priori ; et que, s'obstinc'Ut à ■■éfuoioulins à vent AU

c aujourd'hui par la

APPENDICES

ItBftVet, pour De citer qu'un exemple, n'bésîte pas à i'Oes raotB : s Notre prlucipe consiste à se tenir conmeat en deliora du aui-naturol, c'est-à-dire de l'îma- Iginaire. n

lei , d'un cAté la Science, qui dit : A. priori le miracle n'est pas impossible. De l'autre la critique, qui dit : le mincie est impossible k priori.

Le contraste est piquant et instructif.

À la critique qui nous somme de cboiair entre la Science et' le christianisme , M. Huxley nous permet désormais de répondre : Vous voua trompez, c'est tout d'abord entre la critique et la Science qu'il s'agit d'opter.

Ce n'est certes pas que M. Huxley soit cbcétîen ou sur le point de lo devenir. S'il reconnaît la possibilité des mirais, il nie leur réalité.

> La véritable objection, et, pour mou esprit, l'objection fatale qui se dresse contre les miracles, c'est l'insuffisance des arguments pour prouver la réalité ou le caractère surnaturel des événements dans lesquels ou a voulu voir des miracles. ••

Va peu plus loio, M. Huxley se range parmi ceux qui 1 ne veulent rien avoir affaire avec les églises chréliennee. parce que croire les événements miraculeux sur les preuves ]ai en sont offertes, serait simplement immoral, »

M. Huxley nous donne ici un assez plaisant spectacle. Il BBi curieux de le voir faire appt^l à la morale et prétendre la mettre de son côté, h'inevidence , pour employer le langage de Viuet , est le caractilre même de tout ce qui est moral et religieux : la liberté doit être respectée; une adlié- -Sion forcée, — telle que l'adhésion aux démonstrations mathématiques, — n'a rien de moral. Réclamer pour les vérités ou les faits de k religion et de la morale la m^me Mpèce et le même degré d'évideoce que pour les faits d« la kcience, c'est exiger que la morale et la religion cessent

286 LE IMMMB OBBC.

d^étre morales , c'est refuser d'admettre autre chose qoe U science, c'est nier la morale et la religion.

M. Huxley s'appuie sur la morale pour la détruire, il l'anéantit sous prétexte de la consolider.

Et lui qui déclare bien haut l'inanité de toutes les objections élevées à priori contre le miracle, ii appaie sa négation personnelle sur des thèses à priori.

En vérité , nous n'avons pas assez remercié les évéqaes de Carlisle , de Bedfort et de Manchester pour le précieax article qu'ils ont offert à M. Huxley l'occasion d'écrire. Après avoir ruiné le principe dont un si grand nombre d'adversaires du christianisme font encore aujourd'hui qd si bruyant usage, le savant professeur prend soin de ruioer de sa propre main ses propres objections.

En fait d'arguments contre le miracle , il ne laisse subsister et ne fuit valoir que des contradictions dans les termes.

Un dernier mot, avant de quitter ce sujet, sur M. Renouvier. L'éminent pbilosuphe reconnaît, lui aussi, finalement, que les arguments tirés des sciences physiques et natuiHîlles ne portent pas, et il repousse les miracles par des arguments qu'il dit topiques et convaincants , et qu'il tire de la psychologie expérimentale et de la critique historique , de l'histoire des religions et de la pathologie morale (1).

Mais observons ici que M. Renouvier lui-même scinde les sciences ou études humaines en deux groupes :

Dans le premier groupe, il range sous le nom de Critique générale, toutes les sciences « dont la constitution n'est pas achevée, dont la séparation d'avec les spéculations philosophiques n'est pas sans retour, c'est-à-dire l'histoire prise dans toute son extension et envisagée surtout comme exa-

(1) Critique philosophique^ 1876, I, p. 6.

APPESDICBS.

a ti-ailitions des peuples , et B ûvénemenU, c'eat-à-dire enc

mme i-ocherche des c la morale et la po-

:ond groupe , il range sous le oom de Seiinces nilièrex proprement dites, toutes les sciences, qui, sans 3, sans en être arrivées au point do ne présen- I l'esprii que des vérités incontestables , poaa&dent cet une base et une mëthodc parfaitement dëlerminéea ei-sellcment acceptées , offrent des résultais définîti- Uit ac-quis.

t par là que M. Rcnouvier lui-même ne compte ftiistoire parmi les aeioncos; et c'est finalement au nom tstoire seule et de h paycbologie morale qu'il repousse iracles. Il ne repousse donc pas le mimcle au nom tateaces.

(demeurant, M. Renouvier coaresse expressément (1) 8 ar)çumcnts qu'il indique , les seuls qu'il veuille rcfournissent qu'une probabilité qu'il estime, lui, mais enQi) une priibabilitû. Eli bien I tant qu'il B^t que de peser des probabilités, nous chrétiens, nous à craindi-e pour le surnslurel. Car nous trous toujours du côté moral et religieux des probabilités tour le miracle infiniment supérieures à celles que les ad- B du miracle peuvent alléguer contre lui.

[Tl] Critique phitosophiqut

APPENDICE m.

Le ■ dogme grec n n été naguère attaqué avec acierM talent par un théologien anglais distingué, le D>' dans quelques conférences faites d'abord à Oxford, dans la salle du chapitre de l'abbaye de Westminster ^3 demande des administrateurs du • fonds Hibbei't, un public à la fois choisi et numbretix. Ces conféM ont été publiées sous ce tili'e : L'injlucnce (les idies ^ mages grecs sur l'Eglise chrétienne (I). I« D' Hatcli n*{ écrire lui-même que huit de ces « lectures b (il y ^ douze en tout). La mort l'a arrêté lorsqu'il corrigeait épreuves de la septifeme et de la huitième. Les dero|| conférences ont dû être rédigées sur ses notes par u ses amis le D'' Fairbairn, d'Oxford également, tbëolog^ mérite , qui s'est acquitté admirablement d'ui gulièrement difficile et délicate.

Sans vouloir entrer dans une analyse et tlue diaciUj détaillées des vues du D'' Hatch — ce qui gous i: trop loin et noua ferait soi-tir du cadre où notts doiujI

(1) ThB Influence of Greeh ideas and usages upon Ihe G tian Church, by the late Edwiii Hatch DD,, reader ii siastical hiatory in Iho Univorsity of Oïford. Edited by A Fairbairn DD., principal of Mansfielil Collège, Oïford.

APFBRDIOBB.

ici — voici l'idée inspiratrice et le résumé icentré de l'oavrage du théologien anglais :

l'oa soit ou non hialoi-ien, dit-il, il est impossible de remarquer une dilTéreoce de foroie et de fond entre srcaon sur la montagne et le Symbole de Nicée. Le 1 montagne est ïa. promulgation d'une nouvelle règle de conduite; il suppose des croyances plutôt qu'il ne les formule; les conceptions tiiëologiques sur lesquelles il repose appartiennent à l'élément éthique plutôt qu'à l'élément métaphysique de la théologie; la métaphysique y brille par son absence. Le Symbole de Nicée est l'énoncé , en partie de faits historiques , en partie de conclusions dogmatiques ; les termes métaphysiques qu'il contient eussent probablement été incompréhensibles pour les premiers disciples ; la morale n'y occupe aucune place. Le premier appartient à un monde de campagnards syriens, le second à un monde de philosophes grecs.

contraste est frappant. D'où vient-il? Sous quelles

ncea les sociétés chrêtiennes , débutant, avec le 8er-

sur la montagne , par un système moral ayant son

de gravité dans la vie et la conduite, et non dans un

sont-elles venues, comme k Nicée, à mettre

la créance ? Le D' Qatch prétend que ce fut là

iltat du transfert du christianisme du monde sémitique

'le monde grec et le fruit de l'influence grecque. On

ecs l'art des définitions; on prit goût à la

l&tion, et le fait d'admettre certaines opinions reçues,

;avoir été coordonné à la confiance en Dieu et au be-

tde mener une vie saiote, finit par avoir la prépondé-

i. C'est lA le legs que la Grèce nous a fait : damnosa

iUu. C'est de là que notre Christianisme tient sa

périssable. Mais pendant qu'elle vit encore, cette

périssable tient la clef de la prison pour beaucoup

L'««*rage do ty Hatch , qoi a virement at&ré i'«\ en Grande-Bretagne et nu dehor», est uo ouvrage s mginieox, érudit , sutetaMtcl , sn^gestif, m»

is, i|ui fausM souve»t une

e phi» cr^■

an livre incomplet, superficiel /t bien des Ira perapectivea et est bien propre à d( idée erronée du Christian ismo.

S^lt at èlé beaucoup approuvé, il a et tiqua.

Par Je D* Pairbairo lui-même , tout d'aboi-d. Car c*eM à nea yeox une critique que la façon dont il cherche, dsns n prëFaiee, à justifier le I> Qatc^ : « Ceux d^'entr» nous, • ëcrit^l, <■ qm coonaissaient le D' Hatch , savent eMsbwB peu un livre tel que celui-ci expitme sa penaéa eniièt^ vt (epvéaente tout c» qoe dans ce domaine il aurait puiiure et awatt (ùt. Ce Urre est une admii-able iUuBtratioD de m méthode f mais, pour être bien jugé^ il doit être jugé dans les limites que. lui-méoM a tracées. C'est l'étude d'un dév^iloppemQDt histnrique, l'analyse de quelques-uns éaa facteurs ^mels qui ont conditionné ixa procëa don-oé et déterminé m résultat donné; mais, l'ouvrage traite d'un bout à l'autce uniqioenent de ces facceui'a formels et dcs< conditions bûtoriqaea daas lesquellea ils ont opéré. Le D' Hatcb n'a jailéeouvi'ir ou de diectiter les causes

IMftnaceBdantales du procës' d'nne part, ni de prononcer sur lu Vitlettr oïl validité du résultat de l'autre. » — M est petmis de croire que le D' Fairbairn nous la baille belle; la conclusion qui ressort naturellement du travail du D' Hatcii, c'est, que l'ntfluencc de l'hellénisme a été fàcbeuau et doit être répudiée. Maïs il faut savoir gi'é au U' Fairbawn hiitméme, ea tout cas . de sa distinction, qui est capitale. ■ Tous les empiriques, • s'est écrié M. Rauh (1), ■■ ne pi*tendsat-id» pas i-ëpoodre à la question de la valeu« des :

(1) Le fonrfpmenl ■mélnphtjslqua /le la marslc, p. J

^tiDO«a iMf fÉtuile génétique de ces ci-oyaac*»? • Et ■ les positivistes adversaires du dogme grec ne font-ils ^ 4b même en théologie?

Gore (1), un des auteurs du fameui Lun Mundi;

il Edwards, d'Aberystwitb (pays de Galles) (2); le

esseur 6anday, d'Oxford (3); le Elév. Georges T. P«r-

\ (4) s'accordent à relever un défaut capital du livre àa

^Hatcfa et qui vicie enliÈremenl toutes ses démonatra^

: il passe sous silence les épitres apostoliques, il

i siiot Paul ; en fait de doctrine du Nouveau Testa-

lut, il ne connaît que le Sermon sur la montagne, laisaant

Ine 4e c6té le reste de l'enseignement de Jcsus-Cbrist.

pPent-un spëcilier , unt demandé ces critiques , des doo-

iBquelconques enseignées dans le Symbole de Nicée ou

i par les grands maîtres de l'Eglise chrétienne,

tioe puissent être légitime m eut déduites des écrits apos-

! Et, en second lieu, peut-on indiquer une in-

mce l'éelle quelconque de la pensée hellénique, — ta

losopliie deB stoïciens, on des èpicunens, ou le plato-

:, — sur l'esprit d« saint Paul, par exemple? — Il au-

lIIu expliquer d'abord et surtout la transition du Ber-

lui- la montagne aux épîtrea de saint Paul, et ensuite,

t à fait secondairement, la transition de Paul au 6ym-

B Nicée. Avant d'être fondé à rapporter le Symbole i

I influences grecques , on a à montrer ou bien qu'il y a

I conceptions , dans le Symbole , qui ne se trouvent pas

i ttase de la peosée religieuse paulinîenne , ou bien que

t Paul lui-même a dérivé ces conceptions des piuloao-

ll) Dans VExpository Times.

t) Dans la Crilical lîeufew, et dans le Sermon annuel de Ik' tâété missionnaire de Londres, le 13 mai 1691. ,

I) Dan» la Confemporai'i/ Reuiaw.

|n<4 Dans la PrttbyUrian ani Reformed IteDtew.

LB DOQKE OBBO.

phee grecs. Le D' Hatcli ne fait aucune tentative pouflfl ter l'une ou l'autre de ces suppositions alternative Nous aimerions savoir comment il aurait répondu à questions : Jusqu'à quel point le système thèologique de aaint Paul était-il original? et : Y a-t-il dans le Symbole de Nicëe des idées quelconques qui ne puissent être ramenées à saint Paul I

Le û' Banday, un des critiques déjà mentionnés , estime que trois ordres de considérations resti'eignent l'acte d'accusation du D' Hatch contre ce qu'il appelle la métaphynque grecque :

i' Cette métaphysique était inévitable. X>es conditions historiques étant ce qu'elles étaient, un credo métaphysique n'aurait pu être évité. Les Grecs étaient les conducteurs, les chefs de la pensée européenne , et c'est en les conquérant que le christianisme a conquis l'Europe. Il s'est trouvé que les Gi-eca ont été un peuple amoureux de métaphysique, et, par conséquent, la théologie a pris avec eux une forma métaphysique. Mais nous sommes tous métaphysiciens , consciemment ou inconsciemment, La vie humaine a ou arrière-fond métaphysique, que cet arrière-fond reste caché ou se maaifeste. L'Ancien Testament a sa métaphysique

I latente aussi bien que le Nouveau. Le D'' Halch lui-même l'admet implicitement à maintes reprises. L'unité de Dieu, le problème du mal , sont des questions fondamentalement métaphysiques. Et les questions soulevées par le Nouveau Testament sont encore plus complexes et encore plus dil ciles. Pourtant ce sont des questions réelles , qui corre pondent à quelque chose, et, une fois soulevées, ces questions ne pouvaient pas ne pas recevoir de réponse. Le monde peut marcher uniquement avec de la métaphysique latente ; mais quand le cours des événements fait sortir U métaphysique du stage latent et quand les esprits des hoDi-' mes sont assez développés pour la métaphysique consciente.

«p^anDicHs. 293

s plus ries à faiie que d'employer les meilleures thodes métapliyaiques que la pcoaée coatempomnc a ant soi et dont elle peut ae servir (!}.

■ U y avait une aiSnitë réelle entre le Nouveau Testapat lui-même et une grande partie de l'édifice qu) a Été i sur lui. Prenez ta doctrine du iogoî , par exemple. Le K Batch ne dit rien, à ce au>et, de l'ëptti'e aux Colosaiens, tl'ëpltre aux Hébreux ou du quatrième évangile; maîa ^ livres ont sùj'ement un rapport easenliel h la question, 1 D'' Hatch donnera à quelque savant futur des Ltériauz très utiles pour Établir une comiwraison entre eigQement du Nouveau Testament et la pliilaaopbie is celte comparaison n'est pas faite par |e

R) M. Purves émet des rélleiiona analogues : « L'effort poifr i des formules compliitos et exactes de la croyancf se, ■ dit-il, ■ l'élimiUBtioa de l'erreur et la création grae des doctrines, tout cela ne s'est pas fait soulemeut souf iputsion de l'esprit grec; tout cela est plus ou moioi Msité de l'esprit humain en soi... Est-U légitime de rejeter B chose pernicieuse l'élaboration postérieure do 1b kfité chrétienne par l'esprit greeî Cela revient à direqo'i

n intellectuel le du christianisme est impossible. Nouv \. voudrions certainement pas considérer les Pères grecs Pëolpaie infaillibles, et nous n'oublions pas que les affirmotiona. doctrinales de l'Eglise sont toujours sujettes à révision daiif la lumière de la parole apostolique; mais il y a, suivant anuq, plus do bon sens à penser qu'il y a une voleur permanente' dans IcB trBVQUK <io l'esprit giec et latin sur la base de l'eiiaeignement apostolique, même en dépit des erreurs auxquelles la pensée non inspirée est toujours sujette, qu'à envisager Ift christianisme comme une pure morale dépourvue des vertèbres de la pensée articulée. La vraie religion est une vi«, car taïoement ; mais certainement cette vie doit trouver son 9X' pression intellectuelle, comme sa nourriture, dans des idëo* définies. »

1294 I.S DOMtB QBBO

D'' Hatch, et elle doit être faite, eu tout cas, avant qu»^ puisaiouB cousentir à jeter par dessus bord l'iiâritai premiers siècles chrétiens.

3° Enfin, en ce qui concerne les décisions de VE a'appujajit sur le verdict d'une pure majorité (déc raillées par le D'' Hatcb), il y a là des questio vent pas être tranchées si légèrement. Aucune des g: décisions de l'Eglise n'a été obtenue par une majorité J chée ou violée. Elles ont toutes été le résultat d'u long et pénible. Si jamais des questions intellectuellél été agitées et travaillées en tout sens par la raison, caS celles-là. Le côté qui a finalement gagné la bataille m souvent en face de soi les plus grandes difficultés & vu Faveur de cour, ruses d'Etat, pouvoir des armées, de jeunes nations , tout cela était souvent du côté opi Bien sûr, nous pouvons dire, au moins des dëcisioE^ plus anciennes et lea plus claires, vielrix causa Deo pli Relativement à leur propre <^poque, au moins, il est dffl de penser que ces déciaions n'étaient pas bonnes, el toujours à prouver qu'elles ne sont pas bonnes pour i Que ce développement primitif ait été incomplet , je É corde très volontiers. Que quelque chose reste à 1 notre propre époque , je l'accorde aussi. Mais ce d un développement sain et salubre que celui qui pi^ ignorer et rejeter avec mépris tout ce qui a eu lien i I ravant.

' Mais laissons là les critiques qui ont et D' Hatcb, et venons à l'examen du itilemmE qui nous a le titre du présent Appendice. C'est dans ia conclusiod l'ouvrage que nous le trouvons.

Quelle est, se demande notre auteur, la relation des^ ments grecs introduits dans le Christianisme avec la utA du Christianisme lui-même?

icé 1

APPBNDioBs. 395

On peut, suivant lui, faire deux réponses :

1» Od peut affiriner que le Cbrtstianistne qui a commencé saps tes éléments grecs, qui a cru sur un sol — le sot palestinien — où la métaphysique pi-oprement dite n'a jamais réussi, qui a gagoé ses premières victoires sur le monde par la simple force morale du Sermon sur la montagne , par la sublime influence de la vie et de la mort de Jéaus- Cbrist, peut rejeter rhellÔDisme et ne s'en pas trouver plus mal, mais au contraire se dresser de nouveau devant le I inonde dans la majesté simple et sans fard des Evangiles. I On peut affirmer que ce qui était absent de la forme primi- ' tïve ne peut être essentiel, et que le Sermon sur la monta- ^Ê I gne n'est pas une partie extérieure, accidentelle, de l'Evan- ^M I gile, mais sa somme et son résumé. ^

i2< D'un autre câté, il est possible de soutenir que l'arbre de vie qui a été planté par la main de Dieu lui-même daas le sol de la société humaine , a été destiné dès le début à croître en s'asslmilant les éléoienls qu'il a trouvés autotir de lui. Il est possible de soutenir que le Christianisme a été destiné à être un développement, et que ses croissances successives sont, pour le temps dans lequel elles se produisent, intégrales et essentielles. U est possible de soutenir que c'est le devoir de chaque âge successif à la fois d'accepter les développements du passé, et de jouer son rôle en amenant les développements de l'avenir.

Entre ces deux opinions, il n'est pas possible de trouver une base logique pour une troisième. L'une ou l'autre doit '■ acceptée, avec les conséquences qu'elle implique. Mais quelque hypothèse qu'on accepte, i! paraît clair que l'élément grec doit être en boane partie répudié. Dans la première hypothèse, il n'est pas essentiel : dans la dernière, n développement incomplet, et il n'a aucun droit à ' Atre tenu pour permanent.

M, Hatch ne nous paraît pas faire une application légi-

time da principe du milieu exclu ■ terliwn non d nous semble que nous ne sommes nullemeat dodUi d'accepEer telle quelle l'antithèse de notre auteur (1),

Qu'est-ce que l'essence du cbriatiaDisme ?

Tons admettre que ce soit simplement une influence a ou un enseignement éthique, si élevés soient-ils. Ou nous l'admettuDs avec empressement, mais noua soute que cette influence morale et cet enseignement étbiqiutl| pliquent et postulent autre chose, quelque chose d'ori^^ et d'unique, la personne de Jésus-Christ. Le christiaDJÀ c'est Jésus-Cbrist Ci]. Mais précisément parce queleej

(1) Lora mâme qae nous l'aceepterioas, d'ailleurs, le i grec ne serait pas dans tous les cas abHolument coi Supposons que noua adoptions la seconde hj'potbéae, révolution. Elle n'entraîne pas la répudiation complâto tout hellénisme. Voici conuoent s'exprime M. Lyman Aïm dans un ouvrage intitulé The Evolution o[ ChriBtia.fU destiné à a reconstruire u le cliristianisme au point de'^ de l'évolution qui est celui de l'auteur : « La tliéoltq l'avenir doit être une évolution, non une révolution. Elleif retenir tout ce qu'il y a da vérité dans les contributions-!^ eeaeives de la pensée orientale, grecque et romaine; c l'évolution de la théologie chrétienne, chacune de c

pensée a fait une addition importante à la vift^ l Ijgieuse de la chré ' nous permettre do mépriser et de rejeter b (p. 93). Et p. ] a La nouvelle théologie peut être décrite largement c I composée de trois éléments : une renaissance de la j I grecque (c'est nous qui soulignons), une renaisaanoe A prit hébreu , et un esprit U'hunianJsme <tù au triompha d démocratie, s

(!) a Tous les chrétiens, sous una forme o croient en Jésus de Nazareth: pour eux touB, la per ainsi nommée, qui a vécu à une certaine date et (tanag certaine contrée, constitue l'objet et la centre de limT>|

B est une persoDoe et parce qu'une peraonne ne peut e connaître à nous que par ses actes et ses paroles diristîanisme est un ensemble de Taits et d'idées, de faite iDitifs et d'idéca définitives. S'il y a dans ces idées des ments grecs, peu importe, elles u'en sont pas moins déinitives. U ne faut pas dire qu'elles le sont parce qu'il y a des éléments grecs. Il ne faut pas dii-e non plus qu'elles le sont quoiqu'il y ait des éléments grecs. Elles le sont, tout simplement. Et la question de la dose d'iiellcnisc entrée dans ces idées du fait de Jésus-Christ (T) oi très est une question toute secondaire, qui n'a rien à voir avec la valeur de

Allons plus loin. Cette personne, cos faits, ces idées que nous trouvons dans la Bible , sont l'essentiel , assurément. Mais qui nous dit que les éléments grecs que nous trouvons

gion; leurs espùrancos éternelles se rattachent é cette apparition historique ; leur adoration de Dieu est liée à . la foi en cet liomme. Cette croyance qui forme le principal, peut-être li^ seul lien Hb fait entre tous les chrétiens, se trouva en même temps constituer l'originalité essentielle tie l gile, le caractère spécial qui distingue cette religion de toutfl, autre attitude prise par l'âme de l'homme à l'égard de l'Eternel. Eliminez par la pensée la foi en la per et, du même coup, tout ce qui implique expressément cette foi en Jésus, ~ que vous reste-t-il du christianisme 7 Une; collection de pensées élevées, conformes à ce que la c science humaine a jamais entrevu déplus pur et de plus grand, mais en définitive rien qui soit absolument original, rien qui n'eût été pensé et dit, une ou plusieurs fois déjà, à Jèrua»^ lem, à Bénarés ou k Athènes ■ (Ph. Bridel, La foi en Jèsuà. <le Nazareth peut-elle constituer ia religion définitive T Reouc chrétienne du !■' sept. 1892, p. 162), CI. notre propre Leçow. d'ouverture dans la Cri(ique philosophique de MM. Renouvier' ' et Pillon, 18gS, t. II.

F Î98 LK DOQME OREC.

dsQS ta théologie postérieure ne sont pus les

, les éléments rationnels les plus capables de Caire humainement saisir par la peusf e réfiécliie et eyt tiquu cette personne, ces faits , ces idées? On nous a! que pour Hsrnnck le dogme •• à son point de départ bien qu'à son apogée est l'œmi'e de l'esprit grec eurle^ raifi de l'Evangile (1). n Mais l'esprtt grec, c'est

' plement l'esprit bumain. Si nous répudions l'idée évolul niste qui infecte la théologie contera iioraine, la du dé vélo Pigeaient fatal et continu, si nous oonsidérona^ 1a philosophie grecque, c'est la plitlosaplue , que llM nismc, c'est la raison, qu'est-ce qui empêche qua la

■" oit trouvé tout de suite certaines formules, certaines ries, tout à tait humaines sans doute (2), mais enfin qnt' formulent les idées et les faits rédempteurs aussi bien qu'il est possible à la raison humaine de les formuler? Noua ne prétendons certes pas que tout soit définitif dans les premières trouvailles de la raison réfléchissant sur le christianisme; nous n'allons mémo pas jusqu'à assurer (ce qui pourtant aérait peut-être permis) qu'à priori il doit forcément y avoir au moins (|uelque chose de définitif. Nous nous bornons à demander : de quel droit affirmer qu'il n'y a et ne peut rien j avoir de définitif? (jes idées et les a l'édempleui's ont-ils changé? sont-ils auti'es qu'il j i dix-huit siècles? Non, évidemment. Peut-on prétendre avec lelque apparence de bon sens que la raison a complètemeat changé depuis dix-huit siècles? Non. Eh bien ! alors urquoi cette raison n'aurait- elle pas trouve au sujet de s faits et de ces idées , des formules, des théories défini-

} tivee ? Noua u'osons pas affirmer qu'elle en ait trouvé ; mai*

(1) Eglise libre. Lettre de H. Kcenig, 28 cet. 1S92, p. 3&3.

(2) Cs qui ne veut pu dîro qu'elles ne soient absolument

iLPPRNDIOBB.

de quelle bonne raison le nier avant tout e.

4L Uatch s'oppose à ce qu'on attribue à une opinion quelconque le titre de définilive? Mais sur quoi se fonde cet i\ priori injustifié et iujuBLiliableî Si toute la vérité change tonjoui's et doit toujours cbangev, il n'y a plus de vérité. Et le fait est qu'il n'j a pas tant de changement que cela. Le fait est que, comme nous i'avoas répété, la pensée humaine est toujours amenée à se prononcer entre des manières de voir contradictoires, antithétiques, entre le oui et le non.

Ëacore une fois, nous sommes loin de prétendre que tout soit parfait dans 1' a aacienne dogmatique, ■ qu'il faille tout retenir des vieux dogmes grecs. Mais nous troun aprioristique qui pi'étend qu'il 13 protestons contre l'alternative tort qu'il enferme ses lecteurs, peut-on lui répliquer, pas plus que vous, noua ne Voulons rien conserver qui soit nuisible au christianisme, ^fà lui soit hétérogène; noua no voulons conserver que son essence; mais nous voulons comprendre cette essence, et, par conséquent, nous voulons conserver ce qui est le s capable de nous la faire saisir. Et justement ce que appelez les éléments grecs, et que nous appellerions, sous, les éléments rationnels, c'est co qui nous fait le mieux saisir intellectuellement l'essence du christianisme ; et sans ces éléments intellectuels, le christianisme se ré - 'évaporarait comme fait une liqueur quand on qui la contient. Il deviendrait d'abord un vante impuissant, et ce mysticisme lui-même ne tarderait pas à se dissiper en inconsistante et insaisissable ¥apear.

vonadéraisonnable l'opit faut tout rejeter. Et i où, M. Hatch s'imagine

poudrait e brise le va gue mystici

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