‹ Le dogme grecChapitre 2 sur 15 · RUE DE SEINE · texte numérisé non relu

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gine hellénique de tels ou tels éléments du christianisme un motif suffisant pour les rejeter, et parce qu'on désire rejeter bien des choses, on est tout naturellement porté à exagérer le rôle joué par la pensée grecque dans la formatioQ de la théologie chrétienne. Mais ce n'est pas contre ces abus que nous réclamons ici : ce serait la matière d'un autre travail. Nous voulons examiner le bien fondé des arguments tirés de l'origine grecque (réelle ou prétendue, peu importe, mais supposée réelle) d'un dogme pour le repousser.

Nous parlons donc couramment du « dogme grec « là même où , pour suivre notre sentiment, nous eussions plutôt dû écrire ; n prétendu dogme grec. »

Nous ne nous posons pas en partisan aprioristique, en adepte quand même du « dogme grec... » dans son intégralité intangible! Non. Notre thèse n'est qu'une thèse de gros bon sens : est-ce pour cela qu'elle est méconnue et qu'elle a besoin d'être réhabilitée? Nous pensons que s'il ne faut pas tout approuver à priori, il ne faut pas non plus à priori tout condamner dans le « dogme grec. '1 Or, actuellement, personne ne l'approuve à priori tout entier; beaucoup de gens, au contraire, lui règleut définitivement son compte d'un trait de plume ou d'un coup de langue. De

là notre attitude, qui paraîtra, par la force même des choses, essentiellement favorable et sympathique aux dogmes grecs. Mais nous ne les défendons que sous bénéfice d'inventaire ; nous n'en faisons nullement un bloc auquel il soit interdit de toucher; nous ne songeons en aucune manière à les soustraire à la critique ; c'est, au contraire, la critique que nous réclamons pour eux, la critique intelligente, informée et attentive, au lieu de cette condamnation dédaigneuse et peut-être injuste qu'ils subissent trop souvent (1).

On a beaucoup discuté ces derniers temps sur

(1) Nous approuvons tout à Tait cm paroles de M. Sabatier ; I Nous ne voulons pas dire que tout soit i condamner dans les formules ancienaes : il s'y trouve, aa contraire, beauuoup de grandes et excellentes idées qui gardent oacoro leur vérité

et leur puissance ;

absolu ni ne peut 6tro impos

tionae s (De la vie intime dei

implement que rien n'y est 'autorité à la pensée cbrctgmes , p. 31). Malboureuscrares et isolés, chez M. Sancore plus chez d'autres. — ur décrire oïactenienl notre s phrases de M. Sabatier et I les formules an-

batier lui-môme tout d'abord, (

attitude, qu'à renverser l'ordre

k. écrire : a Nous ne voulons pas

eJennes soient absolues ni qu'elles puissent être imposées d'au-

[oritê & la pensée chiétienne; nous disons simplement que

tout n'y est pas à condamner ol qu'il s'y trouve, a

beaucoup do grandes et excellentes idées qui gardeat e

leur ïôritô et leur puissance. »

la définition du mot dogme — comme sur b£Q coup d'autres définitions d'ailleurs. Sans doSj les définitions ont leur utilité et parfois i . nécessité. Toutefois, nous avouons qu'il naj serait difficile de nous passionnel- pour 1 relies verbales auxquelles les définitions i nenl lieu trop souvent (1). Après tout, sont pas les termes qui importent, mais les c8 ses. Les définitions de mots sont libres, com le dit fort justement la Logique de Port-Royal;} lorsqu'on emploie un vocable, on a bien le dp^ de le définir comme on veut, à condition qu'a ne heurte pas trop violemment l'étymologie "1 l'usage, à condition surtout qu'on avertisse! public du sens cboisi et qu'on reste fidèle à4 définition une fois posée. Définissez comme 'v voudrez; quand vous aurez défini, prévem nous, et nous commencerons de raisonner 6^ discuter.

La seule question à laquelle il nous semble.3 nous ayons à répondre ici est la suivante :

quel sens prenons-nous, en ce qui nous < cerne, la locution h dogme grec, » lorsj nous défendons le dogme grec contre une j

(1) Nous dîriona volontiars avec M. Fouillée : s T> pss, coinma Raymond LuUo, à la vortu magiquo c lions > {L'Avenir de la métaphysique fondée siir t'expiri»

jOE aprioristique complète? — Nous don- Eau terme dogme, dans. cette locution, une lion permise, en définitive, — nous ne pré- 113 pas commandée — par l'étymologie et i est, pour nous, synonyme de

irquoi alors, dira-t-oii, pour éviter toute tibologie, ne pas dire les doctrines grecques? deux considérations :

première, c'est que la locution dogme grec 'un usage courant, consacré, et que, juste- ^ noire intention est de voir ce qu'il y a cette étiquette, de l'interpréter et de l'ap- D'ailleurs, nous ne condamnerons ni ni personnes au nom de notre seule défiou d'inférences que nous en aurions tirées.

'une manière générale, nous chercherons .uter non pas des mots, mais des idées, et ir des idées et non pas des personnes, '6 seconde considération, c'est que la lodoctTÎnes grecques, c'est trop évident, ne lerait pas la môme chose que la locution grecs. L'expression doctrines grecques indiquerait les doctrines religieuses du polythéisme grec ou les systèmes philosophiques de Platon et d'Aristote, tandis que l'expression dogmes grecs désigne assez clairement des doctrines chrétiennes formées sous l'influence de

l'hellénisme. Il est plus commode de dire dogmt

grec que de recourir chaque fois à une longue périphrase.

Les diverses objections aprioristiques que l'o fait au dogme grec sont souvent contradictoires entre elles.

Voici, tout d'abord, une grosse contradiction qui saute immédiatement aux yeux :

On peut proscrire, et l'on proscrit effective^ ment, les dogmes grecs pour deux raisons gônéw raies qui en excluent une troisième :

1° Il ne faut plus de dogmes grecs, dit-on, parce que, désormais, il ne faut plus de dogmes du tout.

2° Il ne faut plus de dogmes grecs, dit-on, parce qu'il en faut d'autres.

Les deux assertions ne s'accordent pas entre elles. La logique ne permet pas — bien qu'on le fasse parfois — de soutenir en même temps d'un cûté qu'il ne faut plus de dogmes du tout,, de l'autre qu'il faut de nouveaux dogmes, diffé-^; rents des dogmes grecs.

Mais n'insislons pas. Nous nous attacheront' non pas tant à faire ressortir les contradictions^ des diverses objections entre elles, qu'à isoler I quelques-unes de ces attaques et à les envisager I en elles-mêmes pour juger ce qu'elles peuvent 1

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