SCENE V
BRIGITTE, ANGÈLE, HORACE, sur le canapé; JULIANO, sortant de la salle du bal au fond, à droite.
JULIANO. Voici le plus joli boléro que j'aie jamais dansé!
IIOnACE, se levant brusquement et courant à lui. Mon ami... mon cher ami!
Il lui parle bas en l'entraînant au bord du théâtre, à droite.
ANGÈLE, qui a remis ton masque. Ah !
mon Dieu ! il s'est réveillé en sursaut !
BRIGITTE, r/e même. N'allez-vous pas le plaindre?... depuis le temps qu'il dort!... Conçoit-on cela?... venir au bal pour dormir!...
ANGÈLE. Tais-toi donc!
HORACE, bas à Juliuno. Oui, mon ami...
elle!... c'est mon inconnue!
JULIANO. Tu crois?
HORACE. Ceriainement! mais je voudrais en être encore plus sûr.
JULIANO. C'est-à-dire que tu voudrais lui parler.
HORACE. J'en meurs d'envie... mais tant qu'elle sera avec sa compagne...
JULIANO. C'est-à-dire qu'il faudrait l'éloigner.
HORACE. Si tu pouvais.
JULIANO. Je vais l'inviter à danser.
HORACE. Quelle reconnaissance!
JULIANO. Laisse donc!... entre amis... et puisellearaird'ètregentille. (On entend une ritournelle de contredanse , et Juliano s'approebe de Brigitte.) Je ne pense pas, beau masque, que vous soyez venue au bal pour rester éternellement dans ce petit salon... et si vous vouliez m'accepter pour cavalier?
BRIGITTE, regardant Angèle qui lui fait signe d'accepter. Bien volontiers , monsieur.
On entend la ritournelle d'une contredanse.
JULIANO. Mais il n'y a pas de temps à perdre... vous avez entendu la ritournelle qui nous invite... et dans un bal j'ai pour principe de ne jamais manquer une contredanse... "Venez, venez, signora.
BniSMTE, sortant avec Juliano nul l'ct-
l'uîue. A la bonne heure, au moins il ne dort pas, celui-là.
Il sortent par le salon du fond à droite.