FERNAND SEVERIN
Le Don
d'Enfance
BRUXELLES Paul LACOMBLEZ, éditeur
Rue des Paroissiens
MPCCCXCI
Tous droits réserves.
"univers ffjj" B1BLI0THECA
w)v wjw ijf^ n^ h^ ^{v ^|v w^ w^ w|v w^ ^7}^ w^ m^ Vf* w{W ^|^« my
LcA CH^\KSOK "D'UiK "P^UVIiE
A imne réveillé de mes songes d'hiver, 0 plaine, j'ai foulé tes premières rosées ; J'y promène ce front, clair des baisers de l'air, Oà des lèvres d'enfant sonblent s'être posées.
Loin d'un exil sans fin, et fait de tant de nuits! ■ Ce sont des vents légers qui soujlent de l'aurore. Que la ville est donc loin de mes yeux éblouis ! Que n'esf-elle plus vaine et plus lointaine encore?
Hélas ! tu n'oses croire à tout ce que tu vois, Mon cœur déshérité, fait à trop de misères! Est-ce pour moi, mon Dieu, Vhaleine des grands bois ? Pour moi, toutes ces fleurs? Pour moi, ces primevères?
Je n'ose vous cueillir, fleur trop frêle, ma sœur ; Embaumez ce vallon qui m' a rendît mon âme : Car me voilà troublé devant votre douceur, Comme un adolescent sous les yeux d'une femme.
Elle chante, pourtant, la Voix, la bonne voix :
<t Je suscite les fleurs pour que tu les efleuilles;
Retrouve en leur baiser ton baiser d'autrefois,
Et ceins un front fiévreux de ïa fraîcheur des feuilles.
Cœur frère du matin, regarde le matin ! » Et mon cœur trop ailé pleure ses vaines ailes .* « Merci d'avoir paré les berges du chemin ; Mais que je me sens seul parmi ces fleurs nouvelles! »