‹ Le don d'enfanceChapitre 2 sur 17 · LE SO^GE · texte numérisé non relu

LE SO^GE

Seigneur, voici l'enfant, distraite de la terre, Que nous n'attendions pins, en ce mortel déclin; Gardez des vains témoins son rêve solitaire, Et qu'elle aille, avec vous, dans la laine et le lin.

Bienheureuse l'enfant que vous avez éluel Elle a reçu de vous les yeux qui vous verront. Sans doute, en ses réveils un ange la salue, Moins ange et moins d'en haut devant ce jeune front.

Car ses seuls yeux baissés 'purifieront les âmes; Toute petite fille, et telle qu'une fieur 1 Elle sera par vous bénie entre les femmes, Comme une simple hostie a la même Douleur.

Fleur de'i fleurs à venir , qui parfumes d'avance Le mystique jardin ou tu V éveilleras, Laisse-nous, en passant, un peu de ton enfance, Et que les nouveau-nés reposent dans tes bras.

Ton cœur est V innocent trésor évangélique

Que les pauvres d'esprit verront seuls entr' ouvert ;

Et tu les laisseras pour ta gloire angélique.

En leur voilant tes yeux, tout pleins du ciel offert.

Seigneur, voici V enfant, distraite de la terre, Que nous n'attendions plus, en ce mortel déclin; Gardez des vains témoins son rêve solitaire, Et qu'elle aille, avec vous, dans la laine et le lin.

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