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Le don juanisme

'esta vous que revient la dédicace de ce livre. qA qui pourrait -elle revenir si ce nest au plus «grand» de mes amis et à ïun des meilleurs.' Car , votre cœur est inconnu à ceux qui n ont pu réprouver. C'est un de vos dandvsmes, à vous ï auteur de ce livre si profond, si vif, si personnel, et peut-être le plus parfait de vos ouvrages: « Le Dandysme, »

Le Dandysme appelait le Donjuanisme, zl cette psychologie si particulière et si délicate du dandysme , j ai voulu en ajouter une autre , J ordre fins universel^ que f appelle ici le [)on Juanisme.

Te suis heureux d'avoir pu réaliser ce projet à travers tant d'autres., flottant au sein des choses sous la forme inarrêt

de nos rêves. Car, nous sommes des rêveurs : ne nous en défendons pas trop, excepté en amitié.

LE VOCNi JUcAWilS&ÎE

^3 N a écrit sur Don Juan. On n'a pas écrit, je pense, sur le Don Juanisme, c'est-à-dire sur 'i*rj*v & cette chose particulière, sur ces mœurs de toute une race d'hommes dont l'étude comporte une véritable philosophie de l'amour. Peut-être est-ce de la séduction qu'il faudrait dire, car l'amour

1 E DON JUANI

t point dans toute séduction. C cisément là ce qui caractérise le Don . Mais l'amour est la grande faire de la séduction et, par i y.ient,

du D m J

comprend-il seulement l'art de séduit. N n. Ce qu'il faut en-

, c'est l'ensemble des éléments qui constituent et caractérisent une certaine sorte d'amour, une certaine i i d'hommes, un ordre d tion, un entraîneme i mœurs : toute

huma' termi:

11 y a bien des classifications ire

les hommes. I ssent bons ou

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lui sommes, selon toute apparence, redevables du Don Jua . bien que la race juanesque n'ait fait une apparition sérieuse qu'en Espagne, dans un temps où les hommes commençaient à se donner la peine d'observer leurs semblables.

11 n'y a pas à douter que la race juanesque ait été plus ou moins de tous les pays et plus ou moins aussi de tous les temps ; quoiqu'à la vérité elle ait trouvé des milieux infiniment plus favorables du seizième au dix-huitième siècle, qu'au moyen âge ou de notre temps. 11 y a des races disparues. Mais celle-ci est assurée de l'éternité, puisqu'elle est une race dans les races, l'élite d'une foule, le petit nombre dans le grand.

Il y aura toujours des guerriers, des hommes d'État, des artistes, de nobles oisifs ; il y aura toujours des Don Juan. Etudier cette race, cette classe d'hommes n'est pas sortir de l'étude sociale la plus philosophique et je dirais même la plus scientifique, si je ne craignais ici de rebuter mes lecteurs, le très-petit nombre de mes lecteurs. Car il y a aussi bien des

classes de lecteurs, et il s'en rencontrera pour le Don J nanisme qui ne sera pas tout le monde. Je n'écris, d'ailleurs, que pour quelques-uns, ou tout simplement pour le plaisir d'écrire.

La gravité d'une telle étude a-t-cllc besoin de se justifier > La moralité est dans l'étude, elle n'est pas dans le sujet. Voilà qui pourra rassurer ceux qui ont soif de moralité dans les livres. La moralité 1 mais elle est partout, comme la politique qui n'est pas toujours, il s'en faut, la moralité. Et, c'est bien le caractère de notre temps Je demander tant de moralité dans les écrits et d'en mettre si peu dans les choses. Nous n'avons plus de respect que pour nos préjugés, et n'aimons en nous que nos défauts.

Nous n'avons peut-être plus que cela d'aimable.

Qui a écrit une seule fois un livre politique ou philosophique semble éternellement condamné au genre lt.ivc.

Imaginez un homme d'btat écrivant un roman, alors même que ce roman serait aussi ennuyeux qu'.V à (plie, qui d'ailleurs

n'est pas un roman ; l'auteur s'expose à perdre tout crédit politique.

Donner à bien penser de soi est un des principes de la mécanique du succès.

Cette préoccupation qui, de tous temps, a rendu la jeunesse gourmée et insupportable a créé le genre dévot. Aujourd'hui, elle ne crée que le genre ennuyeux. Le scepticisme le plus athée ne suffit plus à rendre l'incrédulité aimable. Il fauttrop d'esprit pour se moquer de la croyance des autres. Il est plus simple de n'avoir ni esprit ni croyance : ce qui fait que ceux qui ont une croyance n'ont plus rien à pardonner à ceux qui s'en moquent. On finira par se dévorer. Voilà ce que M. de Voltaire n'aurait pas souffert.

Mais, que nous importe > L'esprit seul ne se dévorera pas ; et, lui seul, sans doute, demeurera sur les ruines de Babylone.

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rent dans quelque problème humain que ce soit.

Avons-nous assez employé, et nousmême comme les autres, et jusqu'à l'abus, ces grands mots, si pleins d'ignorance, de « physique et de moral ! » Et nous les emploierons encore pour être compris :

mais nous en demandons pardon par avance.

L'être humain sort de l'Etre Universel tout d'une pièce, avec le monde moral et physique confondus dans ses organes, dans ses facultés. L'impulsion qui le jette dans le monde extérieur, l'y jette d'un seul coup et tout d'un bloc. Le déterminisme est absolu. Il sera Don Juan ou Werther, comme il sera homme de guerre ou poète.

L'éducation , l'instruction , dont j'ai ailleurs déterminé la part*, ne réussiraient qu'à en faire un faux Don Juan ou un faux Werther.

S'il y a réellement en lui l'étoffe de l'un ou de l'autre, je demande qu'on

* Voir : L'Être social.

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