‹ Le don juanismeChapitre 2 sur 9 · I E DON J U A N I S M E · texte numérisé non relu

I E DON J U A N I S M E

l'élève et qu'on l'instruise le moins possible. On nous gâterait ce modèle, si rare à retrouver aujourd'hui dans les homoncules que nous sommes : Don Juans de hasard flétris par cette vie moderne, si

sitive, si dure malgré ses prétentions humanitaires, et, d'une platitude si universelle que toutes les aines, comme toutes les situations, y semblent contenues au même niveau; Don Juans impossibles à dégager à travers cette muraille de médiocrités jalouses qui ne permettent pas de franchir le rang et tirent sur leurs propres chefs, sans scrupules, à la moin - • -ntati-. : inchissement.

C 'it seraient-ils Don ïuan, ces

hommes rares qui pourrait l'être, si, en se disl l int des autres, ils n'étaient aussi ulés aux pieds ?

l.i société nous fru^re, en les rend ibles, de ces précieux sujets d'ob-

rval n. Si, de loin en loin, nous en 1 ju'un, il se dérobe

|Y :«, il ppe de mystère; il

n< ni sûr. 1 1, sans ces

la liberté et la sécurité, il

n'y a pas d'art ; nulle échappée, nulle spontanéité, nul développement. Le psychologue se trouve dans le cas d'un astronome qui, attentif au passage d'un astre, aurait la douleur de le voir se voiler d'un nuage, au moment où il allait en découvrir tous les aspects.

Ceci fait bien l'affaire de la petite morale bourgeoise, qui est peut-être la seule réelle en ce temps et qui vaut peut-être mieux que l'art et la science mêmes , lorsqu'ils se trouvent forcés de l'enjamber pour continuer leur marche. Ils se retrouveront au bout du chemin : c'est convenu. Mais en attendant, nous allons faire grincer des dents bien du pauvre monde : Et, voilà l'art et la science lapidés en place publique, la plus mauvaise place pour être lapidé doctement.

Pauvre Don J nanisme ! Cette philosophie du genre d'amour qu'il représente sera peut-être sa dernière histoire. Quelques fats s'y retrouveront encore sans oser s'y reconnaître. Ce sera bien la fin, ou plutôt l'éclipsé, de cette race d'hommes ; car la race est plus résistante que l'homme ; et,

la race juanesque, il laut le répéter, n pas de celles qui soient destinées à une entière disparition.

Cependant, si ce tempérament qui donne naissance au Dm Juanisnn lit à

disparaître, car il en est d< Qpéraments comme de toutes choses, il y a apparence que le Donjuanisme serait bien près de sa fin.

tempérament qui caractérise notre ipS n'est pas précisément le tempérament sanguin. Ce siècle est exsangue.

• le siècle des névroses: Les nerfs dominent. Un Don Juan nerveux serait bientôt perdu.

Page 1