‹ Le donjon de Vincennes drame en cinq actes et dix tableaux par mm. Dennery et GrangéChapitre 13 sur 89 · LOCUS · texte numérisé non relu

LOCUS

Le rêve, mon ami, c’e*t la douleur écoulée, ce sont les mauvais jours évanouis... ces jours d'angoisse, de déchirements et de larmes, passés dans lu tombe du cloilre.

FOUQUET

Que tu a» dû souffrir!

LOCM.

Hélas ! ce que j'ai souffert. qui pourrait l’exprimer?... Se voir séparée de tous ceux qui vous sont chers. Renoncer à vingt ans au monde, à l’amour, à l'espérance, à tout ce qui fait vivre et rend heureux! Se dire: Les autre? ont une famille, de» amis, une patrie Moi, je n’ai plu» de patrie, d’ami» ni de famille. La maison où je suis née, les être» que j'aimais... je ne le? reverrai plus... jamais une main chérie ne pressera la mienne... Jamais un souvenir ne franchira la pierre de mon sépulcre!... Ma mère... ma mère mourra, et je ne recevrai pas son dernier baiser!... Oht comment ne suis-je pas devenue folle? Comment ne sois-je pas morte, mon Dieu?...

FOUQUET

Pauvre Louise bien -aimée!... mais ces vœux cruels que je t'ai vue prononcer, que je croyais éternels, comment ont-ils pu être brisés?

LOUISE a» IA*».

Ah! c’est que mon bon ange veillait pour me sauver! C’est que, quand je désespérais, moi, ma mère espérait encore.

FOUQUET

Ta mère...

IOC1SK.

Son unique pensée avait toujours été de Taire rompre me» liens... Tant que le comte de Moresant vécut, elle dut se courber nous cette volonté Inllexible ; lui mort, elle résolut d’accomplir le projet qu'elle avait formé. Quoique brisée, affaiblie par les chagrins, elle n'hésita pas, elle partit pour Rome. Ni les diflicullës, ni lcsfatlgnes du voyage ne la rebutèrent Dieu donne aux mère» le courage... et l’espoir de ma délivrance la soutenait en chemin... Enfin, elle arriva dans la ville éternelle... Là. elle courut se jeter aux genoux du Saint-Père, lui raconta en pleurant la violence dont j’avais été victime, le supplia de lui rendre sa U lie... Le vicaire du Christ, touché d'une telle douleur, releva la pauvre mère.» Le Ciel, dit-il, n accepte que le» vœux volontairement formés.» ht lui remettant le bref qui me rendait au monde, il la bénit au nom du Seigneur. Alors, sans prendre une heure, un instant de repu», la vaillante pèlerine se remit en route. Quinze jour» après, elle était de retour en France, elle se faisait ouvrir les grilles du couvent où ie la vis apparaître comme l’ange de la Rédemption... Mai? lié-las! épuisée, mourante, n'ayant plus de fort e? que pour me presser sur son cœur et me dire un supiêmc adieu! Tu es libre, ma fille, me dit elle, ma üche est accomplie... Et je la vis pâlir, je la vis chanceler, et je reçus son àmo tlans son dernier baiser!...

FOUQUET

Morte !... elle est morte !

LOUISE, I** larme* a ni ym.

Oui, morte en me sauvant... morte en me donnant pour la seconde fois l'existence !

FOl'QUET , hk

Oh ! je veux à force de dévouement, de tendresse, te rendre tout ce que lu as perdu 1

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