SCÈNE III
Les mAmeh, FOUQUET.
FOUQUET, qm «ical d'«»lrcr pu la droite ci • celtsda la* deraken ooii.
J'ai ou celle audace... oui, messieurs.
TOUS* t part.
Le surintendant !
DE f.ÊVRES, «la mime. «
Il nous écoulait I
DE LTORRK, ItrHraabli.
Ah-! pardon... veuillez excuser... ce n'est pas cela que... fOOQOR , mm lui lépeedre.
Je tursde chez Sa Majesté... J'ai eu l'honneur de lui adresser mon inviUUuu.
TOUS
Ali!
FEUàSON.
Hé bien?
UK LIONNE.
Le roi?
FOUQUET
U' roi, à qui probablement cette demande a semblé moins étrange, moins audacieuse qu'à vous, messieurs, a daigné la recevoir sans indignation, sans colère... et m'a promis de me faire connaître sa décision aujourd’hui, après l’audience.
DE I.TORKt, Ui t Crm».
Il refuserai
DR CKVRKS, b».
C'est certain. Le roi ne saurait sanctionner par 6a présence..
Googl(j
LB DONJON DK VINQKNNE»,
CS LTOXNE, Ü t o»v. <■«! «p*rU, * ëch>t>*e lotl-jaei fui à «MX
laimi am |Ai«Wo.
A merveille, monsieur! recevez mes félicitations. du c.tvREs.
Les nôtres.
pélisson, • put.
Huin... courtisans!
DR LYû.NNE.
Le vent de la faveur souffli 1 pour vous.
DK l.KVRKS.
Tout vous sourit... vous êtes heureux.
roi'QL'BT, »« »a w<rir« ibw.
Heureux!
DE LYON SE
Ce luxe, cet éclat, cos fêtes brillantes...
bouqurt.
Oui, l’éclat, les fêtes, pour quelqu«s-uns, c'est le bonheur... Il y en a d’autres qui n’y cherchent que l'étourdissement et roubli...
BBUsSON, * part.
Oue dit-il?
booqcet.
Mais moi, messieurs, mon bonheur est si grand que chucun m'envie.... puisque ma position, ma fortune, me font tant de jaloux et d’ennemis.
DE UONSF,-
l)e ennemis!... à vous?
BOUQUET
Monsieur Le tel lier, monsieur Colbert, bien d’autres encore... On se ligue contre moi, on calomnie mes actes, mes libéralités,.. on cherche à me renverser, à me perdre...
DB LYON NK.
Vous penseriez?...
BOUQUET
Et c'est tout simple; je suis si heureux!... moi, le brillant ministre ; moi, le fastueux ordonnateur de soupers et de fêles* moi, que ion appelle le favori des dames de la cour!... Ah! vous avez raison, je suis bicu heureux !
(11 leur fait uti geste de U main et vient s'asseoir sur lu devant dans un fauteuil où il reste accablé. — Le» courtisans remontent en se parlant bas. J
BWJSSQN, uni s'a c«t4 d’sbtsner BOu>|ucl, a pari, un mut.-i.
Encore un de ses accès de découragement, de Instessc !... (s'apyTTcliMl.j MoUSCignCUI ...
BOUQUET
Péiisson!... (tut t*tn1ain la nain) Ull ami !
MÈt-tSSOS.
Oui, un ami... pour lequel vous avez des secrets...
BOCQl'tT.
Des secrets!
péltssos.
Ce n’est pas la première fui» qu’il m’arrive de remarquer la sombre mélancolie qui s'empare subitement de vous... même au mil icu des plaisirs. Vous souffre»?... vouz avez un chagrin?...
bouquet.
El quand il serait vrai, à quoi bon vous parler d'un mal sans remède., d'une blessure que rien ne peut guérir?
PKtlSSOX
Et pourquoi?
BOUQUET
Parce qu’entre mes désirs et le bonheur il va labiiiie... parce que celle que j'aime est à jamais perdue pour moi!
BKLISSOI».
Comment 1 c'est une femme?...
rouuutr.
Une jeune fille de inu ville natale, Louise de Mouvant, mou premier... ou plutôt mon »eul amour. Nuire tendresse l’un |xjur l’autre dataitdc notre enfance, et, comme une (leur, s’était épanouie &u soleil de notre jeunesse. Mais j’étais pauvre et obscur alors... et quand je demandai Louise à son père, celuici, gentilhomme fier de son titre et de scs richesses, me la refusa. Ce refus, loin de m'abattre, excita mon courage. Je résolus de faire fortune, de ine créer une carrière, un nom, afin de mériter, d'obtenir un jour celle que j'adorais... Et apres lui avoir fait jurer cio m'attendre, de n'étre jamais à Ut autre, je parti» pour Paris. Plusieurs années s'écoulèrent, année» d’oludes. de veilles et de patience. — Enfin un premier succès venait de couronner mes efforts... lorsque je teçus une lettre de Louise.a Accourez, ni écrivait-elle, venez me sauter! » Frappé de surprise, d’épouvante, je me mut* aussitôt en roule, brûlant le pavé, dévorant l’espace... Hélas! je devais arriver trop tard! Quand j'entrai dans la ville, le» clucbcs sonnaient , la foule était assemblée dans l'église. — Louise, à qui son père
n'avait laissé do choix qu'entre un odieux mariage et le cloître, avait choisi le cloître, qui lui permettait du moins de tenir le serment «nielle m’avait fuit. Contrainte, menacée par son pere, elle s'était laissé traîner à l’autel... Déjà le sacrifice était consommé; déjà, des vœux éternels la ravissaient au monde ! Au cri aue je jetai, elle tourna ver» moi de» yeux pleins de larmes... Se» lèvre» semblèrent murmurer un adieu. Je m'élançai pour la reprendre, pour leur arracher leur victime... Mai» une grille se ferma sur elle et je la via entrer vivante dans cette tombe, où die emportait toute» mes espérances, tout mon bonheur, toute ma vie !
râuasoR.
Je comprend».
BOUQUET
Et maintenant, mon ami, «lirez- vous aussi comme eux tou» que je suis bien heureux?
PELIS30N.
Non !... je comprend» vos regret», votre désespoir.
BOUQUET
Si je n'y ai pas succombé, c'est que j'avais une vengeance à accomplir. De là, ce désir de n» 'élever, ces rêves ambitieux réalisés avec persévérance. Je voulais jeter mon élévation, ina grandeur, comme un remords, a ce père inflexible, auteur de tou» mes maux. — De là aussi, cette soif de plaisir», de bruit de d|s»ipaÜon», que j'ai besoin «le satisfaire, pour étourdir ma tête à défaut de mon cœur.
FËUB80N.
Pauvre monsieur Fouquet !...
roc QU et.
Mais la foule se rapproche... Ne restons pas ici... Ces souvenirs m'ont brisé... J’ai besoin de me remettre. Venez, mon ami, tenez!...
(Il s'éloigna par Io fond, » gauche, avec l’élisson. — Les courtisan» qn!
*o vont rapprochés, les regardent sortir en s'inclinant devaut Pou-
quec.)
SCÈNB IV.
UE 1.V0MNE, DECÊVRES, DE SAINT- AIÜNAN, «la Genius do meks.
DE LYOSNB.
Eh! mai», ave*-vou8remarqué,mcs8ieur»? quel air soucieux!... accablé !...
SAISI- AHMAll.
En effet... Qu’a-t-il donc?
DE LY0SSB.
Pressentiment, sans doute. 11 voit que la faveur »c retire d« lui, pour passer sur monsieur Colbert.
DE f.ÉVRES.
Croiriez-vous à une disgrâce?
DE LTOSM.
Messieurs, la chute de cet homme n’est peut-être pas éloignée, et dans tous le» cas, elle est inévitable. La magnificence du • surintendant est une atteinte portée à la magnificence du roi. Celui qui a prb pour devise : JVeo p/urïtus impur, ne souffre de rivalité ni dans son faste, ni dans son pouvoir. Comme il U y a au ciel qu’un soleil, il ne doit y avoir qu'un rui en France.
DE CftVRE».
Et le luxe de Fouquet n’est pas» dit-on, la seule concurrence qu'il sc peruielte de faire à Sa Majesté.
TOUS
Comment ?
DE OÉVAE».
Oui, Messieurs, on prétend que non content de l’éclipser en somptuosité, en grandeur, il a osé encore lever les yeux jusque sur sa maîtresse.
TOUS
Sur mademoiselle de La Vallicre!
- DE LYONSE, r«n*if.
Oh ! si l’on pouvait prouver cela, c’est alors qu'il serait perdu !
saint- A ies as.
Lui, amoureux de Louise de la Vollière! allons don«: !... quelle folia 1... U a d’autres amours.
DE LYONSK.
Et lesquelles?
SAIXT-AICJUN.
Quoi ! vous ignorez qu’il n’est occupé depuis quelque temps que de la belle Athénai» ?
DR LIONNE
La sœur du marquis de Saint-Mars ?
DE CléVRUL
Lieulenaal au régixneut de Champagne?
LE DONJON DK V1NCFNNES.
SAINT-A10NAN
Justement; il en est devenu amoureux, en Vahsence du frère qui tient garnison, «ans sc douter qu'on chasse ici sur ses terres. TOUS,
Ah! ah ! &h!
DK LÏONîtE.
Chut! voici quelqu'un!
SCftNK V.