SCÈNE lit
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Voilà donc mon rêve accompli ! je touche à l’apogée de la gloire et de la puissance. Mon siècle est celui des lettres et des arts, celui des grands ministres et des grands capitaines. Leurs noms illustres rayonnent autour de moi comme les planètes autour du soleil* Llossuel, Colbert, Coudé, Calmai, Racine, Molière, c'est à dire : l'éloquence. la science, la bravoure, le génie ! Quels hommes M quelles choses ! Mes vaisseaux sillonnant les mers; de vaillantes années étendant mes conquêtes; la Hollande tenue en échec; l'Espagne, riche succession promise à ma couronne ; de toutes parts on m’offre des traités, on Irrigue et recherche mon alliance; redouté de nies voisins, béni de mes sujets, mon sceptre s'étend sur le monde. A nia voix, tout tremble, à ma voix tout progresse et fleurit. Mes parlements soumis s'inclinent et reçoivent mes lois : les écoles se fondent, les poètes me chantent, et— Versailles s'élève !.. .Versailles, majestueux domaine, édifice sans rival où je veux placer le siège de mon empire et qui doit redire mon nom aux
DE VIN^ENNES. 23
I âges futurs !... Versailles, ce temple dont Je suis en même temps le fondateur et le dieu!... Ah ! ce palais est plus beau que n'étalt le vôtre, monsieur Fouquet !...