‹ Le donjon de VincennesChapitre 5 sur 14 · ET HENRI IV · texte numérisé non relu

ET HENRI IV

(4) Louis Xin avait pris en affection le séjour de Yincennes, et il y chassa le premier au tir. Par U même occasion, il s'occupa du donjon, dans lequel, sous son règne ,

plusiearf prisonniert de marque furent enfermes. C'est Richelieu qui réglementa la prison, Louis XIII orna le château. Le ministre a beaucoup influencé les gouYerneurt et les geôliers, comme on le voit par l'exemple d'Ornano, de MM. de Vendôme et de Puyiaurens.

(5> Ces papiers et ces livres, qui sont de méchantes choses pour Catherine de Médicis de la part de la Mole, lui déplaisaient moins de la part de Ruggieri, qui fut impliqué dans cette affaire, car elle le fit condamner seulement aux galères, d'uù ce misérable s'échappa, comme on pouvait facilement le prévoir. On fiait que les relations de Catherine avec Ruggieri n'absolvent pas cette reine du crime de sortilèges qu'elle punissait si cruellement chez les autres.

(6) Marie de Médicis et le duc d'Épernon furent soupçonnés d'avoir trempé dans le meurtre de Henri IV. Le duc d'Épernon en fut même accusé ouvertement par la demoiselle d'Escouman. L'affaire alla devant le parlement, qui, le 30 juillet 1611, condamna la jeune femme à une prison perpétuelle. Richelieu, dans ses mémoires, écrivit à ee propos cette phrase bien remarquablement profonde :

« Cette auguste compagnie eût fait mourir la demoiselle d'Escouman par le feu à la ▼ne de tout le monde, si la fausse accusation eût été d'un autre genre ; mais où il s'agit de la vie des rois, la crainte qu'on a de fermer la porte avw avis qui peuvent être aonnés sur ee sujet fait qu'on se dispense de la rigueur des lois. »

(7) Le prince de Condé avait pris pour mot d'ordre Barrahas , c'est-à-dire Barre à has , allusion aux armoiries de la maison de Condé, qui portait une barre sur l'écnsson. Sans cette barre, ses armes devenaient semblables en tout point aux armes royales.

(8) « M. de Sully demanda audience à la reine pour lui parler seul d'affaires qu'il disait importera la vie de leurs majestés. Elle avait pris médecine; mais, sur un sujet si important, elle ne jugea pas devoir différer è le voir. Le roi s'y trouva par hasard. Les sieurs Mangot et Barbin y furent aussi. » {Mémoires du cardinal de Richelieu* )

LE DONJON DE VINCENNES SOUS LA REGENCE D'ANNE D'AUTRICHE ET SOUS LOUIS XIV.

C9) Mémoires de madame de Motteville.

(10) La poire d'angoisses était une petite machine de fer et de bois, ingénieusement taillée en forme de poire, et que l'on introduisait dans la bouche du patient. Un ressort se détendait et dilatait la poire de façon à tenir la bouche aussi ouverte que possible. La victime de cette plaisanterie ne pouvait plus crier; pour remettre la poire dans son état naturel, il était nécessaire d'employer une clef que les auteurs de la mystification se gardaient bien de confier àu patient.

(11) Ce fat le mot de François l«', lorsqu'il toucha It terre de France au retour de sa captiTité. ( Hémairet de madame de JiotteviUe, )

(12) Cromwell était venu après le siège de la Rochelle visiter le donjon de Vincennes, et on lui apprit que les princes avaient été renfermés dans cette prison : « Quel coup pour des princes ! disait-on au futur protecieur des trois royaumes. - Mauvais coup, répondit-il; on ne doit frapper les princes qu'à la tète. » Mais en France la captivité de Condé avait inspiré les poètes. On le plaignait, on l'adorait après l'avoir tant détesté. Mademoiselle de Scudéry composa le madrigal suivant à cette occasion :

En voyant ces œillets qa'un illustre guerrier Arrose d'une main qui gagna des batailles, Souviens-toi qu'Apolloo b&tissait des murailles, Et ne t'étonne pas que Mars soit jardinier.

(13) Le prince de 0>ndé avait fait pendant le voyage une petite chanson contre le comte d'Harcourt, son nouveau geôlier. La voici :

Cet homme gros et court.

Si connu dans l'histoire.

Ce grand comte d'Harcourt,

Tout couronné de gloire, Qui secourut Casai et qui reprit Turin, Est maintenant recors de Jules Mazario.

(14) Le prisonnier du Puits avait trouvé le secret de durcir l'étain. H fondit la vaisselle et s'en fabriqua des clefs avec lesquelles il pénétrait dans les chambres des prisonniers, ses compagnons d'infortune ; presque tous furent bien surpris de le voir inopinément se glisser chez eui. Quelques prisonnières, dit-on, ne furent pas insensiblei aux soins qu'il prit de leur plaire.

(GoNSTAirriir db Rbnnevillb. Inquisition françaiêe.)

(15) LoQvois ne pouvait se maintenir dans son poste qu'en se montrant nécessaire, et n'était nécessaire qu'en poussant perpétuellement Louis XIV à la guerre. On lui reprochait rincendie du Palatinat, le succès de la descente de Guillaume en Angleterre. Madame de Maintenon s'aperçut que le roi devenait froid pour Louvois, et acheva de le perdre. Elle remit à Louis XIV deui mémoires qu'un espion avait dérobés chef Louvois, et que ce ministre avait apostilles. L'un éuit un projet d'irriter si fort le duc de Savoie, qu'il fCit réduit à (aire la guerre au roi. L'autre avait pour but d'exciter les Suisses à la révolte en violant les capitulaUons faites avec eux.

Le roi provoqua une explication, et louvois se montra hautain et arrogant* Louis XiV s'emporta; Louvois jeta aussitôt ses papiers sur la table en disant: «On ne saurait vous servir. » Le roi saisit les pincettes et poursuivit Louvois pour l'en fNipper, ce qu'il eût fait sans madame de Maintenon.

Après quelques jours, pendant lesquels le roi s'était apaisé, Louvois recommença de parler avec arrogance, et cette fois Louis XIV leva sa canne avec une fureur sans exemple. Louvois sortit comme un fou, rentra^chez lui, et dit en tombant sur un fauteuil : « Je fuii perdu 1 » Il but alors un verre d'eau, pour étancher une soif horrible et a. M

calmcrdes doukuri aï^itës qui lut df^chiTûitnL la poilrine. Mais aussitôt il seiîtil redoubler K^ii mal ei ('xpira quelques momenU apréa.

Madîinie de Scvï^iiérakoutt qu'il l'auLu^ïi^^ on irouvu le cœur du tuinblrc 6e»ê^ùhé et lordu. Les ftoiic^ori» d'ciuçiobounemcnt surfirent; et i« frotUiur des appartemenU, qu'on avait vu louctit^r à là cuTute d'c4iu, Tut accusié, jugé cl reofermé étm. àiu à Viaceoacs^ Ce pauvre homuio uUit en elTct bieu in du ce ut*

fin CBS ncms*

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