‹ Le donné révélé et la théologieChapitre 122 sur 130 · In Epist. a. Pauli I ad Timoth., J, lect · texte numérisé non relu

In Epist. a. Pauli I ad Timoth., J, lect

leur intégrité de vrais biens divins, et deviennent le principe de toute l'orientation de l'activité entière vers la béatitude, ce terme de la vie surnaturelle véritable. Parce que le dogme est vrai, la foi est vraie, la charité est vraie, la vie surnaturelle tout entière est vraie, la vraie vie future est amorcée. Cette forme idéale du vivre humain, que saint Thomas résumait dans ce mot nerveux : Veritas ntae, — la vérité de la vie, — est acquise, grâce au dogme, et cela en regard de la fin dernière, du Dieu que le juste de la terre doit posséder face à face dans toute la plénitude d'une vision unique, et avec qui il se familiarise dès ici-bas par les certitudes détaillées qui se font jour en lui. — Peut-on dire, après cela, que le dogme n'a pas de valeur pour la vie surnaturelle ?

II. La Théologie. — ^ Son cas, dit-on, est plus difficile, surtout depuis que le grand Newman a prononcé sur elle l'un de ces aphorismes péremptoires qui, dans des milieux de piété inflammable et jeune, sont reçus comme autant d'arrêts : « La Théologie, a-t-il dit, n'est pas un article de dévotion, not devotional, »

Et M. Tyrrell, moins sobre, plus dramatique : « Nous sommes plus forts en théologie que saint Pierre ou sainte Marie-Madeleine; mais avons-nous plus de foi, d'espérance, plus d'amour? Est-ce que rÉglise produit aujourd'hui une floraison de sainteté plus abondante qu'autrefois?... Et s'il n'y a pas de progrès dans la vie surnaturelle, à quoi bon un progrès dans la lumière surnaturelle^? »

1. Throuc/h Scylla and Çharyhdis, XH, Theologism, areply, p. 32o.

A quoi bon?... Mais peut-être à permettre à M. Tyrrell de faire le raisonnement qu'il vient de faire et qui aboutit, révérence parler, à cette conclusion îhéologique que « l'apostolicité littérale », comme il l'appelle, c'est-à-dire la lettre simple de l'Évangile mérite seule d'être vécue, qu'elle seule fonde la vie surnaturelle chrétienne : conclusion que nous contestons, mais qui serait capable, si elle était vraie, de guider utilement la vie surnaturelle, de l'empêcher de s'égarer; conclusion qui, à Texaltation religieuse avec laquelle M. Tyrrell la proclame, semble bien se chiffrer pour lui par une augmentation d'intensité de sa vie spirituelle. N'est-ce rien cela^?

Mais, pour n'en pas rester à l'autorité de M. Tyrrell dans un sujet aussi important, remarquons d'abord que la valeur de la théologie pour la vie surnaturelle est souvent solidaire de la valeur même du dogme pour cette mêm.e vie. La théologie, en effet, nous ouvre fréquemment un passage vers des vérités qui seront des dogmes de demain-. Si donc, comme nous venons de le voir, le dogme a une valeur pour la vie surnaturelle, la théologie ne saurait en être dépourvue. Aussi, parmi les doctrines théologiques

1. M. Tyrrell, quoi qu'il en puisse penser, n'a pas inventé cette objection. Voici comment saint Thomas la formule : Videtur quod per snccessionem lemporum fides non profecerit quantum ad ea quœ sunt explicite credenda. Fides enim, ut dicitur in littera (P. Lombard, ni Hent., dist. XXV), cariiali proportionatur : Sed caritas est eadem et sequalis per omnia tempora, ergo et fides. Réponse du saint docteur : Direndum quod caritas in voluntate est. Ea autem quse ad voluntaiem pertinent, non indigent experimento et tempore sicut ea quse sunt in intellectu, in quo est fides... Et ideo profectus cari tatis, proprie loquendOy non attenditur secundum diversa tempora nisi per accidens, in quantum tempore redemptioais plenior infunditur gratta quantum ad communern statum. In HI Sent., dist. XXV, q. it, a. 2, sol. 1, ad l"".

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