Cf. leçon V
EPILOGrE. 341
consacrées par les définitions de l'Église, en comptons-nous un certain nombre dont l'effet immédiat est de nourrir, assurer, fortifier, guider la vie intime avec Dieu. Voyez par exemple cette doctrine de l'habitation de Dieu en nous par la grâce sanctifiante. Pendant des siècles, elle oscille entre les imaginations de ceux qui veulent que Dieu lui-même s'unisse matériellement k l'ame, « comme le feu, disent-ils, envahit et pénètre un charbon enflammé, un morceau de fer incandescent », jusqu'à l'opinion qui fait de la grâce le bon plaisir de Dieu, la bonne volonté permanente qu'il a de nous sauver, cest» à-dire un acte divin, acte extrinsèque à notre être, et qui nous rend divins en laissant Dieu hors de nous. Or, saint Thomas avait indiqué la position moyenne en disant que l'amour de Dieu pour sa créature, s'il est efficace, est nécessairement efficient, et donc produit un effet réel. Lamour de la première cause ne saurait, en effet, recevoir; il n'est pas passif comme l'amour créé : pour Dieu, aimer c'est agir, et agir, c'est au fond créer. Il n'aimera donc pas qu'il ne crée, Il ne voudra pas nous associer à sa vie, sans qu'il crée en nous un cœur droit, capable de L'aimer comme II s'aime lui-même; sans qu'à son acte créateur corresponde dans notre nature, comme une qualité divine, la configurant à l'image du Dieu, qu'il s'agit d'aimer, pour ainsi dire, en Dieu^ Par cette sublime pensée : l'amour efficace de Dieu ne saurait être qu'an amour créateur — voilà le pont jeté, les deux opinions opposées devenues complémentaires l'une de l'autre, voilà Dieu ha-