X INTRODUCTION
ment peut-être, une « œuvre d'assainissement » du domaine théologique. Ce n'est pas seulement en Apologétique, en effet, que nous constatons la confusion des doctrines et des méthodes ^ c'est aussi en théologie. Quest-ce, au juste, par exemple, que la Théologie positive? Qu'est-ce que la « Théologie historique » ? Qu'est-ce que « la Théologie biblique » ? En quoi ces disciplines diffèrent-elles de l'Histoire des Dogmes, de l'Histoire des Doctrines, de l'Exégèse biblique? Quelles sont leurs relations avec la Théologie proprement dite, conservée, dans la nomenclature des disciplines nouvelles, sous le nom de Théologie spéculative? Autant de questions diversement posées et diversement résolues^.
Je n'ai pas ici l'intention de solutionner toutes ces questions. J'y toucherai dans la mesure où il paraîtra utile pour mettre en lumière la notion de la Théologie que je considère comme la seule vraie. Je défendrai donc la Théologie catholique véritable contre les entreprises d'annexion ou d'infiltration de sciences connexes, dont le but, le point de vue, l'objet et la méthode sont toutefois différents. Mais, dans l'exécution de ce plan de défense, je me proposerai comme principal objectif de manifester, directement et pour
\. Cf. Opère cit., p. 131-134 et 142-155.
2. Cf. la Note du P. Jacquin, Question de mots, etc., et la bibliographie qui l'accompagne, dans la Revue des Sciences philosophiques et théologiques, janvier 1907, p. 105; Lemonnyer, Bulletin de Théolo- [/fe biblique, Ibidem, p. 130-133; Schwalm, Les deux Théologies, etc., Ibidem, novembre 1908, p. 674; Coconnier, Positive et spéculative, Revue thomiste, janvier 1903; T. Richard, Étude critique sur le but et la nature de la Scolaslique, Ibid., mai 1904; M?"^ Mignot, Lettres sur les Études ecclésia'itiques, spécialement Lettre VI, Paris, 1908. Nous nous en tenons là, mais on trouvera l'indication d'autres contributions à la question dans la Bibliographie des articles et ouvrages cités.
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lui-même, le caractère spécial, autonome, unique de la Théologie. De même, en effet, que la meilleure manière de n'être pas attaqué, c'est de mettre hors de pair sa valeur personnelle, le meilleur moyen de soustraire une doctrine à la tyrannie des disciplines connexes, c'est de faire la preuve de sa consistance intrinsèque parfaite et de son autonomie.
Cette tactique est celle que j'ai suivie dans l'ouvrage complémentaire de celui-ci, pour dégager l'Apologétique de cette « tunique de Nessus » que lui ont tissée ses sœurs ennemies. 11 a suffi de mettre clairement en évidence son objet formel, la Crédibilité, pour que les autres disciplines fussent irrémédiablement déboutées de leurs prétentions à l'englober. Pareillement, c'est du moins mon espérance, il suffira de mettre clairement en évidence l'objet formel de la Théologie, pour manifester l'incurable stérilité de ces maladroits essais de réforme qui prétendent la restaurer, sans en avoir saisi la pure essence, et ne réussissent qu'à l'encombrer d'éléments hétérogènes.
Or, ce qui fait l'originalité de la Théologie et lui donne une place à part parmi toutes les sciences, y compris les sciences dites ecclésiastiques, — ma tâche sera de le démontrer, — c'est qu'elle est une science intrinsèquement surnaturelle, dont les conclusions sont homogènes au donné révélé qu'elles élaborent. La substance de la révélation, avec le caractère propre qu'elle doit à son origine surnaturelle, se retrouve tout entière dans l'organisme théologique; elle y est comme transfusée ^
1. Je dis dans l'organisme théologique considéré dans son ensemble. Il va de soi que chaque membre de l'organisme, chaque cellule