‹ Le donné révélé et la théologieChapitre 68 sur 130 · Cf. Leçon I. p · texte numérisé non relu

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Première phase, — L'intuition globale de la foi.

Ce qui caractérise le donné révélé, au sortir de rinspiration prophétique, c'est, d'une part, la richesse de ce donné; d'autre part, l'état d'indétermination et de confusion relative dans lequel il nous est ordinairement livré.

Et d'abord, le donné révélé est riche. La cause première de cette richesse est sans doute la Pensée divine dont il est la traduction humaine. Par là, le Dépôt est constitué pour toujours au-dessus de nos expériences et entreprises religieuses. Comme l'Etre est, par droit de nature, le régulateur-né de nos affirmations humaines ordinaires, ainsi la Pensée divine, déposée dans les énoncés primitifs de la Révélation, domine le flux et le reflux des affirmations de la société chrétienne sur le Divin. Le signe visible de cette souveraineté, est la plénitude, l'ampleur, l'intense valeur de signification des énoncés du Dépôt. Lorsqu'on lit Isaïe, saint Paul ou saint Jean, on est frappé de ce caractère. Il semble que les mots humains, comme distendus, vont éclater sous la pression de la réalité puissante qu'on les oblige à exprimer. Quelle intensité par exemple, dans ce passage de l'Épître aux Philippiens où saint Paul raconte l'humiliation et l'obéissance de Celui qui subsistait dans la forme de Dieu * ! quelle explosion, cet abrupt début de la première Epître de saint Jean : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos veux, ce que nous avons contemplé et ce que nos mains ont touché, concernant le Verbe de la Vie. — car la Vie s'est manifestée, et

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