LIBERTE — EGALITE
TiunliratA Cayenne, le 14 fructidor,
iuupiicaia an xn de la République
*~ - française une et indivisible.
Victor Hugues, commissaire du gouvernement, commandant en chef à Cayenne et Guiane française à Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
Monseigneur,
J'ai l'honneur de vous informer de l'évasion des trois déportés : Michel, Destrem et Lamberté; les deux premiers, sur un américain, qui, à ce que j'ai appris, a facilité leur évasion pour de l'argent ; le dernier a volé une pirogue avec un mauvais sujet venu de Marseille, nommé Pignatel, et ils ont fait route pour Surinam. On
fense qu'ils se sont noyés. La certitude que ai qu'ils n'y sont point arrivés me le fait croire...
Victor Hugues.
(Archives de la Marine).
Le ministre de la marine répond à Victor Hugues, le 22 frimaire an Xlll :
L'empereur a appris avec déplaisir l'évasion que vous m'avez annoncée de trois déportés que le capitaine Senez a mis, dans le temps, à votre disposition. Au surplus, je vous ai déjà mandé que lun de ces évadés, nommé Destrem, avait obtenu le terme de son exil de la clémence de S. M. mais la facilité qu'ont eu les trois individus dont il s'agit de se soustraire à la surveillance que vous avez dû ordonner, ne prouve pas moins un relâchement, dont je ne puis trop vous recomander de prévenir les suites.
En annonçant au ministre l'évasion de Destrem, le gouverneur de Gayenne néglige d'indiquer la date de cette évasion.
La lettre de Victor Hugues, est du 14 fructidor an XII, mais à cette date l'évasion est déjà relativement ancienne, car un document authentique va nous dire tout-àl'heure que Destrem est à Gustavia (île St- Barthélemy) dès le 10 juillet 1804, date antérieure de près de deux mois à la lettre du gouverneur de Gayenne, puisqu'elle correspond au 21 messidor an XII. De plus, il faut tenir compte de ce fait, qu'avant de débarquer à Gustavia, Destrem a fait à la Barbade, une escale dont nous ignorons d'ailleurs la durée. Dans ces conditions, supposer que la traversée de Gayenne à Gustavia, sur un voilier, a pris cinq ou six jours, c'est être probablement au-dessous de la réalité. L'évasion n'a donc pu se produire postérieurement au 4 ou au 5 juillet 1804,