C. Gonou
Michel, qui déclare se nommer Jean- Baptiste Charlier-Michel, (désigné sous les prénoms d'Etienne Louis par les notes de police) a été administrateur de police de Paris ; lors de son arrestation, en Tan X, il est parfumeur et fabricant de rouge végétal, 7, rue Meslée ; ses aventures avant et après son évasion de Cayenne avec Destrem, sont notées dans mon livre : les déportations du Consulat et de VEmpire.
Balthazar Bigard, dans la maison de qui Destrem est mort à Gustavia, est un ancien « commissaire aux prises pour les départements de la Guyane et de la Guadeloupe », déporté de la Guadeloupe en France, puis déporté en Guyane par arrêté du Consul du 4 fructidor an X. (Consulter également sur ce patriote, les Déportations du Consulat et de VEmpire.) Il est présumable que, de St-Barthélemy où il s'était réfugié, il s'était abouché avec les deux proscrits pour favoriser leur évasion.
Quant aux causes immédiates de la mort si brusque de Destrem, je les ignore ; une légende de la famille veut qu'il ait été atteint de la fièvre jaune ; mais comme personne, à ma connaissance parmi les contemporains, n'a eu de nouvelles directes de lui pendant son court séjour à Cayenne — ses fils ne savaient même pas où on l'avait envoyé — ce n'est là qu'une supposition qu'aucun document ne vient appuyer.
Depuis cent ans, Hugues Destrem repose dans la terre, devenue française, du cimetière de Gustavia ; sa tombe est effacée ; son acte de décès a disparu ; j'ai rassemblé ces notes parce qu'il est équitable que sa mémoire, du moins, reste vivante.