Apparition du Pontmain, p. io
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tions de Lourdes, rappelant les travaux savants de certains pâtissiers. A Sèvres, dans le jardin de l'hospice Saint-Jean, nous en avons une que Mgr l'évêque de Versailles a daigné inaugurer lui-même. Une flaque d'eau croupissante, qu'on passe sur des cailloux, y représente le Gave, — ô nature ! — tandis que quelques zigzags, à travers la motte de terre où s'appuie le rocher, figurent les lacets de la montagne. Au sommet de cette côte pour rire, le visiteur trouve un réservoir. C'est là que, les jours de cérémonie, quelques Auvergnats robustes montent, après les avoir pompées, les voies d'eau nécessaires pour fournir au débit des robinets d'en bas. Les jours ordinaires, on ne boit et on ne s'humecte que d'intention, le système de transport étant considéré comme trop coûteux. Quand le réservoir est plein, on le bénit, et les robinets de la simili-grotte laissent échapper une simili-eau de Lourdes qui fait obtenir de similifaveurs. Dans certaines localités, les réservoirs rerferment de véritable eau de la source *, expédiée de Lourdes en fûts ou en bouteilles; mais alors on la ménage.
« L'eau miraculeuse elle-même, dit le Pèlerin décrivant le fac-similé de Pavie, près d'Auch, est là, dans
1. La petite grotte imitée de celle de Lourdes, que « le captif du Vatican » a fait établir au milieu de ses jardins, est dans ce cas. Quelques tonneaux d'eau de Lourdes destinés à l'alimenter ont figuré parmi les dons déposés, l'an dernier, aux pieds de Pie IX par des pèlerins français.
5o Le Dossier
un bassin fermé à clef "et qui s'ouvre pour satisfaire à la dévotion des fidèles '. »
La grotte d'Huos, bâtie nouvellement sur les bords de la Garonne, est un des simulacres qui ont prêté aux descriptions les plus enchanteresses :
« Cette grotte, cette montagne de pierres qui a été faite avec un goût exquis, est décorée maintenant, nonseulement de toutes les délicatesses de l'art, mais aussi de tous les charmes de la nature : fleurs, gazon, arbres touffus, jet d'eau, rien n'y manque. C'est un des monuments les plus pittoresques que l'on puisse voir. »
Et le narrateur, enthousiaste, termine par ce cri du cœur :
a Gloire à Notre-Dame de Lourdes, dont notre grotte est la fille s ! »
De toutes les filles de Notre-Dame de Lourdes, la préférée, celle de ses petites grottes qu'elle doit voir de l'œil le plus satisfait, est certainement le fac-similé d'Oostakker, près de Gand. Profitant des leçons maternelles, la jeune grotte fait gaillardement son chemin en Belgique, provoquant la publicité, récoltant les offrandes, battant la caisse sur le dos de prétendus miraculés, enfin se livrant à toutes les excentricités qui
Le Pèlerin, 4e année, p. 435.
Le Pèlerin, 3e année, p. 38.
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forcent l'attention. La fondation de ce sanctuaire, qui menace d'éclipser bientôt tous les sanctuaires belges les plus solidement établis, fut tout accidentelle. Si le doigt de Dieu s'est montré là, il s'y est montré dans des conditions bien originales.
Une noble dame voulait se faire construire un aquarium... Mais vous allez penser que je plaisante. Je laisse donc la parole à l'abbé Scheerlinck, auteur d'un gros volume : Lourdes en Flandre ou la Dévotion de la Vierge Immaculée à la grotte d 'Oostakker*.
a C'était en 1870. Le goût des aquariums s'était introduit dans les grandes et riches familles. La marquise de Courtebourne voulut en construire un dans l'intérieur de son château. On lui fit observer que l'aquarium placé dans une grotte serait d'un effet plus pittoresque et, à certain point de vue, beaucoup plus intéressant. Cette idée lui sourit ; et, à sa prière, le révérend curé d'Oostakker, M. Moreels, chargea un architecte de Gand, M. Van Hoecke-Peeters, de faire le plan d'une grotte de ce genre. Le 18 janvier 1870, on mit la main à l'œuvre, et bientôt on vit les premiers fondements de la grotte surgir de terre 2. »
Jusqu'à présent, malgré l'ingérence du curé, il n'est question que d'un aquarium, et quand on lit un peu plus haut :
. Gand, Société de Saint-Charlcs-Borromée, 1876, petit in-8". :. Lourdes en Flandre, p. cp.
« C'est Dieu qui inspira à la généreuse marquise de construire une grotte. »
Il faut rétablir ainsi l'exacte vérité:
« C'est Dieu qui inspira à la généreuse marquise de construire un aquarium. »
Mais attendez, le curé n'est pas là pour rien.
« Un jour, M. Moreels dit à la marquise, en lui montrant un dessin de la grotte de Lourdes : ce Madame, » voici un plan tracé tout naturellement ; mettez dans » la grotte l'image de Notre-Dame de Lourdes, et rien » ne vous empêche d'y ajouter l'aquarium. » Le conseil, si bien en harmonie avec les sentiments chrétiens de la marquise, lui plut extrêmement. L'architecte fut chargé de mettre la statue de l'Immaculée-Conception dans l'ouverture de la grotte ; et ainsi le vénérable curé de cette paroisse, sans la moindre arrière-pensée, mais peut-être poussé par un secret pressentiment des desseins de Dieu, fit naître le premier sanctuaire élevé à Notre-Dame de Lourdes sur un sol étranger. » (P. 94-)
Cette idée d'accoupler la piété et les poissons rouges, qui ne semble que singulière au premier abord, était, à ce qu'il paraît, triomphante. C'est le cas de remarquer que les desseins de Dieu sont impénétrables.
Bientôt la noble dame « se rappelant les émouvantes prières que l'Eglise met dans la bouche de ses prêtres pour consacrer les images, et convaincue que cette bénédiction leur donne une vertu spéciale, désira voir
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accomplir cette solennité devant la statue placée dans la grotte l ». Cette bénédiction, qu'on ne manqua pas de rendre solennelle, apprit au public le chemin du nouveau sanctuaire. Le clergé y amena bientôt en masses pressées tout le personnel des congrégations et des écoles ; et la riche propriétaire dut abandonner au pèlerinage une partie de son parc. L'aquarium faisait fortune.
« On commençait à se laver avec confiance, à boire même de l'eau qui s'échappait en murmurant de l'aquarium dans le bassin ; il est vrai qu'à cette eau on mêlait chaque jour quelques gouttes de l'eau miraculeuse qui avait jailli à Lourdes et qui pouvait ainsi lui communiquer un vertu surnaturelle, » (P. 102.)
Tous les matins encore, on verse un peu d'eau de Lourdes dans le bassin où se déverse le trop plein de l'aquarium. A la faveur de ce mélange qui rappelle les dilutions homœopathiques , il s'obtient au Lourdes belge des guérisons merveilleuses relatées tout au long dans le volume qui nous sert de guide. La plus convaincante est, au dire de l'auteur, celle d'une enfant • atteinte de méningite. Écoutez-le s'écrier victorieusement :
c Le ricanement des impies et les moqueries des incrédules attaquaient notre sanctuaire et osaient attribuer les guérisons consolantes aux supercheries et aux