Apparition du Pontmain, p
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gereuse, n'avait de repos ni le jour ni la nuit... Je parlai de Notre-Dame de Séez à une de ses parentes qui s'engagea à faire une offrande. Bientôt après, la jeune fille a recouvré l'usage de sa raison. » •
« Jeanne L..., malade depuis quatre ans, désespérée de voir sa* maladie si longue, a envoyé son offrande à Notre-Dame de Séez. Aussitôt l'offrande arrivée, elle a été guérie tout à fait*. »
Si la maladie fait un peu de résistance, il paraît bon de réitérer son envoi :
« Je vous fais parvenir un second envoi pour demander la guérison de madame P..., dont la maladie est un squirre dans l'estomac Depuis le premier envoi, elle va mieux. » (5e bull.)
Quelques habiles ne financent qu'après avoir été satisfaits :
« Je vous fais passer un franc en timbres-poste que j'ai promis si ma nièce guérissait promptement. » (10e bull.)
« Je vous ferai passer, par la première occasion, dix francs venant de cette dame, qui promet de donner
i . Bulletins 16, 5, 6, 8, i5. Les « Bulletins ou compte rendus des grâces obtenus par les bienfaiteurs » de i856 à 1.S7S oi réunis en un volume, sous le titre : R ■ ièces relatives
à l'œuvre de Notre-Dame de Séesç. [n-3s.
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deux cents frar.es si son fils lui est conserve. » (/ bull.)
« A peine avais-je reçu votre cinquième compterendu, que je me dis : « Je donnerai vingt sous, et, si Blanche guérit, j'enverrai davantage... A peine je formé mon vœu, que l'amélioration s'est fait sentir.» (6e bull.)
Une autre correspondante écrit avec une douce confiance :
« Monsieur, je vous envoie cinq timbres-poste, parce que j'espère que la Sainte Vierge m'en récompensera en attirant sur moi la bénédiction du Ciel. » (3e buli.)
La bénédiction du Cie! contre cinq timbres-poste, ce n'est pas cher. Et la correspondante espère que le marché sera ratifié là-haut!
« J'ai pi es pour son sanc-
tu ire, si elle m'accordait la vie de mon frèr . , fr r est en voie de convalescence. Je resterai toute ma vie convaincue que c'est l'offrande faite à Notre-! lez qui nous a obtenu ce double bonhe
Ici. il ne s'agit plus seule corre
: sensible mu son des espèces. C'est à
son offrande qu'elle doit d'avoir obtenu la guérison de son frère.
Le premier mouvement de celui qui lit de telles choses est de penser : « Evidemment, le supérieur du petit séminaire ne publie ces correspondances que pour leur infliger un blâme sévère. » On cherche le blâme du clergé et on lit dans la correspondance envoyée par un bon prêtre :
« Vers midi, la malade se trouva un peu mieux : c'était l'heure, je pense, où tu as porté la petite offrande. »
Ce à quoi l'abbé *** ajoute en forme de témoignage : « Le fait est que l'offrande fut dép sée le jeudi 1 1 mai, vers onze heures du matin. » (3o° bull.)
Ce n'est pas encore cela qui retirera de l'idée du public que les guérisons sont le résultat direct et naturel des offrandes. Cherchons ailleurs.
Une demoiselle, momentanément privée de la parole et ne croyant pas encore envoyée l'offrande qu'elle adresse à Notre-Dame de Séez, raconte :
« Je dis à ma mère : « Mais je ne sais pas ce que cela » veut dire, je parle très facilement ce matin, tandis » que les autres jours je ne pouvais rien dire... » Elle me dit aussitôt que l'offrande était faite de la veille, et nous avons compris que notre remède faisait son effet comme cela arrive toujours. » (148 bull.1)
Comment ! notre remède ? Pour le coup, le supérieur
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va se récrier. Justement le voici qui prend la parole. 11 va relever doucement, tout au moins, l'erreur des bennes dames qui croient la Vierge toujours prête à les secourir, du moment qu'elles auront la bourse à la main. Mais non, ce n'est pas ce point que le supérieur veut toucher.
» C'est principalement par la correspondance, les neuvaines et les messes, écrit-il, que Notre-Dame de Séez envoie jusqu'aux extrémités de la France et du monde ses bénédictions et ses faveurs. Les personnes qui demandent une neuvaîne ou qui remercient pour une grâce obtenue, font ordinairement une offrande pour l'ornementation du sanctuaire. Depuis le commencement de l'œuvre, nous avons toujours accueilli le denier de la veuve, le centime du pauvre avec la même reconnaissance que l'aumône plus considérable du riche, et, sans établir de catégories de bienfaiteurs, nous avons accordé à tous les mêmes avantages spirituels. » (32e bull.)
Le supérieur voulait seulement rappeler qu'on envoie « ordinairement » une offrande quand on demande une grâce, et une autre quand on l'a obtenue. C'est à merveille, et l'on admire combien sa voix est entendue quand on lit :
« Pour remercier la Sainte Vierge de ses immenses bienfaits, je vous envoie trois francs cinquante.
Ou encore :
« Le pauvre malade, que je vous recommandais il y a quelques jours, va beaucoup mieux depuis sa petite offrande à Notre-Dame de Séez,.. En reconnaissance de cette grâce, il m'a prié de vous faire passer une nouvelle offrande de trois francs. »
Quand les guérisons n'y coûtent pas davantage, le sanctuaire privilégié doit faire un tort bien considérable aux médecins. Il est vrai que ceux qui envoient de si minces témoignages de gratitude s'en excusent souvent. Ils disent « combien leur cœur souffre de donner si peu ».
« Je voudrais, dit celui-ci, vous envoyer une plus forte offrande. Il faut me borner à cinq francs : puisse Marie les agréer et m'accorder Tentretien honorable de mon petit commerce avec la santé de ma famille. » (9" bull.)
« Il paraît, monsieur, observe un autre, qu'en fusant son offrande on peut se réserver des intentions particulières. Si la modicité de mon offrande n'est pas un obstacle, voici ce que je demande... » (3e bull.)
« Ri la modicité de mon offran le n'est pas un obstacle >, c'est une consultation que le codemande au père supérieur. Celui-ci est indirectement. Il va prendre la parole pour déclarer que
;e ou petite, n'a rien de co les faveurs accordées. Je feuillette, je feuillette encore, et
-es î 1 7
tout c >pérance émise par le
:eur de recueillir . au dévouement de
ies, « une ample moisson de fleur? ». Partout s 'aces d'une
active propagande. Les zélateurs et les zélatrices envoient les sommes qu'ils ont pu récolter autour d'eux. Quelques-uns ns désespèrent pas de se rendre dignes du Ciel par ce petit travail :
« Ayant fait déjà une offrande au mois de février dernier, écrit une zélatrice, j'en ai éprouvé tant de consolation, que je vous prie de recevoir une nouvelle petite collecte... Puisse Marie me recevoir dans le Ciel pour me récompenser du léger travail que je m'impose pour elle. » (4e bull.)
Les ecclésiastiques auxquels on a fait appel lisant en chaire les cures merveilleuses relatées dans les bulletins. Les religieuses agissent de même dans ies écoles soumises à leur direction. Paroissiens et enfants se prennent d'un beau zèle. C'est à qui enverra son obole. Pour apporter la leur, s servantes
économisent sou à sou , des écolières vendent leurs boucles d'oreilles, se privent d'une partie préméditée.
<( Ce matin, écrit une fillette de neuf ans. notre chère sœur nous a lu en classe la belle lettre que vous lui avez envoyée et elle nous a expliqué tous les avanque cela procure aux bienfaiteurs. J'ai couru le dire chez nous et j'ai obtenu une pièce de vingt sous » (3e bull.)
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« J'ai appris, dit une autre, que plusieurs de mes compagnes avaient envoyé leur offrande... J'en ai parlé à maman... C'est pourquoi maman m'a donné trois francs pour vous envoyer quinze timbres-poste. Voici d'abord les grâces que maman désire obtenir : c'est une bonne et abondante récolte , puis la conservation de nos bestiaux, car il en meurt beaucoup; ensuite, moi, je vais vous prier de demander la conversion de papa. »
On voit par là que les offrandes ne servent pas seulement à obtenir des guérisons, mais aussi toute sorte de faveurs de l'ordre le plus varié. Pour trois francs on peut demander à la Vierge une bonne et abondante récolte, la conservation de ses bestiaux et la conversion d'un père. C'est au moins l'idée de ceux qui sollicitent le divin concours. Contre cette idée révoltante, nul doute que le supérieur ne s'indigne. Je cherche; mais, s'il s'indigne, il paraît que ce n'est qu'en dedans, car il continue d'enregistrer avec tranquillité :
« Dans un grand dés agrément de famille . je voyais une partie de mon avoir compromis. Aussitôt je fis une neuvaine à Notre-Dame de Séez, lui promettant une offrande de to francs si l'arrangement que je demandais se réalisait. Malgré les plus grands obstacles, j'obtins, comme par enchantement, ce que je désirais. » (3 Ie bull.)
« Un jeune homme sans position cherchait depuis
des Pèlerinages \xy
longtemps à se placer. On fit à Séez une neuvaine à son intention... Dès le jour même où la neuvaine a commencé, on est venu proposer à ce jeune homme une place avantageuse. » [24e bull.)
« Dernièrement, monsieur, j'eus l'honneur de vous adresser une petite offrande de la pa; t de mes parents pour un de mes frères qui est en pension et qui ne s'appliquait pas à ses études .. Quelques jours après mon envoi, il a eu des succès dans sa classe. » (5e bull.)
Disons, pour abréger, que tout, absolument tout peut être demandé à Notre-Dame de Séez. Le correspondant n° 6,768 s'en porte garant :
« Je dois déclarer ici en toute sincérité que je n'ai jamais invoqué en vain Notre-Dame de Séez, quelque nombreuses qu'aient été mes demandes et quelque extraordinaires qu'aient pu être les grâces sollicitées par son intercession. » (24e bull.)
Il convient d'ajouter ju'au don d'universalité la Vierge de Séez joint une extrême célérité d'exécution. Le père supérieur du petit séminaire, qui renonce décidément à blâmer ses correspondants, nous révèle dans un de ses bulletin s ce qu'on pourrait appeler le miracle télégraphique.
« La Sainte Vierge semble, dit-il, vouloir em pi
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pour le bien de ses enfants les nouveaux moyens qui, de nos jours, abrègent les distances, car, de tous les points de l'horizon, chaque convoi lui apporte soir et matin la prière, les offrandes et l'action de grâces. Cent lieues, deux cents lieues ne sont rien pour ceux qui s'adressent à Notre-Dame de Séez; on lui écrit, on commence une neuvaine devant son image, et souvent, avant que nous ayons eu le temps d'accuser réception de la lettre, la réponse est déjà arrivée. C'est Marie ellemême qui l'a faite. Le malade est guéri, la consolation et le secours sont venus, la tristesse a fait place à la joie. » (i5e bull.)
Comment les recommandations n'afflueraient-elles pas dans un tel sanctuaire? Elles y affluent si bien, que, pour suffire à la tâche, l'évêché de Séez a cru devoir doter récemment le petit séminaire de cinq chapelains, qui n'ont d'autre mission que de pourvoir à la récitation des messes et d'appeler les bénédictions du Ciel sur les souscripteurs.
Telle est la surabondance des inscriptions de messes dans certains sanctuaires à miracles, que, de l'aveu même de leurs administrateurs, il est impossible de les réciter toutes sur place. En pareil cas, il serait assez naturel d'engager le public à se reporter ailleurs ; mais on s'en garde. Au co.iraire, on engage les fidèles à ne pas s'inquiéter o\< leurs messes seront dites, pourvu qu'ils continuent d'en verser le montant au bureau privilégié.
Un curieux prospectus adressé « à tous les fidèles
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qui ont la dévotion de faire dire des messes à Notre- Dame des Victoires », fait savoir en ces termes ce qu'il advient des innombi ab es messes qu'on y fait joui . lement inscrire :
« Chaque jour, nous célébrons, à l'autel de Notre- Victoires et aux autres autels de l'Église, autant de messes que nous le pouvons. Quant à celles qui; à causa du grand nombre des demandes, ne peuvent pas être acquittées à Noire-Dame des Victoires, nos règlements, < s par Son Em. Mgr Morlot
et par Notre Saint-Père le Pape, leur accordent de précieux avantages. En vertu de la seule inscription d'une messe dans les registres de i'Archiconfrérie, l'intention indiqué* jouit des privilèges suivants: i° Elle a ii.. : ;nt part à toutes les prières qui
se font dans le sanctuaire, et aux sain. s qui,
chaque jour, sont offerts à l'autel de l'Archiconfrérie ; à neuf heures, un Mémento spécial est offert pour toutes les messes démandées. 2" Chaque jour, une messe est célébrée, autant que possible, à l'autel de l'Archiconfrérie, pour les personnes dont les messes ne sont pas encore acquittées, ou qui seraient acquittées en dehors du sanctuaire, et plus spécialement pour toutes les messes inscrites la veille dans nos registres. 3° Tous les dimanches soir, à la réunion des Associés, on prie pour les intentions des personnes qui ont demande des messes durant la semai, . ' 0
Il suit de là qu'il y a intérêt pour le client à s'adresser de préférence au sanctuaire à succès, même lorsque les messes demandées n'y pourront pas êtres dites. Récitées ailleurs, elles seront encore privilégiées. Étrange théorie, émise sous le couvert des approbations les plus hautes, et qui ne tendrait pas à moins qu'à faire passer par les bureaux de Notre-Dame des Victoires toutes les messes que les fidèles de France, voire même ceux de l'étranger, peuvent avoir idée de faire réciter.
Je m'en rapporte heureusement au zèle de certains curés de province pour ne pas le souffrir. M. l'abbé Mingassou, curé de Foëcy (Cher) et fondateur de l'œuvre de Saint-Joseph, ami du cœur de Jésus, fait savoir aux fidèles que, lui aussi, « reçoit avec reconnaissance » les intentions de messe, « et les acquitte ou les fait acquitter par des confrères pieux. » Après quoi il ajoute :
« Jamais ces intentions n'entreront dans le trafic des messes (oh! oh!) dont quelques maisons de Paris ont donné le scandale. » (Oh ! oh ! oh ?)
Ce qui ne contribue pas peu à multiplier les inscriptions de messes, c'est la coutume générale d'implorer le Ciel par une messe, chaque fois qu'on a une faveur à solliciter et de le remercier par une autre messe chaque fois qu'on croit l'avoir obtenue. Les messes d'actions de grâces sont en quelque sorte consacrées. Le sanctuaire met encore à la disposition des solliciteurs
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des cierges, des lampes, des neuvaines. Ceux qui veulent multiplier les chances de réussite emploient tout à la fois. Une correspondante écrit à la Voix de Notre-Dame de Chartres :
a J'avais recommandé à Notre-Dame de Chartres mon mari très dangereusement malade; à cette intention, j'avais demandé une lampe, un cierge, une neuvaine de prières, deux messes. Dès le lendemain, un peu de mieux survint dans son état; cette amélioration a continué ; je l'attribue à Notre-Dame de Chartres... ' »
Je n'insiste pas sur les neuvaines, auxquelles un chapitre spécial a été consacré dans le volume qui a précédé celui-ci. La recommandation adressée d'ordinaire à ceux qui en usent est de ne jamais se lasser. Quand une neuvaine n'a pas réussi, on en recommence une autre. C'est, du reste, un principe reconnu en matière de miracles, qu'on ne saurait trop patienter pour les obtenir. Une miraculée du Lourdes belge implorait en vain sa guérison de toutes les Notre-Dame imaginables « depuis dix-neuf ans ».
« Ah! que cette humble et pieuse fille, dit l'auteur de Lourdes en Flandre, a bien compris la divine vertu de la prière obstinée et ardente ! Rien ne l'a rebutée ;
i. La Voix de Notre-Dame de Chartres. Février 1874, in-8
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lant dix-neuf ans elle a frappé à tous les sanc-
>s de Marie. L'insuccès ne la lassa point, et enfin
le cœur de Marie s'est ouvert p \t el unis notre
sanctuaire si jeune encore et déjà si vénérable. »
« Sa confiance, loin de diminuer, dit admirablement le Pèlerin d'une miraculée de notre Lourdes à nous, s'était accrue de tout le retard que la Vierge apportait à sa guérison. »
Obtenir du malade que plus sa guérison tarde, plus sa confiance augmente, c'est assurément le suprême triomphe.
De petites brochures composées en vue de chaque sanctuaire entremêlent de frappants exemples de protection la suite de prières propre aux neuf jours de la neuvaine. Les miracles dont nous bombardent ces petits livres, ainsi que ies feuilles périodiques de sacristie, peuvent se diviser en trois grandes classes : i° Les miracles faux; 2° les miracles imaginaires; 3° ceux que, faute de renseignements suffisants, on hésite à ranger dan? 'un* de ces deux classes plutôt que dans l'autre.
Les miracles imaginaires sont incontestablement es plus abondants. Us ne demandent pour voir le jour qu'un concours de circonstances accompagné d'une foi robuste. Le public pieux est d'autant mieux disposé à les bien accueillir qu ils sont le plus souvent les enfants de son propre cerveau. Le point caractéris-
des Pèlerinages 1 25
tique de ces miracles est qu'ils ne dérangent en rien le cours des lois naturelles. Par exemple, je fais un vœu pour obtenir un emploi au moment où part la lettre qui m'apporte ma nomination : mon vœu est exaucé. Une maladie doit me retenir une semaine au lit : je fais une neuvaine, et, au bout de cette neuvaine, on peut me voir avec admiration sur mes deux pieds. Dans un accident de chemin de fer, j'invoque saint Joseph, et, au lieu d'avoir le crâne tracassé comme mon voisin , je n'ai que deux côtes enfoncées. Je remercie chaleureusement saint Joseph de son évidente protection.
Loin qu'on puisse nous accuser d'exagérer ici la confiance du public ordinaire des sanctuaires privilégiés, on doit plutôt nous rendre cette justice que nous l'atténuons. Voulez-vous rouvrir un des petits bulletins du séminaire de Séez, cette mine inépuisable, vous y lirez :
« J'ai mis hier à la poste une lettre a votre adresse, contenant un bon de vingt francs, don de reconnaissance pour l'église de Notre-Dame de Séez. Ma fille va beaucoup mieux : les remèdes ont eu un excellent effet, v (<f bull.)
Ainsi, une dame, qui a sa fille
es pour elle en môme temps qu'elle lui administre
:e sont les prières qui L'oftt guérie. On ne discute pas ces convic-
tions-là ; on s'étonne seulement de les voir offrir au public comme un modèle et un encouragement.
Dans un des mêmes petits bulletins, on nous montre un enfant aveugle recouvrant la vue après qu'il a porté à ses lèvres une image de Notre-Dame de Séez :
« Je vous aurais fait connaître plus tôt ce prodige, si quelques esprits forts ne l'eussent attribué uniquement à la nature. » (22e bull.)
Il me paraît manquer à cet envoi un complément de quelque importance : la preuve que les esprits forts se trompaient.
Les miracles imaginaires sont d'une éclosion si facile, et il est tellement aisé d'en tirer parti, que les miracles de pure invention doivent être, j'en suis persuadé, très rares. Cependant, lorsque certains miracles, quoique ayant pour eux la justification du hasard, sont une offense, par trop publique, à la raison, ce n'est peut-être pas assez de les traiter d'imaginaires. Au fronton du temple de Fourvières, on peut lire :