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PRÉSERVÉ DU CHOLÉRA EN MDCCCXXX1I ET MDCCCXXXV

Il n'est pas douteux qu'en i832 et en i835 Lvon n'ait été préservé du choléra; mais c'est le cas de beaucoup d'autres localités qui n'ont pas cru pour cela être l'objet d'une protection paiticulièrede la Vierge. Lyon

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lui-même a été atteint par le choléra en 1849 et en i85o, ce qui montre que la protection de Notre-Dame de Fourvières est très aléatoire. 11 est vrai que les auteurs pieux démontrent ingénieusement qu'à cette époque encore les Lyonnais ont été privilégiés. L'un d'eux raconte :

« 1 849-1850. — Le choléra apparaît de nouveau à Lyon et Lyon est encore préservé. Deux cents personnes sont atteintes du fléau, mais on a remarqué qu'elles étaient étrangères à la ville '. »

Etonnante, cette Vierge qui fait des habitants de Lyon deux parts : ceux qui ont vu le jour à Lyon, ceux qui sont nés ailleurs. Sur les premiers, elle ne souffre pas que le choléra porte ses coups ; quant aux autres, elle les lui abandonne. Ils ne sont pas de Lyon, que lui importe qu'ils expirent dans les convulsions l

La peste ravageait la ville, en 1643, lorsque les autorités consulaires eurent l'idée de mettre Lyon sous la protection de Notre-Dame de Fourvières. L'espèce de traité, passé avec la Vierge locale, stipulait, entre autres conventions, une procession annuelle. Aussitôt après la procession, dit la légende, la peste cessa. Ce qui retire à ce miracle beaucoup de son instantanéité, c'est qu'entre la procession et le vœu six mois s'étaient écoulés.

«< Ayant mis en considération, dit l'acte authen-

i . La Sainte Colline de Fourvières, histoire de son sanctuaire, par Bécontet. Lyon, 1867, in-18, p. 134.

tique, que le plus grand bien et avantage qu'ils pouvaient procurer à cette ville était de la mettre sous la protection toute-puissante de la très sainte et immaculée Vierge Marie..., etc. »

Il est indubitable qu'il s'agissait ici d'une protection pleine et entière et nullement limitée à certains cas. Pourquoi la Vierge de Fourvières, qui protégea Lyon contre le choléra — quelquefois, — ne l'a-t-elle donc protégé ni contre la guerre civile, ni contre les inondations, ni contre les incendies, ni contre les fléaux de tout genre auxquels est malheureusement soumise la pauvre humanité? Le clergé ne se le demande pas, il ne veut pas le savoir; il a deux dates, il les inscrit triomphalement : i832, 1 835. Voilà un sanctuaire

On juve, par ce modeste exemple, combien le système des grands miracles de protection est simple. •tes. on les met de côté ; pourvu qu'il reste une ou deux concordances heureuses, cela . On s'en empare et l'on s'écrie avec aplomb : a Voyez-vous l'admirable protection ! » Or, il est curieux de voir combien le hasard s'en tire le plus souvent à bon compte :

'« Quand. !" i5 juillet r R 5 4 , le choléra éclata à ;rGuérin,on courul aux pieds de Nôtre-Dame de M

. Le fléau on fit, le dimanche, 6 août (trois semaines après), une

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procession générale où des ecclésiastiques, en habit de chœur, porl 'rue de la Vierge sur un brancard

surmonté d'un pavillon gracieusement décoré. Depuis ce moment, le fléau décrut rapidement et finit par • '. »

« En 1049, rapporte ailleurs le même prélat, comme le choléra menaçait d'envahir la Franche-Comté, Mgr Matthieu, archevêque de Besançon, recommanda son troupeau à Notre-Dame de Gray et aux saints Ferréol et Ferjeux. La ville de Gray fut atteinte par le fléau, mais le reste du diocèse fut épargné. Pour témoigner sa reconnaissance envers Marie et nos saints p trons, Mgr l'archevêque, aidé des offrandes des fidèles, a offert à Notre-Dame de Gray une statue en argent ornée de pierreries 2. »

Ce précieux témoignage de reconnaissance, figurant dans la ville même de Gray, la seule du diocèse atteinte par le choléra, est tout bonnement stupéfiant.

Le choléra ! toujours le choléra ! On n'imagine pas à quel point ce fléau a été profitable, en France, au plus grand nombre de nos sanctuaires privilégiés. Plusieurs lui doivent d'être sortis de l'ombre où ils étaient plongés depuis longtemps. C'est, du reste, le cas de tous les malheurs publics de contribuer singulièrement à la fortune des fabriques de miracles. Dans L'égarement qui en résulte, on se précipite vers elles

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