‹ Le double veuvage, comédieChapitre 120 sur 252 · I.A BARONNE · texte numérisé non relu

I.A BARONNE

Cesse de me reprocher

marine, l'interrompant.

Non, madame, je ne puis me taire; votre conduite est insupportable.

LA BARONNE

Marine !

Vous mettez ma patience à bout.

;. A BARONNE

Eh! comment veux-tu donc que je fasse? Suisje femme à thésauriser ?

MARINE

Ce seroit trop exiger de vous, et cependant je vous vois dans la nécessité de le faire.

Théâtre. Comsdies. y ïq

i58 TURCARET.

IA BARONNE

Pourquoi ?

MARINE

Vous êtes veuve d'un colonel étranger qui a été' tué en Flandres , l'année passée. Vous aviez déjà mangé le petit douaire qu'il vous avoit laissé en partant , et il ne vous restoit plus que vos meubles que vous auriez été obligée de vendre, si la fortune propice ne vous eût fait faire la précieuse conquête de monsieur Turcaret, le traitant. Cela n'est -il pas vrai , madame ?

LA BARONNE

Je ne dis pas le contraire.

M J.RIK£.

Or, ce monsieur Turcaret, qui n'est pas un homme fort aimable , et qu'aussi vous n'aimez guère, quoique vous >yez dessein le l'épouser, comme il vous l'a promis; mpnsieuv Tureiret, disje , ne se presse pas de vous leuir parole , et vous attendez patiemment qu il accomplisse s. promesse , parce qu'il vous fait tous les jours quelque présent considérable ; je n'ai rien à dire à ce' a. Mais ce que ,e ne puis souffrir, c'est que vous soyez coiffée d'un petit chevalier joueur qui va mettr 1 la réjoui ce lts dépouilles du traitant. Eh! que prétendez-vous laire de ce chevalier ?,

LA BARONNE

Le conserver pour ami. ft'est-il pas permi* d'avoir des amis?

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