‹ Le double veuvage, comédieChapitre 121 sur 252 · ACTE I, SCÈNE I. i5p · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. i5p

MARINE

Sans doute , et de certains amis encore dont on peut faire son pis -aller. Celui-ci, par exemple, vous pourriez fort bien l'épouser , en cas que M. Turcaret vînt à vous manquer; car il n'est pas un de ces chevaliers qui sont consacrés au célibat et obligés de courir au secours de Malte. C est un chevalier de Paris ; il fait ses caravanes dans le» lansquenets.

LA BARONNE

Oh! je le crois un fort honnête homme.

MARINE

J'en juge tout autrement. Avec'ses airs passionnés , son ton radouci , sa face minaudière , je le crois un grand comédien ; et ce qui me confirme dans mon opinion , c'est que Frontin, son bon valet Frontin , ne m'en a pas dit le moindre mal.

LA BARONNE

Le préjugé est admirable! et tu conclus de là ? m vimm:.

Que le maître et le valet sont deux fourbes , qui s'entendent pour vous duper ; et vous vous laissez surprendre à leurs artifices , quoiqu'il y ait déjà du temps que vous les connoissiez. Il e6t vrai que depuis votre veuvage il a été le premier à vous offrir brusquement sa foi ; et cette façon de sincérité la tellement établi chez vous qu'il dispose de votre bourse , comme de la sienne.

i6o TURCARET.

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