ACTE 1, SCÈNE II. i
la bàbosse, Usant, u Je viens de recevoir le portrait d'une comte tesse. Je vous l'envoie et vous le sacrifie; mais « vous ne devez point me tenir compte de ce sa- « crifice , ma chère baronne. Je suis si occupé , si « possédé de vos charmes , que je n'ai pas la li- « berté de vous être infidèle. Pardonnez , mon « adorable , si je ne vous en dis pas davantage ; « j'ai l'esprit dans un accablement mortel. J'ai « perdu cette nuit tout mon argent , et ^rontin « vous dira le reste.
« LE CHEYALIER. »
marihe, à Frontin.
Puisqu'il a perdu tout son argent, je ne vois pas qu'il y ait du reste à cela.
Pardonnez-moi. Outre les deux cents pistoles que madame eut la bonté de lui prêter hier, et le peu d'argent qu'il avort d'ailleurs , il a encore perdu mille écus sur sa parole : voilà le reste. Oh! diable , il n'y a pas un mot inutile dans les billets de mon maître.
LA BAuOSNE.
Où est le portrait ?
frontin , lui donnant un portrait.
Le voici.
la baro?-'N% examinant le portrait.
Il ne m'a poinF parlé de cette comtes e-là , F:ontin.
i64 TURCARET.
C'est une conquête, madame, que nous ayons faite sans y penser. Nous rencontrâmes l'autre jour cette comtesse dans un lansquenet.
MARINE
Une comtesse de lansquenet !
frontin, h la baronne..
Elle agaça mon maître. Il répondit, pour rire, à ses minauderies. Elle , qui aime le sérieux , a pris la chose fort sérieusement. Elle nous a ce matin envoyé son portrait. Nous ne savons pas seulement son nom.
M AKIR F..
Je vais parier que cette comtesse-là est quelque dame normande. Toute sa famille bourgeoise se cottise pour lui faire tenir à Paris une petite pension , que les caprices du jeu augmentent ou diminuent.
FAOIX) ■.
C'est ce que nous ignorons.
MARINE
Oh! que non, vous ne l'ignorez pas. P«6te! vou^ n'êtes pas gens à faire sottement des sacrifices. Vous en connoissez bien le prix.
frontin, à la baronne.
Savez-vous bien , madame , que cette dernière nuit a pensé être une nuit ét^nelle pour monsiem îe chevalier? En arrivant aulogis il se jette dans un fauteuil; il commence par se rappeler les plus