‹ Le double veuvage, comédieChapitre 132 sur 252 · ACTE I, SCÈNE VI. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI. i

M. TU RCA RE T.

Je n'ai pas voulu emprunter le secours de quelque auteur , comme cela se pratique.

LA b a r o 8SB e .

On le voit bien. Les auteurs de profession ne pensent et ne s'expriment pas ainsi : on ne sauroit les soupçonner de les avoir faits.

J'ai voulu voir par curiosité si je serois capable d'en composer, et l'amour m'a ouvert l'esprit.

LA BARONNE

Vous êtes capable de tout, monsieur, il n'y a rien d'impossible pour vous.

marine, à M. Turcaret.

Votre prose , monsieur , mérite aussi des compliments : elle vaut bien votre poésie , au moins.

Il est vrai que ma prose a son mérite; elle est signée et approuvée par quatre fermiers-généraux.

Cette approbation vaut mieux que celle de l'Académie.

la baronne, à M, Turcaret.

Pour moi, je n'approuve point votre prose, monsieur, et il me prend envie de vous quereller.

D'où vient?

ijô TUR CARET.

Avez-vous perdu la raison de m envoyer un billet au porteur? Vous faites tous les jours quelque folie comme cela.

M. TU RCA HE T.

Vous vous moquez?

LA BARONNE

De combien est-il ce billet? Je n'ai pas pris garde à la somme, tant j'étois en colère contre vous!

Bon ! il n'est que de dix mille écus.

LA BARONNE

Comment! de dix mille écus? Ah! si j'avois su cela, je vous l'aurois renvoyé sur-le-champ.

Fi donc !

LA BARONNE

Mais je vous le renverrai.

Oh! vous l'avez reçu ; vous ne le rendrez point.

marine , à part.

Oh! pour cela, non.

la BARONNE, à M. Tur caret.

Je suis plus offensée du motif que de la chose même.

Eh pourquoi ?

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