‹ Le double veuvage, comédieChapitre 187 sur 252 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

LE MARQUIS, LE CHEVALIEfl.

LE MARQUIS

Âh! palsembleu ! chevalier, tu deviens hier» rare. On ne te trouve nulle part. Il y a vingtquatre heures que je te cherche, pour te consulter sur une affaire de cœur.

ai.

LE CHEVALIER

Eh! depuis quand te mêles-tu de ces sortes d'affaires , toi ?

LE MARQUIS

Depuis trois ou quatre jours.

LE CHEVALIER

Et tu m'en fais aujourd'hui la première confidence ? Tu deviens bien discret.

LE MARQUIS

Je me donne au diable si j'y ai songé. Une affaire de cœur ne me tient au cœur que très foiblcment, comme tu sais. C'est une conquête que j'ai faite par hasard , que je conserve par amusement , et dont je me déferai par caprice, ou par raison , peut-être.

LE CHEVALIER

Voilà un bel attachement !

LE MARQUIS

Il ne faut pas que les plaisirs de la vie nous occupent trop sérieusement. Je ne m'embarrasse

de rien, moi Elle m'avoit donné son portrait;

je l'ai perdu. Un autre s'en "pendroit : ( Faisant le geste de montrer quelque chose qui n'a nulle valeur.) je m'en soucie comme de cela.

LE CHEVALIER

Avec de pareils sentiments tu dois te faire

adorer Mais, dis-moi un peu, qu'est-ce qu«

cette femme-là?

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