ACTE IV, SCÈNE II. <a
LE MARQUIS
C'est une fenfme de qualité , une comtesse de province ; car elle me Ta dit.
LE CHEVALIER
Eli! quel temps as-tu pris pour faire cette conquàe-là ? Tu dors tout le jour et bois toute la nuit ordinairement.
LE MARQUIS
Oh ! non pas , non pas , s'il vous plait ; dans ce temps-ci il v a des heures de bal; c'est là qu'on trouve de Luîmes occasions.
LE CHEVALIER
C'est-à-dire que c'est une connoissance de bal?
LE MARQUIS
Justement. J'v allai l'autre jour, un peu chaud de vin : j étois en pointe; j'agaçois les jolis masques. J'aperçois une taille, un air de gorge, une
tournure de hanches J'aborde, je prie, je
presse, j'obtiens qu'on se démasque; je vois une personne. ..
le chevalier, l'interrompant*
Jeune, sans doute'?
LE MARQUIS
Non , assez vieille.
LE CHEVALIER
Mais belle encore , et des plus agréables ?
LE MARQUIS
Pas trop belle.
LE CHEVALIER
L'amour , à ce que je vois , ne t'aveugle pss ?
LE MARQUIS
Je rends justice à l'objet aimé.
LE CHEVALIER
Elle a donc de l'esprit?
LE MARQUIS
Oh! pour de l'esprit c'est un prodige! Quel flux de pensées ! quelle imagination ! Elle me dit cent extravagances qui me charmèrent.
Quel fut le résultat de la conversation?
LE MARQUIS
Le résultat? Je la ramenai chez elle avec sa compagnie : je lui offris mes services ; et la vieille folle les accepta.
LE CHEVALIER
Tu l'as revue depuis ?
LE MARQUIS
Le lendemain au soir , dès que je fus levé , je me rendis à son hôtel.
LE CHEVALIER
Hôtel garni , apparemment ?
LE MARQUIS
Oui , hôtel garni.
LE CHEVALIER
Eh bien ?
LE MARQUIS
Eh bien! autre vivacité de conversation , nouvelles folies ; tendres protestations de ma part ,