SCÈNE I
VALÊRE, FRONTIN, habillé en financier.
fhostis.
Eh bien! monsieur mon nouveau maître, nou» voici donc chez madame de Falignac?
VA LE RE
Oui, Frontin.
Que de magnificence ! ce que c'est que d'avoir, de l'esprit ! On dit que la maîtresse de ce logis a été autrefois petite soubrette , et qu'aujourd'hui... valehe.
Aujourd'hui elle est veuve d'un conseiller de province , qui lui a laissé quelque bien à la vérité; mais , si elle ne donnoit à joue*, ce peu de bien ne sufïiroit pas à soutenir cette magnificence qui te surprend.
fhoïtis.
Cette maison ne désemplit point du matin jusqu'au soir. On y voit des comtes, des comte&set ,
3oo LËPREUVE RÉCIPROQUE.
des marquis, des marquises, des présidents, des
présidentes, des abbés , des abb que diable
sais-je ? Il faut que ce soit ici le rendez- vous de tous les nobles fainéants de Paris ; apparemment que vous y venez souvent , monsieur.
VA LE RE
Je n'y suis jamais venu que pour voir Pbilaminte.
FROSTIS.
Cette jeune veuve que vous aimez depuis si long-temps , et que vous allez épouser?
VALERE
Elle vient ici avec moins de scrupule que partout ailleurs, madame de Faliguac ayant été femme de chambre de sa mère.
Cette Philaminte est belle sans doute? elle vous aime autant que vous l'aimez?
VAL ÈRE
Hélas!